‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 32 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

notre ère, tout en conservant certaines traditions du passé.

Dans son beau travail sur le Bouddha et sa religion, M. Barthélemy Saint-Hilaire a rappelé cette phase de l’existence du grand réformateur.

Le roi Çouddhodana, père de Siddhûrtha, voyait avec douleur l’irrésistible vocation qui entraînait l’héritier de sa couronne vers la vie contemplative, quand les principaux vieillards des Çàkyas(l) le supplièrent de prévenir la fuite imminente du jeune prince en lui choisissant une compagne. Il y consentit et les délégua auprès de son fils.

Siddhârtha, après de mures réflexions, comprit que les devoirs de l’homme marié se pouvaient allier aux sévères occupations du philosophe. Il céda.

Violant dès lors la loi brahmanique, il se déclara disposé à rechercher, même parmi les Coudras, la compagne douée des qualités morales qu’il exigeait.

Le pourohita, le prêtre domestique attaché à la famille royale, compara vainement les jeunes personnes qui se présentèrent à lui, au portrait idéal qu’avait tracé Siddhârtha. Enfin, une bile des Çàkvas, nommée Gopà, avoua ingénùment qu’elle croyait posséder les vertus qui devaient bxer le choix du prince. Elle plut à Siddhûrtha et au monarque, mais le père de Gopà, témoin de l'apparente inaction de

(1) Le roi Çnuddhodana appartenait à la famille de* Çûkyas.

LA FEMME DANS L’INDE ANTIQUE, l’héritier du trône, refusa «le l'accepter pour gendre avant d'avoir éprouvé les talents que le prince cultivait dans l'ombre.

« Le royal jeune homme, » dit-il, « a vécu dans n l’oisiveté au milieu du palais, et c’est une loi «le v notre famille de ne donner nos filles qu’à des » hommes habitas dans les arts, jamais à ceux «pii » y sont étrangers. >•

Il établit «loue un concours , et Sidilliârtha dut entrer en lice avec cinq cents jeunes gens des Çakyas.

Ce mode «le Swayambara eut un caractère plus élevé que les cérémonies de ce genre dont les épopées ont conservé le souvenir. Les princes luttèrent entre eux, non-seulement «l’adresse et de 'vigueur physiques, mais encore de savoir et d’intelligence; et dans les exercices du corps aussi bien «jue dans ceux de l’esprit, Siddhàrtha vainquit scs rivaux.

« La belle Copà, » dit M. Barthélemy Saint-IIilaire, « fut le prix de son triomphe; et la jeune fille, » qui s’était crue «ligue «l’un roi, fut déclarée la pre- » mière de ses épouses. »

Le caractère religieux du mariage védique se modifia dans la société brahmanique. Tout en ne considérant comme indissolubles «pie les unions sanctionnées par l’autorité sacerdotale, tout en jugeant cette consécration indispensable au bonheur des époux,

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