PREMIÈRE PARTIE
Tantôt célébrant les attraits de l’Aurore, ilà peignent ceux de la vierge :
« Ainsi qu’une jeune fille développant son voile, » l’Aucore se dore à nos veux des splendeurs du
» soleil (1).
» Telle qu’une vierge aux formes légères, ô déesse, » tu accours vers le dieu du sacrifice (2). »
Selon 1a remarque de nos savants orientalistes , le nom qui désigne la jeune fille, douliitri, mot dont les idiomes germaniques ont conservé lu racine, indique sa principale fonction dans la famille védique : celle de traire la vache, l’animal sacré de l’Inde.
Etait-ce la plus importante de ses occupations? Les soins matériels étaient-ils seuls son partage? On pourrait en douter, 'en lisant les hymnes du Yéda qui sont attribués à des femmes , et «pii supposent une forte éducation morale et religieuse.
D’ailleurs, dans l'Inde primitive où |uir le mariage, le plus impérieux devoir de l’homme dans une société naissante, l’Arya unissait en sa personne le pouvoir du sacrificateur à celui du chef de famille, la femme, appelée à partager cette double autorité, devait être préparée à la grandeur de sa mission.
Le Véda nous a laissé les détuils les plus précis sur les incidents qui précèdent et accompagnent le
(1) Section II, lecture I, hymne I.
(2) Section II, lecture I, hymne il.
lien nuptial , sur les cérémonies religieuses qui le
consacrent.
La jeune fille est libre de choisir elle-même celui auquel elle unira son sort : cette particularité est dénotée par l’hymne de Syâvàswa aux Marouts (1).
Syâvàswa était fils d’un piètre attaché à la personne d’un roi, fait qui signale dans la jiériode védique une époque où la distinction des custes tendait à s’établir par la séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel.
Dans un sacrifice, Syâvàswa remarqua la fille de son souverain. Frappé de sa beauté, il rechercha son alliance , mais , trop pauvre sans doute , il fut écarté.
Il souffrait de ce refus, quand une princesse, Sasiyasî, le manda auprès d’elle. Parmi ceux qui, par leur rang, pouvaient aspirer à sa main, elle avait distingué le fils du roi Pouroumilha , et dans l’espoir de conclure l’union désirée, elle envoya Svâvûswa à la cour de ce monarque.
Syâvàswa était poète, il aimait : il réussit dans sa mission.
Les nouveaux époux furent prodigues de bienfaits envers l'ambassadeur dont la négociation avait nmené leur mariage. Dans l’ivresse de sa reconnaissance, Syâvàswa célèbre magnifiquement la libéralité de la
(1) Section IV, lecture III, livinnc xv.