HORS
Aussi l'amour est-il, par excellence, le domaine propre de la femme. Amour maternel, amour conjugal, sont les deux grandes voies où sont attirées invinciblement toutes les femmes. Elles y engagent toute leur vie, y consacrent toutes leurs forces, toutes leurs facultés. Elles s'élèvent là au plus haut degré du dévouement et d’altruisme (1).
Cet amour du prochain a une grande influence sur toute l'âme féminine. Aïmant autrui, ayant placé en lui son bonheur, la femme n'aime pas les dangers que ce bonheur peut courir ; tremblant pour l’objet de son affection, elle s’effraie de toutes les occasions de péril ; elle haït la violence et ses conséquences brutales. La tranquillité, la paix sont, pour elle, l'idéal social I n'y a pas de meilleurs pacilistes, de plus convaincus adversaires de la guerre que les mères ou épouses. La femme n'a aucun goût pour la lutte ou pour l'action intense. Elle s'évertue à écarter les occasions de conflit, à s'assurer une situation stable. À ses yeux, la sécurité, l'absence de risques ont une valeur inestimable. Le souci qu'elle apporte à conserver le patrimoine familial, à résister aux entreprises aléatoires de son époux est devenu proverbial, Avant tout, pas de risques.
(1) Le prix Monthyon est assez rarement mérité par lés hommes. Voir TURGEON, t. I, p. 332,