‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 6 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

« 0 Terre! sois pour nous une habitation large et » fortunée : donne-nous bonheur et gloire (1 ).

» Approche-toi, ô Terre fortunée, surnommée » Sità. Nous t’honorons pour que tu nous sois pro- » pice et fructueuse....

» Que Sità nous prodigue son lait pendant de * longues années.

» Qu’avec bonheur h-s socs labourent pour nous » la terre; qu’avec bonheur nos pasteurs conduisent » les animaux.... (2). »

Ils conjuraient aussi les puissances malfaisantes de l’univers, ces hommes qui avaient appris ù craindre le malheur, qui avaient senti la fièvre alanguir leurs membres, 1a mort les menacer, et qui, pressentant l’immortalité de l’âme, redoutaient les châtiments d’une autre vie : ils symbolisèrent le mal. Ce fut Nirriti, la sombre déité, qui pour eux le personnifia. Ils la priaient de punir le méchant, mais d’épargner l’innocent pendant son existence terrestre, et de le laisser après sa mort jouir de la bienheureuse éternité :

« Approche-toi de celui qui ne fait pas de liba— » tions, «pii ne sncrifie pas; suis la voie du "voleur, » du brigand ; approche-toi d’autres que de nous : » que tel soit ton chemin, et adoration à toi, 6 di-

(1) Section 1, lecture II, hymne tu.

(2) Section III, lecture IV, hymne il.

» vine Nirriti! Oh! adoration soit à toi, à la force » pénétrante! Délie ce lien accablant, et toi, d'sicu cord avec Yama etYami (1), fais que cet homme » s’élève au ciel suprême (2) ! »

Le feu (Agni), le soleil (Soûrya), l’éther (Indra), tout devient symbole, tout revêt un corps.

De ce Panthéon, si semblable à celui de la Grèce, se détache une suave incarnation. Quand la lueur du soleil dorait les monts, éclairait vaguement les plaines, l’Arya, délivré des ténèbres de la nuit, saluait avec ravissement l’Aurore (3) qui le rappelait au culte de scs dieux, aux joyeuses occupations de la vie des champs :

« Fille du Ciel, Aurore, lève-toi, et apporte-nous » tes richesses et ton opulente abondance. DéeSse » brillante et généreuse, viens avec tes trésors.

(1) Yama ou Mrityou, le dieu de la mort. Yamî, épouse de Yama.

(2) Studj orientait e linguistici . Raccolta pcriodica di Àscoli. Fascicolo seconde. Milano, 1855 :

« Tcndi a colui rhe non fa libazionc, che non sagrifica ; siegui la via del ladm, dcl masnadicro; ad altri ebe a noi tcndi , sia talc il tuo rammiiio, e adorazione a te, o diva Nirriti! Oh ben sia adorazione a te dalT acuto vigore. Solvi questt) ferreo vincolo, c tu, d’accordo con Jama c Jatni, fa che s'innalzi codest'uomo al cielo supremo. « (Jagurv. Vâgasaneji-Sanh XII, 62-63.)

Chaque fois que nous traduirons d’une langue étrangère une version qui nous manquerait en français, nous reproduirons le texte au bas des pages.

(3) Précédée par les Asxvins, les cavaliers célestes, les deux Crépuscules, l’Aurore, montée sur un char que traînent des coursiers rougeâtres, fait fuir devant die la Nuit, sa sœur.

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