‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 38 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

le titre de reine; ù l’enfant, celui de roi de lu jeunesse.

Les disciples de Canwa accompagnent Sacountalà et son fils à Ilastinupoura, résidence île Douchraanta; ils la conduisent au palais, l'introduisent à l’audience publique du souverain, et jugeant leur mission accomplie, croyant avoir assuré le bonheur de lu fille de leur maître spirituel, ils retournent à l’ermitage.

Pendant ce temps, Sacountalà rappelle au roi scs ]» rom esses ; mais, ù cette femme tenant dans ses bras un enfant, le saluant des noms d’époux et de père, Douchmanta ne répond qu’un mot : « Je ne » m’en souviens pas ! »

' Le regard étincelant, la lèvre frémissante, Sacountalà, déchirée par la douleur, mais exaltée1 par l'indignation , s’adresse au monarque avec l’autorité de l’ascète, la majesté de? l’épouse :

« Toi qui connais la vérité, 6 grand Roi, comment » se fait-il que; tu oses soutenir sans crainte ne pas » méconnaître, ainsi que le ferait un homme vul- » gaire et de sentiments bas?... Je suis seul, as-tu » pensé peut-être? mais tu ne sais pas ce que c’est » que la conscience, ce sage des anciens jours , qui a » connaissance de toute action mauvaise, et eu pré- » sence de qui tu commets l’iniquité! L’homme qui » fait le mal se prend à dire : Personne ne me voit ! » Mais les dieux le voiont, et son proprejuge, l’homme u intérieur, le voit aussi ! »

Nous ne citerons pas ici l'admirable discours que le poëte place dans la bouche de son héroïne et qui a pour objet la glorification de la femme; c’est dans l’étude spécialement consacrée h l’épouse que nous rappellerons ces payes, qui. expriment éloquemment la vénération de l’Hindou pour lu mère de ses enfants.

Douclimanta parait insensible aux accents sévères, passionnés, «mouvants, de Sacountulà. En vain essayant de surprendre en lui le tressaillement de l’amour paternel, elle tend vers lui cet enfant an doux sourire, au naïf et affectueux reyard : Üouchmanta la raille et l'insulte.

« Je ne reconnais pas le fils que tu as mis au » monde , Sacountulà ! Les femmes ont en partage • » l’art de feindre : qui ajouterait foi il ton langage?... » Je ne te reconnais pas; laisse-moi. »

Au nom de la vérité, la jeune femme adjure le roi de renoncer à son système de dénéyations. « Une » parole vraie ! » dit-elle. « On peut douter, û prince, » si elle n’éyale pas en efficacité la lecture entière « des Vedas on la pratique de se buiyner dans les » saints lieux de pèlerinaye! La vérité, c’est la pre-

» mière des vertus! lu vérité, c’est le Urahma

» suprême !....-. Ali! ne viole pas, ô roi, cette loi

» souveraine! tiensrtoi lié à la sincérité de tes

» promesses. Mais si tu restes attaché au mensonge,

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