CHAPITRE V
Participation des femmes aux cultes. — Sorciènîs — Religieuses bouddhistes. — Saintes. — Théâtre, actrices» — Personnages féminins dans les drames, comédies et nouvelles.
Avant rintroduction en Chine du Bouddhisme et du Lamaïsme, les femmes assistaient plutôt qu'elles ne participaient aux cérémonies relîg^ieuses, le culte se bornant à des prières, à des sacrifices en l'honneur du Chaingr-ti (seig^neur (lu ciel, être suprême) des esprits et des ancêtres, n'avait pas besoin de ministres particuliers ; l'empereur et ses officiers en étaient les prêtres. Il n'y a jamais eu, en Chine, de corps sacerdotal officiel. L'exclusion des femmes du service religieux s'explique par celle des homme?,. (1)
Nous avons vu des impératrices offrir des sacrifices aux ancêtres et être malvuespar les puritains de leur temps. Au contraire, le christia-
(1) Mémoires des missionnaires ^ t. IX. p. 390.
nisme, tout en excluant les femmes du sacerdoce leur permet une action et une influence directe égale, au moins, h celle des prêtres.
Cependant le Tcheou4i désigne sous le nom de Niu-tcho, des femmes chargées des prières et des sacrifices auxquels Timpératrice seule assistait. C'était ce qu'il appelle les honorables de l'intérieur, dont le rôle, comme celui des pleureuses, était entièrement passif. La plus grande cérémonie ayant lieu à Toccasion des funérailles, les honorables de l'extérieur et de l'intérieur se réunissaient aux pleureuses pour exécuter les lamentations du matin et du soir. (1)
Les honorables de l'intérieur assistaient aussi rimpératrice pour la présentation des terrines et paniers remplis d'objets précieux. Quand rimpératrice les enlevait, elle les leur transmettait, afin qu'elles les transmissent, à leur tour, aux honorables de l'extérieur qui les portaient au dehors.
Quand l'impératrice devait assister à une solennité, les honorables de l'extérieur la suivaient. Lorsqu'on faisait les funérailles d'un ministre ou d'un .préfet, elles étaient chargées de faire des compliments et des visites de condoléance, au nom de l'impératrice. Enfin, quand l'impératrice, au son de la musique, apportait dans la salle les grains destinés aux^sacrificef?, les honorables l'assistaient. Lorsqu'elle n'était
(2) Liv. XXI.
LA FiîMME EN CHINE, 143
pas présente à la cérémonie, elles aidaient le chef des cérémonies relig^îeuses. (1)
Des officiers, sans doute des enniiques, ,attacUés aux femmes du troisième rang (Ghi-fou) classaient par ordre ce que les femmes avaient préparé pour le sacrifice. Dix jours avant ce sacrifice, ils prescrivaieat l'abstinence; trois jours avant, ils ordonnaient le jeûne; puis ils indiquaient les op'ërations que l'impératrice devait exécuter pour présenter et enlever les offrandes. Augrandiservîce funèbre pour l'empereur, ils inspectaient les lamentations exécutées par les femmes titrées de l'extérieur et de Tintérieur. Si quelques-unes de ces femmes ne se montraient pas respectueuses^ ils les réprimandaient ou les punissaient.
Enfin, il y avait des sorcières (iVtwyot*), chargées, selon le Tchéou-Uy des cérémonies conjuratoires et d'arrosages parfumés dans les diverses saisons.
En cas de sécheresse, de chaleur brûlante, elles appelaient la pluie et exécutaient des danses*
Lorsque l'impératrice faîsaitune visite de condoléance, à l'occasion de la mort d'un ministre ou d'un préfet, les sorcières et les femmes honorables marchaient devant elle, avec les officiers des prières. Lorsque l'État éprouvait une
(1) Liv. vir.
grrande calamité» elles chantaient, pleuraient et suppliaient humblement les esprits. (1)
Les sorcières formaient donc une classe à part des autres honorables femmes pour leur mission spéciale d'augures et de ipronostics appliqués aux phénomènes de la nature. Leur rôle était analogue à celui des devineresses qu'on retrouve chez tous les peuples ; leur nombre s'accrut en raison du nombre de superstition^ dont s'infecta peu à peu l'esprit des Chinois. La cour en fut remplie. Des magiciennes servirent les dames du palais et composèrent des philtres destinés à les rendre aimables. Elles avaient aussi de petites idoles dont nos musées possèdent des exemplaires, devant lesquelles elles faisaient des grimaces et des contorsions extravagantes.
Le Bouddhisme et le Lamaïsme, en permettant aux femmes une certaine participation au culte, donna occasion à quelques-unes d'entreelles'de se soustraire à la vie sociale en adoptant la vie religieuse monastique, sous le nom de bonzesses, dont le nombre s'est considérablement accru depuis la domination des Tartares. Il s'est formé dans les provinces méridionales, une secte dite des abstinentes, ayant fait vœu de s'abstenir de tout ce qui a eu vie et de se nourrir uniquement de légumes; faisant des processions à certains pagodes, espérant •
11) Liv. 4, XXV.
pour prix de leur dévotion obtenir une transmigration de leurs âmes dans des corps d'hommes; telle est leur plus grande ambition.
