‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 30 sur 85 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

résidence; mais à leur luxe, à leur puissance, le roi opposait eu lui-ménie la misère si héroïquement supportée des l‘àiiduvas, dont il ignorait cependant l’arrivée dans sa capitale. Ardjouna surtout, le plus sympathique des cinq frères, lui était cher par sa brillante valeur; et lorsqu'il promit la main de sa fille au guerrier capable de manier un arc d’une force prodigieuse, la vigueur, l’adresse du jeune prince, lui étaient connues.

Une place décorée d’arcs de? triomphe, de festons et de guirlandes, doit servir de théâtre aux exploits des prétendants. Los monarques entrent dans les palais qui la bordent, constructions sveltes et élancées dont les dômes blancs, entourés de balustrades d’or, couverts de perles, semblent se détacher de l’azur, et font scintiller la lumière intense de l’Orient.

Ils se placent sur les trônes qui leur sont destinés dans ces demeures parfumées, résonnantes de l’écho des instruments, tandis que les Pàndavas se cachent au milieu des brahmanes sur les estrades où se presse le peuple.

Quinze jours s’écoulent et voient se renouveler de somptueux divertissements. Au seizième jour, Dràupadi apparaît.

La finesse, la régularité de ses traits, signes caractéristiques de la famille ârvenne, contrastent avec la couleur de son teint, qui rappelle celui de l’indigène

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et lui donne le surnom de Krichna, la noire. Couverte de pierreries, elle entre dans l’enceinte, et, d’un {{este royal , couronne d’une guirlande d’or sa tête charmante.

L’ohlation au feu ouvre la cérémonie. Les tambours battent, les fanfares éclatent; puis tout se tait, et Dlirichtadvounna, frère de Dràupadi, tenant sa sreur par la main, s’avance, montre aux prétendants le but à atteindre et le prix à conquérir.

Présentant ensuite à la jeune fille la plupart de ceux qui briguent son alliance, il ajoute : « Ceux-ci, » et d’autres en grand nombre, rois de pays divers, » Kchattryas de naissance, célèbres dans le monde, * sont réunis ici à cause de toi, û bienheureuse! »

La fice est ouverte. Exaltés par la beauté de Dràupadi, les princes s’y précipitent, palpitants d'espoir, bouillonnants de. colère. Ce n’est plus la marche solennelle d’un cortège de rois, c’est In course rapide, tumultueuse, désordonnée, de- rivaux eu présence.

« Krichna pour moi! » c’est leur cri de guerre. Vyàsa, fidèle à Khubitude qu’avaient les races indoeuropéennes de mêler activement la Divinité aux luttes des hommes, peint les dieux attentifs à cette scène, leurs chars de guerre sillonnant les deux.

Cependant l’arc fatigue les bras les plus robustes et demeure inflexible. Enfin se présente Karna, le fils du Soleil et de Kounti, le frère même des Pàndavas. Mais sa mère seule connaît son origine, et aux yeux

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