‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 50 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

que se perpétuait la caste, que se soutenait l’édifice brahmanique.

Transcrivons ici, d’après la belle traduction de M. Nèvc (1), ce discours auquel naguère nous faisions allusion, ce discours de Sacountala qui, dans In légende du Mahùhhûrata , n’est peut-être pas à sa véritable place, mais où lu cause de la femme est chaleureusement plaùlée. Jamais chez aucun peuple, datis aucun siècle, le poète ne s’est incliné avec plus d’amour et de respect devant l’épouse et lu mère :

» Les anciens chantres l’ont déclaré : l'homme qui » s’unit à la femme renait par elle dans ses enfants; » de là vient pour l’épouse le titre de mère (djàyn). » Un fils naît- il à l’homme fidèle aux lois de sa » croyance, il sauve par la perpétuité de sa race ses » ancêtres autrefois décédés. De "ce qu’il délivre l'ame » de son père du séjour infernal appelé Poul, un fils « est appelé pnullra , ainsi que l’a déclaré Swayam- » bhou (2) lui-même. L’épouse est un objet d’honneur » dans la maison; c’est elle qui élève les enfants; » l’épouse est le souffle de vie de son époux; elle est » tout dévouement à son maître. L 'épouse est la moitié » de l'homme; elle est pour lui le meilleur des umis :

(1) Des portraits tie femme (tans la poésie épitjuc de r/nde. Fragments d’études morales et littéraires sur le Mnliàbhârata, par Feux Nkvb; Bruxelles, 1858.

(2) Manon Swâyambhouva , le premier homme, auquel on attribue le rode que promulgua Blirigou.

» l’épouse est la source du partait bien-être ; elle est » la racine «le la fatnille et de -sa perpétuité. Les « boulines qui ont une épouse accomplissent bien les « cérémonies sacrées et- remplissent les devoirs de » chef de maison : quand ils possèdent une épouse, » les -hommes sont comblés de joie, et le bonheur du » salut leur est assuré. Dans des lieux déserts, les » femmes sont des amies procurant consolation par » leur doux langage ; elles sont comme des pères dans » les devoirs sérieux de la vie; elles deviennent » comme des mères dans les temps d’infortune. Les » femmes sont un appui dans des solitudes sauvages » pour le voyageur délaissé : qui a une épouse est « assiu'é d’un soutien ; c’est pourquoi les femmes » offrent le meilleur des refuges dans l’existence. Son » époux émigre-t-il dans un autre monde et tombe-t-il » seul dans les lieux de ténèbres, une épouse con- » slamment dévouée le suit dans cette région. -Meurt- » elle la première, l’épouse fidèle reste sans cesse » dans l'attente de son époux, sur lequel sont fixes » ses regards; si son époux la précède, la femme ver- » tueuse le suit même dans la mort.

v Aussi le mariage , o prince, est-il un état très- « désiré : le mari possède en effet son épouse, non- * seulement dans cette vie, mais encore dans celle » qui est a venir. Les sages ont dit que le fils de » l’homme étant un autre lui-même, né de lui-même, » l'homme doit respecter sa femme, la mère de sou

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