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LA FEMME ET LA DÉCLARATION DE GUERRE

géra. ïl faut bien que chacun prenne sa part. A la guerre comme à la guerreîAvec un peu de bonne volonté, on arrive. Ne doit-elle pas, au surplus, se montrer digne de celui qui est parti là-bas, si allègrement? D'ailleurs, si c'est une bourgeoise, elle est, grâce à sa situation, à l'abri du besoin. Sans être riche, riche, on possède toujours quelques réserves. Si c'est une ouvrière, eh bien ! il y a l'allocation qui lui permettra de supporter plus facilement la gène causée par l'absence de son mari.

Donc, bannissons toute inquiétude. Le petit monde qu'on laisse derrière soi ne mourra pas de faim. On lui donnera des nouvelles pour le maintenir en confiance. Il se débrouillera, en attendant le retour du patron. Quant à nous, allons où le devoir nous appelle ; allons-y gaiement, en bons français que nous sommes I

Chacun, selon sa condition, subit le choc. Si le bourgeois s'est arraché avec peine aux

agréments d'une vie facile, brillante même, l'ouvrier a quitté bien peu de chose, un métier pénible, choisi par nécessité non par goût, qui le fatigue et n'ouvre à ses yeux aucune perspective d'avenir. Jamais de trêve, les quelques moments de loisir empoisonnés par l'inquiétude. Si encore on était bien payé, il n'y aurait rien à dire. On n'est pas des rentiers, on n'a pas la prétention de rester à se tourner les pouces. Mais on gagne juste assez pour vivre, pour ne pas mourir de faim. Alors, il est naturel qu'on n'ait pas beaucoup de cœur ta l'ouvrage et qu'on l'abandonne volontiers.

A la place de ce labeur maussade, obscur, sans joie, on va vers une besogne pleine d'inconnu, rude certes, mais noble, une bes^ogne consacrée au plus pur idéal : la défense de la patrie, et qui le rapprochera, lui, l'humble artisan, des chefs, de ces gens qu'on aperçoit de loin, qu'on ne connaît pas, qu'on n'ose aborder. Du jour au lendemain on va

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