‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 5 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

» et bonne Aditi, je t’appelle ù notre secours (1)

» Honorons Aditi, qui anime tout (2). »

Aditi est -parfois confondue avec la Terre, la nourrice de l’homme, son soutien et sa demeure dernière. Avec quelle ferveur les Aryas Pimplorent-ils, cette Terre du sein généreux de laquelle jaillissent le bananier au vert parasol , aux baies nutritives ; le manguier et le mangostan aux fruits exquis ; le tamarinier à la pulpe bienfaisante ; le pandane aux panicules de fleurs blanches et parfumées , aux feuilles aimées de l’éléphant; le cocotier à la noix élégante remplie d’un suc rafraîchissant ; le merveilleux népenthe qui de ses urnes de feuillage verse au voyageur une eau de cristal ; l’ébénier et le santal au bois précieux; le bambou au bois utile, à la moelle savoureuse; — cette Terre qui, recevant les mille rameaux du pîpala, le figuier sacré, leur communique la fécondité de l’arbre qui les a produits, et fait de cet arbre une foret; — ' cette Terre où s’épanouit la plante (3) dont s’exprime le soma , le nectar des Immortels, et où s’étalent en gerbes d’or les moissons chères aux antiques pasteurs!

C’était la Cybèle des Grecs , et , de même que les Védas, les hymnes homériques chantèrent la grande

(1) Section VI, lecture IV, hymne Kt.

(2) Section VIII, lecture V, hymne VI.

(3) Asclepius rosca , Hoxli., Periploca e tenir Htu , Linn.

LA FEMME DANS L'INDE ANTIQUE, déesse. M. Yillemai», dans le plus récent de ses chefs-d’œuvre, a rapproché les premiers accents du lyrisme grec de la voix sacrée qui,- la première, avait salué le régne des dieux :

« Soit, dit l’illustre critique, que cette poésie des » hymnes homériques célèbre les grands spectacles » de la nature, soit qu’elle rappelle les traditions du » culte mythologique, jamais rien de subtil , comme » dans les hymnes savants de Proclus, ou dans les » réminiscences tardives placées sous le nom d’Or- » pliée. On pourrait plutôt reconnaître dans le lan- » gage de ces chants une sorte de piété panthéiste » analogue à celle qui, dans des temps plus reculés, » et' chez des ancêtres oubliés de la race grecque, » avait inspiré quelques accents des Védas. Tel est » le caractère de l'hymne homérique à la Terre, à » cette déité matérielle que, sous le beau ciel de « l’Inde, célébraient les poètes, et qu’ils montrent » dans leurs vers féconde et inépuisable, ruisselante » de fleuves et parée de montagnes (1). »

Quels étaient ces accents primitifs? De quelles aspirations étaient-ils l’expression? Naïfs et gracieux comme la prière de l’enfance, ils appelaient les biens d’ici-bas :

(I) Essais sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique dans ses rapports avec l'élévation morale et religieuse des peuples , par M. Ville main; Paris, 1851).

Page 1