‹ La femme en ChineChapitre 9 sur 13 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Femmes esclaves. — Différentes origines. — Relations illégitimes. — Solidarités criminelles. — Bannissement. — Sentences et proverbes sur les femmes. Conclusion.

M. Ed. Biot pense que la distinction légale de rhomme libre, du serviteur gagé et de Tesclave en Chine, a pu être imitée des Indiens, quoique le bouddhisme n'admette pas la division des castes. (1)

Le Tcheou'-H mentionne plusieurs fois des femmes esclaves, mais il ne semble reconnaître pour telles que les femmes condamnées à une servitude perpétuelle, par suite d'un grave délit.

En 204 de notre ère, le fondateur delà dynastie des How permit la vente des enfants, à cause de la grande misère qui régnait alors. Cet

(1) Journal asiatique^ mars 1857.

usage s'étant maintenu, a augmenté considérablement le nombre des femmes esclaves.

Une autre cause de l'esclavage des femmes est l'odieuse réversibilité du châtiment du père sur ses enfants. Le Ta-tsing-leu^ee porte que les femmes et les filles des individus coupables du crime de haute trahison seront réparties comme 'esclaves entre les grands officiers de l'Etat, à l'exception de celles qui auraient été mariées dans d'autres familles, avant la perpétration du crime, et de celles qui, ayant été fiancées à ces criminels, n*auraient pas encore cohabité avec eux. (1)

Les adresses envoyées à l'empereur en faveur des grands officiers de TEtat, étant considérées comme des actes de conspiration entraînant la peine de mort, les femmes et les enfants des coupables sont également réduits à l'esclavage.. (2)

L'esprit ombrageux du gouvernement chinois, dont les empereurs tartares ont hérité, a fait imaginer ces lois cruelles et arbitraires, afin de retenir par la terreur ceux qui tenteraient de renverser une dynastie régnante; mais l'histoire de là Chine prouve que le moyen n'a pas toujours réussi.

A répoque de la rédaction du Tcheou-^li, l'es-

(1) Section 256.

(2) Deuxième div,, Secti 60.

clavage et les travaux forcés étaient les peines les plus ordinaires infligées aux femmes coupables. Il y avait un préposé aux malfaiteurs, qui surveillait les esclaves. Les femmes esclaves entrèrent dans le service des batteurs de pilon et dos gens employés au travail des bois secs. (1)

Dans le service du cuiseur de grains se trou valent deux eunuques, huit femmes poup cuire, et quarante femmes condamnées à des travaux forcés.

Dans le service du battage pour décortiquer le riz offert en sacrifice, il y avait deux eunuques, deux femmes pour battre et vider le mortier et cinq femmes condamnées. (2)

Ces femmes étaient-elles des esclaves? on doit le supposer pour le plus grand nombre d'entr'elles ; le moindre délit entraînant la peine de l'esclavage. La loi chinoise garantit au maître la possession de la femme qu'on lui a vendue. La femme esclave qui abandonne la maison de son maître et se marie, est condamnée à quatre-vingts coups et rendue dans un état assez pitoyable à son possesseur ; celui qui lui donne une retraite est puni du même châtiment qu'elle a encouru, excepté dans le cas où celle-ci serait condamnée à mort. Aucune peine

(1) Livre XXXVI, S. 48.

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