‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 35 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

diction (1); puis les nouveaux époux, s’approchant du foyer, saluent trois fois Agni. Ici encore, avec le naïf enthousiasme des premiers âges, le poëte fait célébrer aux cieux mêmes les fêtes de l’Iivinen : <■ Il » semblait, » dit-il, « que pour le mariage de ces « chefs de Raghou tout devint merveille. »

Après le départ des quatre couples, et pendant que Daçaratha est encore l’hôte de Djanaka, des dots féeriques lui sont remises par le roi du Vidéha. Troupes, chars, or monnavé, lingots, pierreries, vêtements précieux, témoignent d’une époque où le luxe ajoutait déjà son prestige à celui de la puissance, tandis que le don d’une prodigieuse quantité de vaches rappelle les occupations pastorales des Aryas.

Deux modes de mariage étaient permis à la caste guerrière des Kchattriyas ; celui des Gandharvas , l'union formée sans témoins par le vœu mutuel des deux fiancés , et celui des Ràkchasus , le mariage par enlèvement.

(1) La cérémonie de l’union des mains n’était prescrite qu’aux fiâm es de même caste. « Une fille de la classe militaire qui se ma- » rie avec un brahmane doit tenir une flèche, à laquelle son mari doit » en même temps porter la main ; une fille de la classe commer- « çante, si elle épouse un brahmane ou un kchattriva, doit tenir un « aiguillon; une fille soudra, leshord d’un manteau, lorsqu’elle s’unit » a un homme de l’une des trois classes supérieures. » (Lois de Manou , livre III, cl. 44.)

Le premier de ces rites sert de base à la légende de Sacountnlà, si poétiquement racontée dans le Mahâbbarata. Cet épisode inspira, plusieurs siècles après, à Kalidâsa, un drame d’un sentiment exquis, d'un art consommé.

Ou s’accorde généralement avec notre illustre poète, M. de Lamartine, à trouver dans l’ordinal •un caractère plus héroïque, une touche plus vigoureuse. La cour de Vikramàditya , les raffinements d’une civilisation parvenue il sa maturité, se reflètent dans l’œuvre de Kàiidàsa; la luxuriante nature de l’Inde, les mœurs délicates et fortes des Aryas, le souffle puissant des premiers âges enfin, animent le récit du poète épique et lui communiquent un inexprimable attrait.

Cette légende a naguère été traduite avec un charme infini par M. de Chézy (1); mais nous suivrons surtout ici la version plus littérale qu’en a donnée M. Nève dans ses brillantes Etudes sur les portraits de femmes du Maliàbhàrata (2).

Au début de l’épisode, Douclunantu, prince renommé par sa vaillance et son équité, se livre à l’une de ces chasses qui , dans les forêts de son

(1 ) A la suite de sa traduction de la Reconnaissance de SacounlalA. (2) Des portraits de femmes daip ta poésie épique de l'Inde. Fragments d’études morales et littéraires sur le Maliàldiàrata , par Félix Nkve ; 1858.

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