La participation des femmes aux cérémonies religieuses du Bouddhisme a dû contribuer à la propagation de cette secte dans le peuple, et cette participation était expliquée par une tradition indienne introduite en Chine avec le Bouddhisme, suivant laquelle, après que Çakya-Mouni (le jeune Bouddha) eut accompli la loi, sa tante, Âmanda, lui demanda la permission d'embrasser la vie religieuse et d'étudier la doctrine. D'abord il n'y voulut pas consentir, craignant de faire entrer les femmes dans sa loi, et il disait : « Lorsqu'une famille a beaucoup de filles et peu de garçons elle tombe en ruine. » Amanda renouvela ses instances. Enfin, le Bouddha, cédant à ses sollicitations, imposa aux femmes religieuses les huit procédés respectueux : l» Respecter un religieux, même jeune ; 2' respecter les mendiants ; 3* examiner sa conscience en écoutant un religieux ; 4^ recevoir les préceptes d'un mendiant ou d'un sage ; 5® humilier et confesser ses fautes ; 6** écouter pendant 15 jours les instructions des Sangas ; 7* s'interdire le repos pendant trois mois d'été, sans quitter les mendiants ; 8» suivre les mendiants et se confesser de ses fautes.
Huit péchés sont interdits aux femmes reli-
g-ieiises : 1" ôter la vie h un être sensible ; 2» voler, être cupide; 3^ commettre des impuretés; 4« mentir et tromper les autres ; 5» se laisser toucher par un homme ; 6» toucher le vêtement d un homme, se retirer ensemble et s'asseoir dans un lieu écarté, s'appuyer l'un sur l'autre ; ?• ne pas révéler ses péchés à l'assemblée ; 8« ne pas faire la prière en commun et suivre une société particulière.
On peut remarquer ici des rapports entre les règles de la vie ascétique et monacale des Bouddhistes et celles de nos couvents du moyenâge ; ce qui a fait croire à une même origine. Les lois d'abstinence et de mortification établies par les brahmanes, et l'usage de la confession établi par le Bouddhisme, ainsi que beaucoup de pratiques indiennes, ont pu s'introduire dans l'empire romain h Tépoque où des idées d'abstinence et de mortification réagissaient contre les désordres du paganis^ie mourant.
L'anciennereligion des Chinois n'étant qu'une vague croyance en un Dieu suprême (Chang-ti* outien) et dans des Esprits dont on ignore l'origine et les attributs, n'a point admiB la dis^ tinction de divinités mâles et de divinités femelles comme celle des Indiens, des Egyptiens et des Grecs ; mais on y vénère la mémoire des saintes femmes comme celle des saints hommes qui ont rendu de grands services.
Le 28 mai, dix-septième jour dé la quatrième lune, on célèbre la naissance de Kin-hoa-foujin, sainte que les femmes invoquent avec beaucoup de foi et de piété, quand leurs enfants sont atteints de la petite vérole.
Le 31 mai, vingi;ième jour de la quatrième lune, est un jour consacré à la patronne des aveugles, Yen-Kouang"-chin-mou, la sainte mère aux yeux brillants et pleins de feu et qu'on implore pour la guérison des maladies des yeux qui sont très communes en Chine.
Le rôle des femmes chinoises, dans k littérature et dans les arts, n'est pas plus important que leur rôle dans la religion. Leur instruction, presque nulle ne leur a pas permis de devenir savantes, et celles qui ont pu l'être n'ont dû leur savoir qu'à des études presque clandestines. On cite la seule Pan-hoéï-pan comme lettrée hors ligne, et qui fut honorée par les Chinois, surtout à cause des conseils d« résignation, de docilité à toute épreuve, qu'elle donne aux femmes. Nous y reviendrons*
On cite aussi deux courtisanes, actrices et auteurs dramatiques à la fois ; l'une Tchang-kouepin, qui composa trois drames intitulés : la Tu-^ nique confrontée [Siê^jin-hoûéi) et les Aventures de Lo'li'long ; l'autre Tchao-Ming-king, qui a écrit trois comédies dont nous n*avons pas les titres*
D'autres lettrées ont sans doute brillé dans leur temps, mais Thistoire a gardé sur elles un silence discret. Quant à la musique, elle a été et est encore cultivée par les filles et les femmes riches dans leur intérieur ; mais, comme profession, elle a toujours été abandonnée aux courtisanes.
