‹ La femme et la guerreChapitre 14 sur 20 · LA. FEMMR ET LA DECLARATION DE GHERRE · texte numérisé non relu

LA. FEMMR ET LA DECLARATION DE GHERRE

devenir dos camarades, on sera tous égaux devant le danger, devant la mort, — tous égaux !

En somme, pour l'ouvrier rivé à sa machine^ assoupli à sa lâche automatiquement accomplie, et qui ne sait rien en dehors de son métier et ne voit rien en dehors de son horizon borné, c'est presque une récréation, une façon de s'élargir l'esprit et les poumons.... Et il y a la gloire aussi, la conscience du rôle qu'on va jouer devant l'univers frémissant qui regarde, devant soimême, devant la France. Car dès les premiers jours, on a senti que la lutte serait terrible et longue, qu'elle exigerait par son caraclère scientifique l'emploi des qualités les plus diverses, les plus opposées à la fougue du tempérament français; on en a comparé les héros aux plus grands dont l'antiquité ait perpétué le souvenir, et l'Europe attentive sait de quel côté, dans ce conflit sans précédent, se trouve le droit; et plus

tard, quand on écrira ces choses, les plus sceptiques devront bien rendre justice à la France, soldat de la liberté.

L'homme est donc parti, plein d'entrain rejoindre son poste. La femme rentre seule à la maison, après avoir échangé avec lui la suprême étreinte.

Comment réagira-t-ello en face de la situation inattendue ?

Pour mieux nous rendre compte du désastre causé par cet événement dans la classe bourgeoise, nous en étudierons d'abord les effets dans la classe ouvrière. Nous constaterons qu'ils sont ici beaucoup moins graves, presque nuls, et cela grâce à un élément qu'elle possède en propre et qui est la base même de sa constitution — le travail.

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