‹ La femme dans l'Inde antiqueChapitre 57 sur 85 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

toiles, « cette femme qui a servi le premier des rois » avec un dévouement aussi complet «pie celui de C.ri » pour le dieu chef du sacrifice!

v Voyez! la voilà, cette femme vertueuse, qui, » pour paix de son inconcevable courage, s’élève à » la suite du fils de Yéna (1), bien au-dessus de » notre demeure. »

Ici on retrouve les singulières idées des Hindous sur l'absorption contemplative de l’homme dans la nature :

« (Ju’y a-t-il de difficile, » poursuivent lès déesses, » pour les mortels qui, pendant leur existence passa- » gère en ce monde, se livrent à l'inaction, qui est * la véritable voie pour atteindre à Miùgavat?

» Oui , elle est grande la misère à laquelle se con- » damne ici-bas l’être ennemi de lui-même qui, au » sein de la condition humaine , laquelle est un » moyen de salut, s’attache encore aux objets exté- » rieurs. »

bientôt le feu a dévoré les corps des deux époux , et pendant qu’ici-bas leurs cendres se confondent, làhaut leurs âmes unies gagnent ensemble le céleste séjour.

Oui, pour la femme qui avait aimé son. mari, c’était un ineffable bonheur de se joindre encore à lui dans une autre viel Mais pour celle qui avait été victime

(1) V èna était le pré«lé«?cttciii*9 non le pore, île Prithon.

d’une union mallieureu.se, pour celle qui, encore dans l’enfance, pouvait a peine comprendre la douleur du veuvage; pour celle même qui, attachée au souvenir de son époux, se sentait faible devant la mort, quelle affreuse perspective! quelle barbare obligation!

Mais si elle précédait son mari dans la tombe , l’épouse fidèle, quels devoirs incombaient à celui qu’elle délaissait?

« Tout Dwidja connaissant la loi, » dit Manou, « qui » voit mourir la première une épouse qui se confor- » niait à ces préceptes (1) et appartenait à la même « classe que lui , doit la brûler avec les feux consa- » crés et avec les ustensiles du sacrifice.

» Après avoir ainsi accompli, avec les feux consa- » crés, la cérémonie des funérailles d’une femme » morte avant lui , qu’il contracte un nouveau ina- » riage et allume une seconde fois le feu nuptial (2). »

Voilà une consolation un peu prompte, et qui contraste étrangement avec l’éternelle douleur on la cruelle immolation de la veuve. — Passons. — Dans l'Inde, comme ailleurs, l’homme fait la loi.

Disons-le à la gloire des Hindous : tous ne s’empressèrent pas de profiter d’un privilège si libéralement octroyé. Il y eut parmi eux «les veufs inconso-

(1) Préceptes tic pureté et do vertu indiqué* dans une loi précédente.

(2) Livre V, çl. 167, 168.

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