‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 31 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

de ses frères mêmes il u’est que le fils d’un cocher, d’un Soùta (1).

Saisissant l’are, il le fait céder à sa puissante étreinte; mais Dràupadi, la noble fille des Kchattrivas, frémit à l'idée d’altérer la pureté de sa race. Dédaigneuse, elle s’écrie : « Je ne choisis pas le Soùta. »

L’arc échappe aux mains de Karnu , un amer sourire {{lisse sur ses lèvres, et son reyard s’élevant vers le Soleil semble prendre il témoin l’auteur de sa naissance.

De vains essais ont suivi la tentative du héros. Soudain Ardjouna descend dans l’arène.

Une grande agitation accueille ce mouvement. L’habit d’Ardjouna trompe tous les regards. Comment un brahmane ose-t-il concourir aux jeux réservés aux guerriers? Comment, jeune et exténué sans doute par les austérités, expose-t-il pur un insuccès probable son caractère sacré aux risées de la foule?

Les brahmanes, fiers d’une entreprise qui honore un des leurs, en prédisent le succès. Celui qui a su se vaincre soi-méme n’a plus d’obstacles à redouter.

Les railleries des uns, les encouragements des autres, n’effleurent pas lu sérénité d’Ardjouna. Avecla calme et confiante assurance qu’inspire à l’homme

(I) I<o4 soùta s étaient issus du mariage illégal d’une braliinani et d’un kchattriya.

le sentiment de su force, il saisit l’arc Il a

vaincu.

Le ciel même sourit il cet exploit, et répand ses fleurs, sur le jeune héros; les poêles exaltent son triomphe. Le son mélodieux des instruments, les chants d 'allégresse accompagnent leur voix , et se mêlent aux cris de rage des rois vaincus, aux cris de victoire des brahmanes délirants de joie et d’orgueil, aux acclamations enthousiastes du peuple.

« Cependant, ajoute l’auteur épique, ayant aperçu » le but atteint et regardé le vainqueur semblable à » Indra, Krichna prit la blanche guirlande et s’np- » procha du fils de Kounti avec un sourire, et prenant » celle qu’il venait de gagner dans la lice, salué par » les brahmanes là présents, Ardjouna, qui avait » accompli .une œuvre inimaginable, sortit de l’en- » ceinte, suivi de son épouse (1). »

Ce tableau ne nous rapelle-t-il pas tout un chevaleresque passé, et, à part la couleur locale, notre moyen âge ne reproduira-t-il pas souvent cette scène d’une épopée indienne datunt de trois mille ans?

Le mariage de Gopâ avec Siddhàrtha, le prince qui devait être le célèbre Bouddha, fut précédé d’incidents tpii jettent une vive lumière sur la transformation qu’avaient subie les mœurs au sixième siècle avant

(1) Traduction de M. Parie.

Page 1