CHAPITRE TROISIEME
Lk FEMME ET LÀ DÉCLARATION DE GUERRE
Tout à coup, bouleversement général : la guoire est déclarée.
La guerre! Est-ce possible? Pourquoi?
Qu'a-t-on fait pour déchaîner ce fléau d'un autre âge, que les philosophes prétendaient ne jamais devoir renaître, étouffé à jamais sous les conquêtes pacifiques du progrès?
Certes, pendant que chacun luttait dans sa sphère en vue de gagner le pain quotidien, des événements se produisaient au loin dont les conséquences pouvaient influer sur l'orientation des peuples. Le monde est si grand, si divisé, si imparfaitement soudé, les
hommes demeurent si étroitement attachés à leurs préjugés, à leurs traditions, ils aiment le sol natal d'un amour si fervent, qu'ils sont toujours prêts à prendre les armes, tenues à la portée de la main.
On connaissait aussi les revendications toujours vivaces des opprimés sur les territoires annexés par les puissants; on savait que, malgré les paroles impies, la force ne prime pas le droit. On le savait.
Mais on comptait sur l'habileté, le tact, la linesse des représentants du pays, munis de pleins pouvoirs à cet effet — on les appelle des plénipotentiaires, — pour écarter indéfiniment l'orage, pour prolonger indéfiniment, au prix de n'importe quel sacrifice, l'état de paix indispensable au fonctionnement normal de la vie. On comptait sur la force de l'armée dont le seul prestige ferait réfléchir les provocateurs.
La guerre a existé de tout temps. C'est elle qui a établi les limites de chaque pays,