PREMIERE PARTIE
pli par le roi cl’ Ayodhya : le jour de L’hymen est arrivé.
La cérémonie nuptiale offre une curieuse particularité. Daçaratlia, marchant à la suite des brahmanes, accompagné de ses quatre fils qui déjà ont courbé leurs fronts sous les bénédictions qui précèdent le mariage, Daçaratlia n’ose franchir le seuil du palais de son royal allié :
«Nous voici venus, » • dit-il au monarque vidéhain, « ràdjà, sur la tête duquel puissent les félicités » pleuvoir, nous voici venus près de toi pour accom- « plir les mariages. Veuille, les faits attentivement » considérés, nous accorder entrée chez toi.
» Tous tant que nous sommes ici, nous et nos » parents, nous sommes à tes ordres. Procède, ainsi » que l’exige la dignité de ta race, à tous les détails » de la cérémonie nuptiale. »
“ lié! » répond avec étonnement Djanaka, » quels » gardes y a-t-il à mes portes? De qui est-ce qu'on » observe ici les ordres? Quelle hésitation est donc » la tienne quand tu es chez toi ? Pas d’appré- » hension !
» Déjà au lieu où se célébrera le sacrifice, vouées » à la félicité par les formules dont émane la joie , » sont arrivées mes quatre vierges , resplendissantes » comme de vives flammes.
>> Je suis tout prêt et j’attends, debout à côté de « ces autels, ô grand prince! Ecarte tous les obsta-
» clés, Indra des rois. A que! propos est-ce que tu » tardes (1 )? »
Le roi d’Ayodhvà et son cortège s’avancent. La cérémonie revêt alors une teinte plus touchante et plus solennelle. Le poète comprend l’émotion de ce moment où le père, abdiquant ses droits sur ses filles, rappelle il ses gendres les devoirs imposants de leur nouvelle situation. Il y a dans les paroles du roi du Vidéha un mélange de tendresse et de majesté admirablement approprié à cette auguste fête. Il interpelle d'abord ltàmu :
« Approche-toi le premier de l'autel. Voici ma fille » Sità qui va devenir ta compagne dans tonies les » obligations de la vie. Prends sa main en ta main , » 6 prince, la joie de Ragliou (2). »
Le monarque unit successivement les quatre couples : « Nobles princes, » dit-il, « qui vous unissez ii » des épouses de votre rang , accomplissez tous, fi- » dèles aux saintes observances et dignes de votre » race, les obligations qui vous incombent; et puis- » sent toutes les félicités être sur votre tête! »
La consécration religieuse termine la cérémonie. Pendant (pie les fils de Daçaratha unissent leurs mains à celles de leurs compagnes, un brahmane prononce sur les quatre couples les paroles de béné-
(î) Le Hûinàyana, Adikanda , traduit par M. Val. Parisot, chapitre LXXV.
(îj Un des ancêtres de Raina.