‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 22 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

« recevra dans le monde le nom de Kapila, et fera » croître ta gloire (1). »

L’auteur sacré , passant sous silence l’enfance de Kapila , arrive sans transition au moment où Kardama s’apprête au départ. Ses filles sont mariées; mais il laisse à sa femme un divin consolateur : « J’exposerai à ma mère, » lui a dit le bienheureux Vichnou , <* j’exposerai à ma mère la science de l’Esprit » suprême, cette science qui éteint toutes les œuvres, » et par laquelle elle aussi s’affranchira de toute y> crainte (2). » Et sur la foi de cette promesse, le solitaire se dirige vers les forêts.

Dévahùti, dans sa soif de vérité, implore de son fils la grâce d’être délivrée des erreurs des sens , de vivre désormais par l’esprit, et Kapila lui expose sa célèbre doctrine.

Dans de longs entretiens, la mère, attentive, recueillie, reçoit de son fils les plus hauts enseignements de. la philosophie et de la religion. Elle puise à cette source pure une nouvelle force pour le bien, une nouvelle ardeur pour la vertu.

Quand Bhagavat (3) lui dit en terminant son œuvre de régénération :

« Je viens de t’exposer, femme respectable, cette » science qui est la vue de Brahma, science au moyen

(1) Livre III, chapitre xxiv.

(2) Idem.

(3) Ce nom signifie bienheureux cl s’applique .N Vichnou.

» de laquelle on reconnaît la véritable essence de la » Nature et de l’Esprit; » alors, s’inclinant devant son divin maître, elle adore ce fils qui, en illuminant son àme des clartés de la vérité, en a fait à jamais disparaître les ombres de l’erreur. Elle quitte son char magique, revient sur terre pour prier et souffrir, et s’absorbant, comme le veulent les idées indiennes, dans la contemplation inactive, elle parvient à la délivrance finale. Son àme, dégagée de la matière qu’elle a vaincue, s’élance radieuse vers les cieux, et son corps, qu’u purifié la pénitence, forme, en se dissolvant, une sainte rivière.

La femme sauvée de l’ignorance par un dieu, son fils, jugée digne d’atteindre aux dernières limites de l’intelligence humaine, quelle apothéose de son sexe dans le brahmanisme rajeuni!

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