‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 26 sur 85 · PREMIÈRE PARTIE. V · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. V

commenté M. Emile Bnrnouf dans son remarquable Essai sur le .Véda , est un précieux tableau des cérémonies nuptiales des Aryas.

Pendant que dans l’enceinte sacrée, les prêtres évoquent Agni ; que des plantes pressées par le mortier jaillit le snma, le chef du sacrifice attend auprès de l’autel l’arrivée des fiancés, et entonne l’hymne du mariage.

L« jeune fille, suivie de ses garçons d’honneur, de la famille qu’elle quitte, de celle où elle entre, s’avance dans une pompe solennelle. Le poète lui donne pour char la Prière, pour dais le Feu du sacrifice, touchante image de la sainte consécration que reçoit son union. Ses amis se pressent dans l’enceinte; les chants sacrés éclatent sur son passage.

Au moment de la bénédiction nuptiale, le prêtre prononce le changement de destinée de la jeune fille : u Je l’enlève à l’autorité paternelle, pour la. » remettre dans la dépendance (l’un mari. Puisse- » t-elle, ô bienfaisant Indra, être fortunée et avoir de » nombreux enfants (1)! »

[.es fiancés unissent leurs mains, et le chef du sacrifice rappelle à la femme les obligations religieuses que lui impose le titre de maîtresse de maison .

(i) Rig - Véda , section VIII, lecture III, hymne xiV. Hymne attribué à la fille de Savilri, une de* formes du Soleil.

« Que cette épouse soit heureuse, » dit-il après que la mariée a quitté ses parures virginales. « Appro- » chez d’elle, » continue-t-il, s’adressant aux assistants, « regardez -la. Faites-lui vos souhaits, et » retournez dans votre demeure. »

Il accepte les ornements dont elle vient de se dépouiller, et R» purifie.

L’époux exprime en quelques mots le hut moral du mariage : « Je prends ta main pour notre bonheur ; « je veux que tu sois ma femme et que tu vieillisses » avec moi. »

Le prêtre adjure le jeune couple de s'attacher à jamais aux joies du foyer domestique : « Restez ici ; » ne vous éloignez pas, passez ensemble votre vie ; » heureux dans votre demeure et jouant avec vos ■ enfants et vos petits-enfants. »

Rien de plus auguste, dans sa forme un peu naïve, que l’allocution de l’époux à l’épouse : « Que le Chef » des créatures nous donne une race nombreuse; » qu’Aryaman (1) prolonge notre vie. Entre sous « d’heureux auspices dans la maison conjugale. Que » le bonheur soit chez nous pour les bipèdes et les » quadrupèdes ! .

» Viens, ô désirée des dieux, belle au cœur ten- » dre, au regard charmant, bonne pour ton mari,

(J) Un de* Adityas. Adityas : « Personnage* mythologiques au » nombre de douze : ce sont les douze formes du Soleil, regardées n comme les fils d’Aditi. • (Note du traducteur.)

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