PREMIERE PARTIE
» et de feuilles de bétel, de safran et de kajala (1); » de guirlandes et de chapelets d’un doux parfum , » et d’autres ornements variés. Alors l’épouse fidèle » choisira quatre jeunes femmes vivant sous la tutelle n de leur père , et leur fera don de présents assortis » à leur jeunesse, consistant en minium, eu guirlan- « des de fleurs, en bracelets, en sandal et en collyre. » Elle devra aussi faire , avec l’attention convenable, » des offrandes aux vieux parents de son mari défunt ; » aux brahmanes, à ses enfants, à ses petits-enfants » et à ses autres relations. *
On trouve dans Je Bhâgavata-Pouràna l’intéressante peinture d’un sacrifice de Satti (2).
Le roi Prithou venait de terminer sa carrière tour à tour militante et contemplative. Sa femme, jeune et délicate, l’avait suivi dans sa retraite; elle voulut l’accompagner dans la mort.
Le cortège funèbre se dirige vers une montagne couverte de sombres forêts. Le chemin est rude, lu montée pénible. La reine déchire ses pieds aux ronces du chemin ; mais tout entière à sa douleur, tout entière à l’idée du sacrifice qu’elle va consommer, elle marche sans s’apercevoir des dangers de la route.
(1) « Noir de fumée employé pour leu cils et les paupière*, et » comme médicament. » ( Dictionnaire classique sanskrit français , par M. K mile BtiRüOi'F, avec la collaboration de M. Leupol, 1863.) (t) Livre IV, chapitre xkiii.
On est arrivé au somniet.de la montagne. Le bûcher est préparé.
Au moment de livrer aux flammes le cadavre de son mari , et de voir s’anéantir à jamais res restes aimés, Artchis sent son courage l’abandonner et ses yeux se remplir de larmes. L’espoir d’une réunion prochaine la fortifie : elle dépose le corps sur le bûcher.
« Quand elle eut tout préparé pour les funérailles,» continue le porte, « elle se baigna dans un torrent; » puis ayant offert de l’eau à son glorieux époux, elle » salua les dieux, habitants du ciel, et ayant fait trois » fois le tour du bûcher, elle entra dans le feu en son- » géant à son mari. »
Ce dernier trait est suhlimc de sentiment et de vérité. Il fallait en effet penser à celui dont la dépouille mortelle se convertissait en cendres, et dont l’àme s’envolait aux célestes demeures, pour envisager sans frémir ce redoutable passage de lu mort à l’immortalité.
Et comme pour encourager les veuves à s’inspirer de ce grand exemple, quelle magnifique récompense ! Les détisses couvrent de fleurs le bûcher des deux époux, et, pendnnt qu’une harmonie divine se fait entendre, elles exaltent le bonheur et la gloire de la femme qui s’est dévouée à son mari sur la terre et le suit dans le Ciel.
« Ah ! qu’elle est heureuse, » chantent les Immor-