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lequel riiomme remplit le mieux sa destinée.
Il distinguait les devoirs communs aux deux sexes et ceux qui sont propres à chacun d'eux. La tendresse, la confiance réciproque, les égards, selon lui, sont la base de la conduite des deux époux. Mais, en véritable chinois, il ajoute : « La femme est redevable à son mari de tout ce qu'elle est ; s'il meurt, il faut qu'elle garde le veuvage et dépende de son fils aîné. »
Il ne veut pas qu'elle se montre au dehors et s'occupe de ce qui s'y passe. « C'est en menant cette vie retirée, dit-il, qu'elle jouira parmi ses descendants de la gloire de s'être conformée à tous les devoirs de son sexe. »
Voilà une gloire à venir qui coûte un peu cher dans le présent.
Son disciple Meng-tseu a également consacré le rôle inférieur et subordonné de l'épouse. Il cite le livre des rites qui porte : « Lorsque la jeune fille se marie, sa mère lui donne ses instructions ; lorsqu'elle se rend à la demeure de son époux, sa mère l'accompagne jusqu'à la porte, et lui dit : Quand tu seras dans la maison de ton mari, tu devras être respectueuse, attentive et circonspecte. Ne t'oppose pas à ses volontés ; faire de l'obéissance et de la soumission sa règle de conduite, est la loi de la femme mariée. »
Le ChUKing porte : « La triste condition que celle d'une femme I son sort est dans
les mains de Tépoux à qui on la donne. A peine est-elle unie à lui par les liens qui devraient faire son bonheur, qu'il faut qu'elle le suive comme une esclave. Cette séparation lui perce le cœur. Elle reçoit les derniers adieux de sa mère sans les entendre, à cause de l'excès de sa peine et personne n'en est touché. »
Le livre des récompenses et des peines^ code moral de la secte du Tao^ rédigé postérieurement à notre ère et commenté par des Bouddhistes, prêche également la subordination des femmes. Un commentateur se plaint que de son temps les maris ne savent pas gouverner leurs maisons, sont menés par leurs femmes, et les laissent commander à leurs domestiques d'une voix bruyante. Or, il n*est rien qui fasse plus de honte à un Chinois que la réputation d'être mené par sa femme ; il vaut mieux avoir celle de la maltraiter. C'est un fait que constate un missionnaire, M. Hue, dans son livre: YEmpire Chinois, rempli de curieux détails sur les mœurs actuelles de la Chine.
Le commentateur ajoute comme correctif qu'une jeune femme qui est loin de son père, de sa mère, de ses frères, n'a, pendant toute sa vie d'autre appui que l'époux qu'on lui a donné : « Comment, dit-il, peut-on avoir le cœur assez dur pour ne pas vivre en bonne intelligence avec elle ? Si elle est laide de figure, songez que votre union avec elle a été déterminée par le ciel depuis
des siècles Si elle n'apporte qu'une faible
dot, songez que le destin n'a pas permis que vous eussiez une femme riche. » De pareils motifs sont peu faits, il faut en convenir, pour inspirer l'amour conjugal.
Un autre commentateur dit que le mari est la providence de sa femme, parce que c'est de lui seul qu'elle tient les choses nécessaires à la vie. S'il a des torts, elle doit lui faire de douces représentations ; s'il est dur et inhumain, elle doit être patiente et résignée. « Lorsqu'une personne naît avec un corps de femme, son malheur, dit-il, est toujours la conséquence des crimes qu'elle a commis dans sa vie passée ; si elle les aggrave en manquant de respect h son mari, elle s'expose à parcourir, après sa mort^ une des carrières malheureuses qui consistent, soit à devenir une bête de somme^ soit h subir les tourments étemels. »
Les bouddhistes, on le voit, ont renchéri sur l^opinion déjà fort défavorable des moralistes chinois sur les femmes, en y ajoutant la sanction de croyances religieuses.