Une peinture cliînoise représente l'empereur Yong-ti {V siècle de notre ère), se promenant dansses jardins, suivi d'une troupe de femmes à cheval jouant de divers instruments entre lesquels on remarque des espèces de clarinette, des guitares, des harpes et des tambourins. (1)
Le Tcheou-li ne mentionne pas les concubines musiciennes ; peut-être ne sont-elles point d'institution fort ancienne.
Le plus grand reproche qu'on ait fait à l'empereur Hiouang-soung qui régnait dans le VHP siècle de notre ère, ce fut d'aimer trop passionnément la musique. Cette passion, il est vrai, le détourna un peu de son gouvernement. Il établit dans son palais une académie de musique dont il se fit le chef ; il y donnait des leçons à plus de cent jeunes filles, choisies pour être actrices et chanteuses dans le gynécée impérial.
Malgré leur goût et leur aptitude pour le théâtre, les Chinois n'ont jamais eu de grands
(1) G. Pauthier, la Chine , planche 58,
acteurs, à cause de la réprobation attachée à cette profession, et surtout parce que les femmes ne furent plus admises à jouer sur les grands théâtres depuis que Tempereur Kien-long- en reçut une au nombre de ses femmes inférieures. (1) Des jeunes garçons remplissent les rôles de femmes, ce qui est peu favorable aux progrès de l'art dramatique, et quant aux danseuses et aux comédiennes faisant partie des troupes d'acteurs cosmopolites, ce sont des filles qu'on a enlevées ou achetées et dont l'état d'abjection n'est point fait pour développer le talent.
La loi défend aux officiers civils et militaires, et aux fils des gens revêtus de dignités héréditaires de fréquenter les actrices, sous peine de 60 coups de bambou. Si des filles sont achetées dès l'enfance pour ce métier, c'est en violation de la loi, qui porte : « Les comédiens ambulants qui achètent des enfants pour en faire des acteurs ou des actrices, pour les adopter ou les épouser, seront punis de 100 coups.
Les femmes nées de père et mère libres qui épousent volontairement des comédiens, subissent la même peine ; les complices sont punis d'un degré moindre, l'argent négocié dans ces affaires estcTonfisqué, et les filles ou les femmes sont renvoyées dans leurs familles. (2)
(1) Journal asiatique, avril-mai 1831.
(2) Théâtre Chinois, par Bazin, introduction, p. 44.
Le gouvernement des Tartares-Mongols avait introduit des actrices qu'on appelait Tchangyeou (comédiennes) et vulgairement nao-nao (guenon) nom qui répondait au mépris qu'elles inspiraient. Les actrices, sous la dynastie des Youen, étaient mises sur le même rang que les courtisanes, comme le constate une ordonnance de Tempereur Tchoung-tong (en 1263). Cette situation n'a pas changé, bien que le goût général des Chinois pour les représentations dramatiques n*ait fait que s'alimenter et s'accroître par les comédies et les drames dont s'est enrichie leur littérature.
Mais s'il est honteux pour les femmes de jouer des pièces de théâtre, leur sexe y remplit plusieurs rôles assez dignes et. assez importants. Il semble que les auteurs dramatiques aient voulu relever sur la scène leur condition et leur caractère, si méconnus dans la société. L'esprit, l'adresse, la chasteté, sont les aspects favorables sous lesquels on les fait iritervenir fréquemment. L'examen des pièces où elles figurent avec le plus d'avantages, va bous en donner plus d'une preuve.
Dans un drame intitulé la Transfiguration de Yo-cheou^ l'orateur, Yô-pe-chouen, représente dansYô-cheou le type d'un homme jaloux envisageant sa mort prochaine avec effroi, parce qu'il craint que sa femme, Ki-chi, n'épouse un
autre homme. Elle a beau vouloir le rassurer en lui promettant une inébranlable fidélité, il lui répond : « Il est des temps où Ton doit sacrifier au;x ancêtres, est-ce que vous ne sortirez pas de l'ouvroir ce jour-là? Et si vous sortez, vos regard, le tomberont-ils pas sur des hommes ? Fô-tong" (leur fils) se mariera un jour ; après les noces, il y aura un repas auquel assisteront les parents et les amis de votre bru : qui les recevra si ce n'est vous ? — J'ai des amis intimes ; quand ils entendront dire que Yô est mort, ils
viendront Ahlma femme, vous recevrez
mes amis ! »
Litchi : « Vraiment vous prenez les choses trop à cœur. »
Yo'Cheou : « Ah! c'est mon convoi que j'appréhende! il aura lieu cependant Est-ce que
vous n'accompagnerez pas mon corps jusqu'aux sépultures ? Il faudra bien que vous suiviez le char funèbre : t^us les jeunes gens de la ville diront alors : Yô avait une femme d'une beauté accomplie ; elle s'est toujours dérobée aux regards du public, allons à son convoi, nous la verrons. Ah ! ma femme lorsqu'ils vous verront, ne seront-ils pas frappés de l'élégance de votre taille, et de vos charmes séduisants? Il'me semble que je les entends: oh ! qu'elle est belle! je veux qu'elle devienne ma femme. » Il s'évanouit, puis revenant à lui, il s'écrie : « Je sens que mon dernier moment approche, ma femme, quand je serai
mort, n'oubliez pas de rester dans rouvroir(l) ».
