‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 37 sur 85 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

■n est clair que tu es fille d’un roi : deviens mon » épouse, femme gracieuse, et dis-moi ce que je » dois faire pour toi ! Aujourd’hui même je t’appor- » terai un collier d'or, de riches vêtements, des » boucles d’oreilles étincelantes d’or et de pierreries <> les plus rares provenant des contrées lointaines;

» des joyaux, gracieux ornements de la poitrine,

» ainsi que de riches fourrures. Consens à être mon » épouse, et tout mon royaume t’appartiendra.

» Unis, vierge timide, unis tes jours aux miens par » le lien nuptial des Gandharvas : car de toutes les » manières de serrer les nœuds de l’hymen, celle des » Gandharvas est réputée la meilleure. »

Sacountalà supplie le prince d’attendre l’arrivée de Canwa. Elle ne veut pas contracter sans l’assentiment de son bienfaiteur une union qu'il approuvera sans doute, qu’il consacrera avec joie.

Le roi persiste dans sa résolution : « Une âme, » dit-il, s’unit par l’amitié à une autre; une âme » trouve son refuge; dans une autre ; une àme se » donne elle-même à une autre, telle est la règle que v trace pour toi la loi divine. »

Sacountalà cède', mais à une condition : le fils qui naitra de leur mariage sera l'héritier du trône. Le roi promet tout, et les fiancés unissent leurs mains sous le regard des dieux.

Douclunanta quitte sa jeune épouse après lui avoir promis de la faire chercher solennellement.

Sacountalû est seule et troublée. Pour lu première fois, elle redoute le retour de sou père; pour lu première fois, elle n'accourt pas au-devant du vieillard pour l’alléger de son fardeau de fruits. Mais Canwa arrive, souriant, inspiré : «Bienheureuse, lui dit-il, » l'union <pie tu as contractée aujourd’hui de toi- » même sans me consulter u’a rien de contraire à lu » loi divine. Certes, le mariage nommé Gandharva » est le plus convenable pour l’ordre des guerriers.

» Douclunanta, que tu as pris pour époux, û Sa- » countalà, est. le meilleur des hommes, doué de » vertu religieuse et de grandeur d'âme. Ton fils,

» chef d’une grande race, redoutable par sa force,- » aura en sa puissance ce monde tout entier auquel » l’Océan sert de limite. »

Rassurée, joyeuse, Sacountalû prodigue il son bienfaiteur les soins caressants dont elle n’avait d’abord osé l’entourer. Elle prie le saint anachorète de bénir celui auquel elle a engagé sa foi, et quand Canwa, accédant à son désir, laisse h son choix la grâce qu’il accordera au monarque, la noble jeune femme souhuite que la ruée royale, toujours hèureuse, soit à jamais fidèle au devoir.

Mais de longs jours s’écoulent , et le roi ne revient pas. Un fils est né il Sacountalû , et manifeste en grandissant les penchants héroïques de sa race ; Canwa se décide alors à faire reconnaître à la mère

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