‹ La femme du vingtième siècleChapitre 12 sur 14 · LES EXERCICES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

LES EXERCICES PHYSIQUES

leurs charmes, l'élégance et la grâce, au profit de la brutalité et de la vulgarité. Vous ne voyiez là que des questions d'attitude, de maintien, de manière d'être; j'y voyais, pour ma part, une question de santé.

Assurément nous ne devons pas transformer nos filles en poupées de porcelaine; nous devons leur donner des muscles, de la force, et les aguérir poiu' leur permettre de remplir plus facilement et plus utilement leur mission dans le monde, et j'ai applaudi quand on a institué, dans les écoles, des leçons de gymnastique et quand les mères ont consenti à mener leurs filles dans les gymnases.

Mais il s'est produit ce qu'on rencontre toujours en pareil cas, l'excès des exercices succédant à leur absence presque complète. Cette réaction était inévitable, elle ne sera évidemment que passagère. Mais je devais vous avertir en vous montrant les conséquences du surmenage physique. Et je ne parle pas ici seulement de nos filles qu'on ménage plus, mais de nos garçons auxquels on impose parfois des efforts excessifs. Ils n'ont en effet qu'un temps limité pour la leçon de gymnastique, ils ne peuvent se livrer à des exercices lents, pondérés, séparés par quelques minutes de repos; on leur demande une série d'efforts rapides et un peu au-dessus de leurs forces. Cette méthode présente des inconvénients. L'enfant est en pleine croissance : ses organes sont en plein fonctionnement et en plein développement, sa charpente osseuse n'est pas terminée, son cœur subit des transformations, son cerveau est exercé et parfois

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trop exercé, ses poumons respirent plus rapidement, sa circulation est plus active; il produit plus de chaleur qu'il n'en produira jamais. Vous lui prescrivez l'exercice qui fortifiera ses muscles, qui allongera ses os. C'est parfait, mais il y a une question de mesure : l'exercice trop rapide, trop violent entraîne une fatigue dont la conséquence peut être le surmenage, et le surmenage peut retentir sur le cœur qui est en voie de formation déflnitive en amenant une hypertrophie ou une dilatation, il peut provoquer une augmentation des combustions intérieures, c'est-à-dire de la chaleur ou de la fièvre sans qu'aucun organe soit atteint; c'est ce que M. Germain Sée a démontré avec une grande autorité; et j'ajoute que le système nerveux reçoit un contrecoup.

Je ne vous apporte pas là, madame, des déclarations en l'air; j'ai été appelé, en plusieurs circonstances, par des familles amies : un enfant revenait d'une leçon de gymnastique avec de la fièvre et du mal de tête, je l'avais soigneusement examiné; il n'avait aucune maladie, et cette fièvre inquiétait d'autant plus vivement la mère qu'on ne pouvait lui assigner aucune origine déterminée. J'avais pu heureusement la rassurer; l'exercice excessif avait entraîné des combustions plus vives que d'ordinaire, c'est-à-dire avait élevé la chaleur intérieure du corps et amené un mouvement de fièvre. Avec un peu de repos et un traitement approprié la fièvre avait rapidement cédé. Je réglai les exercices, et ces accidents ne se reproduisirent plus. Je ne veux pas dire par là

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