La descendance par les femmes
Filiation par la mère. Parenté utérine. Ovulisme et spermatisme. — Discussion gynécocratiqne. La famille sans père. — Généalogie maternelle.
« Les Lyciens, dit Hérodote, ont une singulière coutume qui leur appartient en propre. Ils se nomment d'après leurs mères et non d'après leurs pères. Si Ton demande à un Lycien qui il est, il indique sa généalogie du côté maternel en énumérant sa mère et les aïeules de sa mère. Si une citoyenne s'unit à un esclave, les enfants passent pour nobles ; mais si un citoyen, fût-il du rang le plus élevé, prend une femme étrangère ou une concubine, les enfants ne jouissent pas des honneurs ^ »
Cette « singulière coutume » des Lyciens a dès lors été signalée chez de nombreuses populations de l'antiquité, ainsi que chez diverses tribus plus ou moins sauvages de nos jours. Polybe la mentionne chez les Locriens. Sur les tombeaux des Etrusques, c'est l'indication de la descenidance maternelle qui figure le plus souvent; Mécène, qui était originaire d'Etrurie, portait le nom de sa mère conformément à l'usage de son pays. Différentes traces du régime de la famille maternelle se retrouvent chez les Gariens, chez les Pelages et dans la Grèce primitive, chez les Gantabres et jusque chez les Basques, dans l'Egypte ancienne qui, sous tant de rapports, paraissait aux his-