La Soubrette accomplie est une comédie fort curieuse comme expression du sentiment d'amour si rarement exprimé chez les auteurs chinois. M. Bazin en a donné une traduct'^u française en 1835.
Han, la veuve du prince Peï-tou, consacrait tous ses soins à élever une fille unique, Siaoman; elle avait mis auprès d'elle une jeune fille, Fan-sou, douée d'un enjouement et d'une finesse d'esprit remarquables. Peï-tou, à son lit de mort, avait recommandé à sa femme de donner sa fille h Pé-ming-tchong", fils d'un général qui lui avait sauvé la vie. Ce jeune homme vient au bout de trois ans réclamer la jeune fille promise. Han le présenta aux deux jeunes filles et leur enjoignit de le saluer comme un frère, puis elle lui donna pour habitation un pavillon situé au milieu du jardin. Siao-Man et Péming-tclionh ne tardent pas à s'éprendre d'amour et une soubrette sert d'intermédiaire à leurs intrigues.
Le jeune bachelier tombe malade d'amour ; Fan-sou est envoyée près de lui, et elle se met à lui citer des textes d'auteurs classiques qui recommandent à l'étudiant de mépriser l'amour et de ne s'occuper que d'études. « Une folle pas-
(1) Tcheoit'U, sect. 375.
8ion, lui (lit-elle, est digne de mépris. En songeant au mariage vous avez renoncé aux nobles études qui faisaient le bonheur de Yen-hoeï (disciple de Koung-tseu). Lejeune homme, pour toute réponse, la prie de servir son amour. « Si vous réalisez ce mariage, lui dit-il, je veux prendre le corps d*un chien ou d'un cheval pour vous servir dans une autre vie. » Il professe ici la doctrine bouddhiste qui apparaît souvent dans les pièces chinoises ; le système des transmigrations prêtait singulièrement aux scènes de surprises, de reconnaissances, en un mot aux coups de théâtre.
A cette proposition, la servante qui, de son coté, est pénétrée de la doctrine de Koung-tseu, répète cette maxime du philosophe : « Je n'ai pas encore rencontré un homme qui aimât la vertu comme la volupté. »
Elle se charge pourtant de porter des lettres de l'un à Tautre amant tout en disant : « Les belles femmes de l'empire, perdent les sages. »
Enfin, elle leur ménage un rendez-vous ; mais la mère ayant surpris les amoureux, s'exhale en reproches contre la soubrette. Celle-ci, sans se déconcerter, récrimine et s'élève contre la négligence de sa maîtresse qui gouverne mal sa maison. Elle lui prouve qu'elle a violé les rites en y admettant un jeune homme. Peming-tchonug part, et va se présenter au concours littéraire où il réussit et est nommé aca-
154 LA FEMHB KK CHUIE.
démicien. L'empereur qui connsdt la promesse de Peî-tou, envoie un ordre à la mère et l'union des deux amants s'accomplit (1)
Bien que le châtiment du crime soit toujours le dénouement d'une pièce, les auteurs mettent beaucoup d'intervalle entre l'un et l'autre, et c'est souvent le fils de la victime qui, parvenu au faîte des honneurs, accomplît cette réparation. Ainsi, dans le drame intitulé Ho-îang tou^ une courtisane s'empare tellement de l'esprit d'un homme, qu'elle parvient à s'en faire épouser, malgré la résistance de la femme légitime qui en meurt de chagrin. Cette courtisane ayant conservé des intrigues avec un autre homme, vole son mari, brdle sa maison et s'enfuit avec son complice. Les deux coupables vivent tranquillement pendant un certain nombre d'années, jusqu'à ce que le fils de la victime soit monté en grade et ait obtenu la dignité de juge; alors, il fait rechercher, condamner et exécuter les coupables.
Parmi les drames qu'on appelle judiciaires, il faut citer Y Histoire de la pantoufle laissée en gage. Une jeune fille de 18 ans, tient une boutique de parfumerie; un jeune homme, Kouo-hoa, en devient amoureux. La jeune fille partage son amour & Tinsu de sa mère, lui écrit et lui pro-
(i) Voir le Journal des Savants, octobre 1840. article de M. kagaiii.
pose un rendez-vous dans un temple. Le jeune homme arrive le premier, et en attendant sa maîtresse, se meta boire du vin chaud jusqu'à s'enivrer, puis s* endort. La jeune fille arrive avec sa servante, complice de Vintrigue, et après avoir attendu vainement qu'il s'éveille, quitte la chapelle en déposant sur Kouo-hoa une pantoufle brodée par elle et enveloppée dans un mouchoir. Kouo-hoa se réveille, reconnaît qu'il a manqué l'heure du rendez- vous et de désespoir veut se donner la mort en avalant le mouchoir. Il tombe étouffé.
