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l'homme qui est devenu ce protecteur. Père ou mari,
il l'a garantie contre les hasards qu'elle redoute tant, il lui a assuré la vie paisible qu'elle affectionne particuhèrement. Elle s'est très bien trouvée de cette situation : elle a pris goût à ce calme qu'on lui a procuré. Elle s'en passe difficilement; instinctivement, elle est poussée à rechercher la protection d'autrui.
$ 3 — Ses particularités intellectuelles proprement diles.
En résumé, la femme, sensible et aimante, a une aversion marquée pour tout ce qui est action violente et aléaloire, pour l'initiative et pour la responsahihté. En revanche, elle a un goût naturel pour la protection d'autrui, elle est soumise à l'autorité et consciencieuse.
Ces particularités influent considérablement sur son intelligence proprement dite.
Aimante et sensible, il est naturel qu'elle ait une prédilection marquée pour tout ce qui à trait à l'amour. Elle est {rès-sentimentale et portée vers le romanesque. Quand la réalité ne lui convient pas, elle fait appel à l'imagination, au rêve, et cela la console
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de sa faiblesse. Ce qu'elle ne peut obtenir effectivement, elle le rêve.
Son besoin de sécurité, son aversion pour l'instabilité a, sur le fonctionnement de son intelligence, une conséquence très-compréhensible, c'est de la rendre très-prudente, peu portée vers les hypothèses audacieuses, vers les raisonnements abstraits. Très timide, elle tient à conserver toujours un point d'appui ; trop peu hardie, elle quitte malaisément les conceptions concrètes, s'élève difficilement aux généralisations. Elle préfère le détail matériel et sûr aux larges conceptions qui l’effraient un peu. « Elle répugne à l’abstrait, généralise au hasard, ne pense que par cas particuliers (1) ».
Mais, précisément pour cetle raison, elle acquiert une certaine supériorité pour l'appréciation des nécessités présentes el des réalités immédiates. Elle a L’espril pralique, et, comparée à l'homme, elle a « plus de soin et plus de goût pour le délail (2) ».
Enfin, plus docile et plus malléable que l'homme, la femme a également un esprit plus souple. Elle n’est pas tourmentée par le désir de critiquer. Elle n'’éprouve pas le besoin, plus où moins inconscient, de réagir, de garder son indépendance intellectuelle con-
(1) MaRiON. Psychologie de la Femme. La Grande Encyclopédie, t. XVII, p. 148.
(8) TURGEON, op. cit., p. 138.