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La femme est naturellement prudente et c'est pourquoi, avant d'entreprendre quoi que ce soit, elle hésite, prend de multiples précautions, sollicite des conseils, cherche un appui et même, si cela lui est pos-
% Sible, évite de se décider elle-même. Confiante, elle
se décharge facilement sur autrui du souci de la responsabilité. Elle se laisse guider et réserve toute son attention pour observer la marche de l'opération.
Elle a peu de goût pour l'iniliative et une certaine crainte des responsabilités.
Se sentant faible, redoutant les risques de la lutte, la femme est plus résignée, plus soumise que l’homme. Elle préfère s'adapter aux situations, se plier aux exigences des faits que faire l'opération inverse, adapter les choses à ses goûts et violenter la réalité. Du reste; plus que l’homme, elle est sous la dépendance de la nature ; moins que lui, elle peut s'affranchir du joug des réalités. Maternité, allaitement, éducation, tout est, pour elle, l'occasion de se courber devant la souffrance, de réfréner sa hâte et de subordonner ses désirs impatients à la lenteur inflexible des événements. Que faire contre la douleur inévitable ? Qu'imaginer pour hàter la naissance de l'enfant, ou pour éveiller son jeune esprit ? La femme se convainc, dans sa vie, de l’inutilité des tentatives impatientes et de l'irritation contre le sort ; elle y prend une sorte de fatalisme qui la rend plus docile, plus souple que l'homme et cet esprit de soumission se manifeste, non
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seulement vis-à-vis des choses, mais encore à l'égard des individus, vis-à-vis des lois, vis-à-vis de la morale.. ©
La femme n'a pas l'esprit de révolte. Bien moins souvent que l’homme, elle a à comparaître devant les tribunaux. « Pendant l’année 1894, ont été accusés 1.327 hommes et 277 femmes, de crimes contre les personnes ; 2.007 hommes et 264 femmes de crimes contre les biens. Sur 104.644 récidivistes, on comptait, à la même date, 95.115 hommes et seulement 9.529 femmes. De ces renseignements Judiciaires, il résulte qu'il existe plus de coquins que de coquines (1) ». En tout cas, cela prouve que la femme a une crainte salutaire du gendarme. Elle a le respect de l'autorité.
On peut même dire, avec M. Turgeon, « qu'il existe plus de coquins que de coquines ». La femme est plus morale que l'homme. Plus que lui, elle est soumise à la voix de sa conscience. Moins audacieuse que lui, elle à peur d’enfreindre les règles de la morale et cela, non pas seulement par crainte d'une répression, mais encore par goût : elle accepte plus facilement les règles qu'on lui impose : rien ne la porte à regimber. Elle a le respect de sa conscience : elle es{ consciencieuse.
Enfin, cet esprit de soumission se relrouve vis-à-vis des individus. La femme subit facilement l'ascendant
(1) TURGEON, op. cit., t. I, p. 332.
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d'une personne. Elle se prête docilement à son in- Îluence. Elle s’y prête d'autant plus facilement qu'elle a conscience de sa faiblesse et qu'elle est portée naturellement à rechercher la protection d'autrui. C'est