‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 25 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

princesse , et l’appui que trouvera son époux dans la fermeté de son caractère :

« Sasîyasi , » dit-il , « m’a donné des troupeaux de ■> vaches et de chevaux , avec cent chars. Pour l'époux » recommandé par Sy&vàswa, elle est devenue un « bras fort et puissant.

* Différente des autres femmes, Sasîyasi s’est mon- » trée plus généreuse qu’un homme qui n’honore » plus les dieux et qui est avide de ses richesses.

» Parmi les Dévas, elle distingue celui qui peut » être fatigué, pressé par la soif ou le besoin, et » c’est sur lui qu’elle porte sa pensée. »

Le bonheur du jeune couple lui fait faire un mélancolique retour sur lui-même, et son chant d'actions de grâces expire dans une suppliante invocation :

«O Nuit, » ajoute-t-il, «porte mon hymne jus- » qu’au 61s de Darbha. O déesse, sois comme le char » de ma prière.

« Parle de moi à Rathavîti au moment où il ver- » sera la libation. Dis-lui que mon amour pour sa » 611e n’est pas éteint. »

Ici, non-seulement la jeune 611e n’est pas vendue à son Bancé, mais elle est dotée par son père ou son frère. C’est un fait rare dans l’antiquité, et qui prouve éloquemment que l’Arya comprenait la valeur morale de sa compagne et la dignité du mariage. Il n’y a pas

ici, dans la femme, une matière que l’on vend, mais

une âme qui se donne.

L’un des auteurs du Véda, Cakchivân, rend grâce aux dieux des richesses que lui a values son union avec la petite-fille du roi Rhâvya (1).

Cakchivân rentrait dans sa famille après avoir terminé scs études, quand, fajigué du voyage, il se reposa sur la route et s'endormit. A sou réveil, il n'était plus seul. Le fils de Bhàvya, Swayana, était auprès de lui et l’invitait il monter dans son char. Bientôt, il lui offrait, avec sa fille Tloinasâ, de l’or, de nombreux troupeaux , des chars , des chevaux , et le ramenait à son père suivi d’une brillante escorte.

Cakchivân raconte à sa famille les joies, les triomphes de son voyage, et la jeune princesse, s'avançant à son tour vers son beau-père, lui adresse timidement la parole : « Il m’a acceptée pour femme, et je » tiens à lui comme l’écuyer au fouet qu’il serre dans » sa main. Mon époux m’accorde la jouissance de » mille biens précieux.

» Daignez me permettre de vous approcher. Ayez » pitié de ma faiblesse. Je serai toujours Romasâ, » c’est-à-dire la brebis des Gandhâras (2). »

Le mythe des noces de Soùryâ qu’a récemment

(1) Section II, lecture I, hymnes iv et Y.

(2) « Le Gandhàra, que l’on uli-utiHe avec le Candahar, était * fameux par ses troupeaux. * (Note «lu traducteur.)

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