Son domestiqué envoyé pour savoir de ses nouvelles, le trouve étendu comme mort; il accuse le religieux, gardien de la pagode, d'avoir commis le meurtre, et court porter plainte. La jeune fille amenée devant le tribunal est interrogée ; on la conduit à la pagode près du corps de l'étudiant. Apercevant un coin de son mouchoir dans la bouche de celui-ci, elle le tire et Kouo-hoa revient à la vie. Tous deux retournent au tribunal, et le juge, après avoir adressé une mercuriale à la jeune fille, ordonne de les marier. (1)
Dans un drame célèbre intitulé Si-Siang-kî\ un jeune bachelier Tchang-kong, entre dans le temple dit des secours universels ; parmi les personnes qui se montrent dans la pagode se trouve
(1) Journal asiatique ^ 1851.
Tcliin-chi, veuve d'un ministre de l'Etat, accompagnée de sa fille Yng-yng", et d'une suivante nommée Hong-niang. On y apportait le cercueil qui contenait les restes de son époux.
Yngf-yng, tenant un bouquet à la main, se promenait avec sa suivante. « Ses sourcils, dit le poète, s'arrondissaient noblement comme l'arc de la nouvelle lune et s'étendaient avec grâce jusque sous les nuages parfumés (les cheveux) qui ombrageaient ses tempes. En apercevant Tchang-kong, ses joues se colorent de rougeur; elle entr'ouvre ses lèvres qui ont Tincarnat de la cerise, et laisse apercevoir des dents blanches comme le riz, brillantes comme la rosée. »
Tchang-kong et Yng-yng deviennent amoureux l'un de l'autre et s'écrivent des lettres de tendresse, par l'entremise de la suivante.
Pendant un sacrifice, elle est aperçue par un chef de brigands, qui conçoit le projet de l'enlever à l'aide de ses hommes. La mère apprenant ce projet déclare que celui qui la sauvera de ce danger l'obtiendra en mariage. Tchangkong envoie avertir le commandant du département où se trouve la pagode ; celui-ci arrive, met les brigands en fuite, et le bachelier obtient la jeune fille. »
Le Pi-pa^ki ou l'histoire du Luth a été composé à la fin du XIV® siècle de notre ère par Kaotong-kia ; ce drame célèbre est considéré en Chine comme l'ouvrage le plus utile aux mœurs,
LA FEMMB EN CHIKfi. 157
et comme le chef-d'œuvre du théâtre chinois.
Le personnel des femmes y est principalement remarquable.
En voici le sujet :
Il existait dans un villag-e nommé Tchinlieou, une riche et honnête famille composée de Tsaï, de sa femme, de leur fils Tsaï-yong et de leur bru Tdhao-ou-niang. Tsaï veut que son fils aille dans la capitale afin de concourir pour un grade supérieur ; mais le jeune bachelier hésite à laisser ses parents et sa jeune femme exposés aux accidents qui peuvent leur arriver pendant son absence. Sa mère, de son côté, ne veut pas qu'il emmène sa femme : depuis deux mois, dit-elle, qu'elle est mariée, elle a maigri de moitié. S'il faut qu'elle habite avec toi pendant trois mois, elle ne sera plus bonne qu'à mettre en terre. »
Elle dit à son mari qui insiste pour que son fils aille concourir : « Stupide vieillard, vos yeux sont obscurcis par l'âge, vos oreilles deviennent sourdes, vous ne pouvez plus ni faire un pas, ni remuer vos jambes ; quand vous aurez forcé votre fils à partir, s'il survient une inondation, qui viendra à notre secours ? Vous mourrez de faim si vous manquez de riz ; de froid, si vous n'avez plus de vêtements. »
Tsaï lui répond que lorsque son fils aura obtenu un mandarinat, ils pourront mener un grand train et changer d'habitation. Le jeune homme
veut répliquer, mais Tsaï l'arrête et lui dit: « Je devine ta pensée, je sais ce qui te retient ici: les charmes de Tchao-ou-niang ont fait une vive impression sur toi... Tu ne rêves plus qu'à l'amour et aux douces voluptés de la couche nuptiale. » Enfin, il invoque la piété filiale, et cela seul, en effet, décide le jeune homme à partir. La mère au désespoir, s'écrie : En un instant on m'enlève la perle que j'avais dans la main. Va, mon fils, si durant ton absence, ton père et ta mère meurent de faim ou de firoid, quand même tu reviendrais avec des habits brodés dans ton pays natal, ta gloire n'en sera pas moins souillée. »
Le jeune bachelier part, et des années s'écoulent sans qu'il revienne. La famine arrive, les deux vieillards sont réduits à la dernière misère, leur bru, la vertueuse Tchao-ou-niang» vend tout ce qu'elle possède pour les nourrir, et cependant ils meurent.
