PREMIERE PARTIE
nature furent déifiées, mais les puissances morales par excellence, la Prière, la Parole, les idées sublimes du beau et du bien , planèrent dans les sereines régions de l’entendement, et, chose digne de remarque, tous les cidtes panthéistes symbolisèrent par des personnifications féminines les phénomènes immatériels.
Le cidtc avait pour sacrificateurs les chefs de famille; pour temples, les sommets des monts ; l’autel s’y dressait sans nul abri qui le séparât du ciel. L'homme , élevant librement le regard dans l’espace, contemplait de cette hauteur la Divinité dans ses manifestations.
Avant le sacrifice, on voyait errer sur les collines les femmes chargées de cueillir le cousa (1) , le gazon qui devait tapisser l’enceinte sacrée, et la plante (2) dont on extrayait le soma.
Au commencement de la cérémonie, pendant qu’Agni, le feu symbolisé, développait sur l’autel sa flamme qu'alimentaient les prêtres en y répandant la liqueur des dieux ; pendant que l’hvmne évoquait les forces protectrices, conjurait les puissances malfaisantes de l’univers, la femme de l’officiant s’avançait, entourée de ses suivantes, et ornait de fleurs le sanctuaire. Les rayons d’Agni jetant alors sur elle
(1) Poa cynosuroides.
(2) Aide pi aile acide.
leur éclat, la couvrant d’une auréole, elle en recevait le nom de dévi ( div , briller) , du mot dt'-va, qui qualifiait les dieux et les sacrificateurs.
Les livres sacrés chantent le bonheur des époux qui confondent, aux pieds de la Divinité, leurs élans de foi et d’adoration :
«O dieux, dit le Rig-Véda (1), les deux époux qui » s’entendent pour vous présenter sans cesse des » libations et des offrandes, qui viennent ensemble » sur le gazon placer les mets sacrés , et vous pré- » parent un abondant repas, .qui implorent votre » bienveillance, vous honorent par des louantes et » vous prodiguent les présents, ces époux entourés » d’enfants et de jeunes adolescents passent une vie » heureuse et sont couverts de vêtements brillants » d’or. »
Les femmes avaient non -seulement le droit d'offrir le sacrifice en leur nom, elles avaient encore celui de composer l’hymne. Le Rig-Véda en compte quelques-unes parmi ses auteurs. Peut-être les noms de déesses, qui les désignent pour la plupart (2),
(1) Section VI, lecture II, hymne xi.
(2) Les frimius furent l'objet de miracles souvent célébrés par le» hymnes antiques. Par la faveur des Aswins (les deux Crépuscules et aussi les Médecins céleste», les Dioscure» de l'Inde), Ghocà fut guérie de la lèpre et réunie à l’époux qui l'avait repoussée. On lui attribue deux hymnes à scs protecteurs ; mais M. Langlois suppose qu’ici elle personnifie la Prière. Les Aswins manifestèrent également leur pouvoir surnaturel en réparant cher une princesse, Vispalà, les