LA JEUNE FILLE ET LE MARIAGE
Les Aryas : Pourquoi leur besoin d’une mâle postérité. — Comparaisons inspirées par la jeune fille aux auteurs du Véda. — Scs occupations pastorales. — Etaient-ce ses seules fonctions? — Mariage. — Choix d’un époux : hymne de Syàvâswa aux MarouU. — • Dot ; hymne de Cakchîvdn. — - Célébration du mariage : les noces de Souryâ.
Société brahmanique : meme désir de postérité mâle, mobile différent. — Le nom d’une femme. — Silence de Manou sur l’éducation de la jeune fille; les poèmes épiques et les œuvres dramatiques sont plus explicites. — Types charmants de jeunes filles dans les œuvres sanscrites. - — Dévouement filial : Lopàmoudrâ. — Mariages. — Castes mêlées. — Choix d’un éponx demeuré le partage de la fille du kchattriya : Swayambara de Drâupadi. Swayambara de Gopâ, femme du Bouddha Siddhàrtha.
— Rite des mauvais génies. — Rite des saints. — Rite divin. — Rite de Brahma : Kardama et Dêvahuti. — Rite des Créateurs : Râma et Sitâ. — Rite des Gandharvas : légende de Sacountalâ.
— Rite des Ràkchasas : enlèvement de Koukminî.
Quand la blanche famille aryenne s’avançn dans le Saptasindou, ce ne fut pas sans lutte que la race jaune indigène, inculte dans ses mœurs, grossière dans ses penchants, n’ayant aucune notion de la Divinité, subit l'ascendant de ces étrangers qui, fiers de la pureté de leur type, de la délicatesse de leurs
goûts, religieux d’instinct, fondaient leur autorité sur la noblesse de leur origine et la volonté des dieux.
Les Dasyous, si méprisés des Aryas, leur étaient cependant supérieurs en nombre. Aussi les conquérants renouvellent-ils souvent dans leufs hymnes cette ardente prière :
« Puissions-nous posséder une mule famille! »
La naissance d’une Bile trompait donc leur attente. Néanmoins l’enfant était traitée avec amour, abritée par la sollicitude de sa mère, par la protection de son père, et de ce frère que la langue védique nomme bhràtri, soutien, titre dont la racine se retrouve dans la plupart des langues indo-européennes.
Les chantres du Véda évoquent' souvent par des comparaisons touchantes ou gracieuses le souvenir de ces adolescentes par lesquelles devait un jour se perpétuer leur race. Tantôt, dans un hymne à Indra, faisant allusion à cet échange de soins tendres et attentifs qui caractérise les relations de famille et leur donne tant de force et de douceur, ils rappellent le besoin d’appui que, dans sa faiblesse, éprouve la jeune fille, et le secours qui lui est du : ■■ Tel que
■ la fille pieuse qui habite avec son père et sa mère,
■ et attend d'eux la subsistance à laquelle son dé- » vouement lui donne des droits, tel je viens te de- » mander nne part dans tes bienfaits (1). »
(1) Section II, lecture Vï, hymne ix.