Pendant ce temps, Tsaï-yong a obtenu la palme académique, est devenu magistrat, puis ministre. Enfin, sur l'ordre de l'empereur, il a épousé la fille du précepteur de la famille impériale, Niéou-chi, et complètement oublié et ses parents et sa femme. Cependant le remords s'empare un peu tardivement de lui : le souvenir de sa famille lui revient dans l'esprit, il maudit alorâ ses succès, sa grandeur et les charmes de sa "nouvelle épouse dont il repousse les caresses.
Un soir, seul et pensif dans sa bibliothèque, il essaye de tirer quelques accords de son luth ; sa femme le surprend et lui demande de lui chanter une romance pour charmer sa tristesse. Il en chante plusieurs qui renferment des allusions à sa position singulière, et finit par lui avouer tout. La jeune femme, loin de slrriter, consent à ce qu'il fasse venir sa première femme, et à tenir elle-même le deuxième rang visà-vis d'elle.
De son côté, Tchao-ou-niang, après avoir vu mourir son beau-père et sa belle-mère, avait songé à leur rendre les derniers devoirs. Elle avait coupé et vendu sa chevelure pour subvenir aux frais, et ramassé avec ses mains de la terre dans le pan de sa tunique pour leur élever un tombeau.
Avertie par un songe, elle endossa un habit blanc de religieuse, prit un luth et s'achemina vers la capitale en chantant et en demandant l'aumône sur la route. Ayant découvert l'hôtel de Tsaï-yong et sachant que Niéou-chi cherchait à louer deux servantes, elle se présenta à elle. De question en question, de confidence en confidence ces deux femmes se comprennent et se reconnaissent. Voici une partie de cette scène de reconnaissance digne d'être rapportée.
Niéou-chi : — Si vous restez avec nous, vous ne pouvez pas garder votre costume.
TchaC'Ou^niang :— Je n'oserai jamais le quitter.
Niéou-^hi : — Et la raison ?
STcAao-ou-nî'an^ : Parce que je dois porter le deuil pendant 12 ans. '
Ni. — Pendant 12 ans y pensez vous? Mais le plus long" deuil, le deuil d*un père ne dure que 3 années : pourquoi voulez-vous porter le deuil pendant 12 ans ?
Tch. — Mon beau-père est mort, il faut que je porte son deuil pendant 3 ans. Ma belle-mère est morte, il faut que je porte le deuil pendant 3 ans, voilà déjà 6 années, puis, comme mon époux n'est pas revenu dans son pays natal, et vraisemblablement ne sait pas que son père et sa mère ont cessé de vivre, il faut que je porte le deuil pendant 6 ans pour lui.
Ni, — Ah ! ma sœur, que votre piété filiale est exemplaire ! Quoi qu'il en soit, mon père a la plus grande aversion pour les femmes qui portent votre costume, il faut changer d'habit. {Au domestique :) faites apporter ici des robes et une toilette de femme., {^a Toilette est apportée). Ma sœur approchez-vous du miroir. Voilà un peigne, vous trouverez ici de quoi vous teindre les lèvres et les joues.
Tch, — Depuis que mon époux est parti pour la capitale je n'ai point vu ma figure. (Elle se regarde). Ciel ! quelle pâleur ! comme mes traits ont changé!...
Ni, — Ma sœur, si vous n'arrangez pas vos cheveux, changez au moins de vêtements.
Tch, — (Regardant les robes). — Je me souviens qu*à répoque de mon mariag'e, j'avais aussi des robes et des étoffes de soie, des fleurs d'or, des plumes d'alujon. Devais-je m*attendre qu'après le départ de mon époux, il ne me resterait pas une tunique de toile, pas une petite aiguille de tête en bois d'ébène pour attacher mes cheveux.
Ni. —Ah! ma sœur vous rejetez ces robes, vous porterez une aiguille de tête, n'est-ce pas ?
Tch, — Cette aiguille d'or, surmontée de deux têtes de phœnix, si je la porte, ne serai-je pas accablée de honte, moi qui suis séparée de mon époux ?
Ni. — A défaut d'aiguille de tête, vous pourriez orner vos cheveux de quelques fleurs. Tenez, faites un bouquet, choisissez, séparez les fleurs de bon augure d'avec celles qui sont de
mauvais présage Vous avez perdu votre
beau-père et votre belle-mère, et vous pleurez. Ah ! ma sœur, mon beau-père et ma belle-mère existent encore et, jusqu'à présent, je n'ai pu leur offrir une tasse de thé. Comparez votre sort au mien. Vous avez rempli votre tâche, vous, et vous ne craignez pas comme moi, la censure, la calomnie et les sarcasmes. Mais, dites-moi, quel événement fatal a précipité dans la tombe les parents de votre époux ?
Tch. — La famine a ravagé notre pays, mon
époux ne revenait point de la ville et, privée de secours, j*ai mangé dans le secret de la maison, des écorces d*arbre et de la balle de riz ; après la mort de mon beau-père et de ma belle-mère, j*ai vendu ma chevelure pour acheter leurs cercueils. Seule, au milieu des sépultures, j'ai ramassé de la terre dans le pan de ma tunique de chanvre et je leur ai élevé un tombeau.
Ni. — Voilà uue religieuse qui se vante de vertus qu'elle n'a pas.
Tch. — Voyez mes doigts meurtris ; des taches de sang teignent encore mes vêtements.
(Nieou-chi verse des larmes.) Ah! pourquoi pleurez-vous ?
Ni. — C'est qu'il y a longtemps aussi que mon époux a quitté son père et sa mère.
Tch. — Et qui donc l'a empêché de retourner dans son pays ?
Ni. — C'est mon père qui l'a retenu : car il voulait renoncer à la magistrature.
Tch. — A-t-il une autre femme dans la maison paternelle ?
Ni. — Il a une autre femme; mais je crains qu'elle ne vous ressemble pas... Aura-t-elle servi, comme vous, son beau-père Gt sa belle-mère avec autant de constance et de fidélité ?
Tch. —Où sont maintenant les parents de votre époux? *
Ni. — Ils habitent les confins du ciel.
Tch. — Pourquoi n'a-t-il pas chargé un exprès de les mander à la ville ?
Ni. — Le messager est parti ; je présume qu'ils sont maintenant sur les routes qui conduisent à Tchaug-ugon. Je crains des malheurs.
Tch. (à part). —A peine ai -je entendu ces paroles qu'un trouble subit vient agiter mon esprit. Je veux la mettre à l'épreuve. (Haut.) Mais s'il a une autre femme qui accompagne son beau-père et sa belle-mère, n'est-il pas à craindre que vous ne viviez pas toutes les deux en bonne intelligence ?
Ni. — Ah ! ma sœur, si elle vous ressemblait, mon plus vif désir serait qu'elle habitât avec moi, j'aurais pour elle des égards et de la déférence ; tous les matins je balayerais sa chambre humblement. Ce qui m'afflige aujourd'hui, c'est de savoir que les parents de mon époux voyagent péifiblement sur les routes. Je les cherche des yeux ; je crains de perdre la vue à force de regarder dan's le lointain.
Tch {h. part).— Son esprit est le jouet de l'illusion et de l'erreur, on dirait qu'elle assiste à une représentation, et qu'elle voit entrer sur la scène des personnages de théâtre. C'est en vain qu'elle interrogerait les sorts. (Haut.) Cette femme dont vous parlez, voulez-vous la connaître ?
Ni. — Où est-elle ?
Tch. — Devant vos yeux. Je vous jure queje suis répouse de Tsaï-yong.
Ni. — Vous répouse légitime de Tsaï-yong !
ne me trompez-vous pas ?
Tch. — Comment oserais-je vous tromper?
Ni. — Oh ! c'est à cause de moi que vous avez subi tant d'humiliations, éprouvé tant de douleurs.. Vous avez beau faire, vous forcerez, malgré vous, le Tsaï-yong à me haïr ; il me contraindra, lui, à murmurer contre mon père !
Tch, — Asseyez-vous, je vous prie, pour recevoir les salutations de votre servante.
Ni (après avoir reçu ces salutations!. — Que votre sort a été différent du mien ; pendant que je vivais dans le calme au sein de ma famille, tous les maux de la vie vous assiégeaient à la fois ; mais aussi vous allez être couverte de gloire, on vantera dans le monde votre piété pour vos parents, vos vertus, tandis que mon nom sera livré au mépris et aux sarcasmes du public.
Tch. — Rassurez-vous, vous n'avez pas mérité d*opprobe.
Ni. — Si votre beau-père est mort, c'est par ma faute.... changeons de costume; prenez ma robe, ma ceinture, mes ornements de tète; moi je veux endosser ces vêtements de deuil.
TcK — Mes malheurs viennent de plus loin.
Pourquoi n'a-t-il pas renoncé à la magistrature?
Ni. — Il a voulu et il n'a pu renoncer à la magistrature ; il a voulu et il n'a pu renoncer à une nouvelle alliance que l'empereur luimême avait ordonnée.
Tch. — Ainsi on viole aujourd'hui une promesse, demain une deuxième, après-demain une troisième, puis le ciel fait descendre sur la famille du transgresseur de grandes calamités.
Ni. — Je vous ai invitée, tout à l'heure à changer de costume, vous avez refusé, n'en parlons plus ; toutefois, je crains bien que vêtue comme vous l'ête^, d'une grosse étoffe de chanvre, avec une corde pour ceinture, votre époux ne vous reconnaisse pas... Allez lui écrire une lettre, sur son bureau, pour l'informer des tristes événements qui vous amènent dans la capitale. Nous aurons ensuite un entretien avec lui vous vous expliquerez et les choses s'arrangeront à merveille.
Tch. — "Vous avez raison. Quand je devrais en écrivant, négliger les bienséances, il faut que je vous obéisse.
On devine sans peine le dénouement, mais on voit combien le caractère magnanime et dévoué de la femme ressort à côté de l'égoïsme froid et inconstant de l'homme calme. Cette scène renferme aussi des détails de mœurs qui méritaient d'être cités.
Les nouvelles chinoises ne sont pas, à beaucoup près, aussi intéressantes pour notre sujet, les femmes y jouant un rôle plus secondaire. (1)
Dans la nouvelle traduite par M. Davis, et intitulée les Deux Jumelles^ un mari et une femme, en mauvaise intelligence, ne peuvent s'accorder sur le mariage de leurs deux filles :
« belles, douces, semblables à deux fleurs brillantes de rosée, ou aux herbes odorantes agitées par la brise. » Chacun d'eux fait choix de deux gendres ; et les présents sont apportés dans la maison. Le père chasse les porteurs envoyés par la famille qu'a choisie sa femme : celle-ci rejette les présents envoyés par l'autre famille à son mari. Le débat est porté devant un magistrat qui, en bonne justice, veut consulter les jeunes filles. Il les fait venir et mettre à genoux, au pied de son tribunal, et les engage, pour faire connaître ceux qui ont leur préférence, à regarder les quatre gendres proposés ; mais comme ils sont tous laids, elles gardent le silence. Le magistrat renvoie les prétendants et s'avise de mettre les deux jeunes filles au concours. Il annonce que les deux lettrés qui feront la meilleure composition sur un sujet donné obtiendront leurs mains. Un seul traita convenable^ ment le sujet, mais il avait fait vœu de ne pas se marier, parce qu*il avait été la cause inno-
(1) Voir le pi'^O'li^'ivd^àmi par Bazii, p. 241-246.
cente de la mort de six femmes qu'il avait successivement épousées. Le magistrat résout la difficulté en lui disant qu'il ne pourra pas porter malheur à une femme, puisqu'il en aura deux, le lettré ne peut résister à cet argument invincible et épouse les deux jumelles. (1)
Dans la nouvelle intitulée King^lo-Tou traduite par Stanislas Julien, se montre un beau caractère de femme. — L'ex-gouverneur Ni, aperçut un jour dans une de ses tournées sur ses domaines, une jeune fille suivie d'une vieille dame. Quoique les vêtements de Mei-Chi fussent d'une grande simplicité, ils ne faisaient aucun tort à sa beauté et à son air très distingué.
Le gouverneur bien qu'âgé de soixante et dix-neuf ans, était encore vert et robuste. L'aspect de cette jeune fille fit tant d'impression sur lui, qu'il en devint follement épris, et résolut de la prendre pour femme seconde. Sa résolution fut mise immédiatement à exécution. 11 avait d'une première femme légitimé un fils nommé Ni- Chen-Ki, marié lui-même et d'un naturel ingrat et avare. Ni-Cben-Ki ne vit pas sans un violent dépit le second mariage de son père et son dépit s'accrut bien davantage lorsque la jeune femme eut donné un fils à son vieux mari. 11 l'exhalait quelquefois en propos offensants.
(1) Âhel Rémusat, Mélanges asiatiqueât t. II, p. 389*
Quoique le gouvernenr en fût vivemeut affligé, il sut se contenir.
Sa jeune femme était douée du caractère le plus doux et le plus affable, pleine de déférence et de soumission pour ses supérieurs, elle traitait avec bienveillance les personnes placées sous ses ordres et rendait tout le monde heureux.
Un jour que le gouverneur rentrait chez lui furieux contre son fils aîné, dont la conduite devenait de jour en jour plus mauvaise à son égard et envers sa belle -mère et son jeune frère, il heurta du pied contre le seuil de la porte et tomba à la renverse. Mei-Chi accourut le relever et le plaça sur un divan ; puis alla chercher un habile médecin qui annonça la mort prochaine du malade.
Sentant son état, le gouverneur dit à sa jeune femme: a Quand je ne serai phis, choisissez-vous un mari selon votre cœur, avec lequel vous puissiez finir heureusement le reste de vos jours. »
— t Quelles paroles se sont échappées de votre bouche, s'écria Mei-Chi, votre servante appartient à une famille de lettrés : elle repoussera jusqu'à la fin de sa vie la pensée de former de nouveaux liens ; d'ailleurs, n*ai-je pas un fils à qui je me dois tout entière? Comment aurais-je le cœur assez dur pour me séparer de lui ? »
Elle jura devant lui, par un serment solennel, d'accomplir la résolution qu'elle venait d'exprimer et tint ce serment.