‹ La Femme et le FonctionnarismeChapitre 24 sur 35 · NE E · texte numérisé non relu

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bôrdination de la femme à son protecteur est tout-à-

fait inadmissible, La protection du sexe fort doit, pour mériler son nom, s'adoucir beaucoup et se dépouiller de toute idée d’assujettissement. C'est le seul moven de permettre aux femmes de prendre conscience d'elles-mêmes. Pour qu'elles puissent améliorer et perfectionner leur nature de femmes, il faut débarrasser celle-ci de toute contrainte et la laisser effectuer librement son évolution ascensionnellé.

Malliéureusement, le féminisme n'est pas tout là. Où ne veut pas seulement améliorer la femme en tant que femme. Poussés par l'élan de relèvement, les féministes ne veulent pas seulement fendre à la ferme la libre et entière disposition de sa nature et de son activité de femme. IIS veulent encore lui donher le droit d'acquérir là nalüré mascüline, de se livrér aux occupations de l’homme ét de vivre üne vie d'homme. Un courant éñlraîne « les jeunes filles et les jeunes fémimes vers les sphères d’éléction — études sciénliliques ét carrières indépendantes — jusque là résefvées au sexe masculin (1) ». Où constaté, dans lés Facultés, dans l'agriculture, lé commerce ét l’industrie, ün etivahissement général du sexe féminin.

C'est là un mal. La femme n'est pas faité pour ces occtpations. La faiblesse de sa constitution la rend

(1) TURGEON, op. cit. T. Lp. 4,

tout-à-fait impropre à ces travaux. Elle est « un être débile, précieux, délicat, voué par intermittences à une sorte de misère physiologique ou, du moins, à une morbidité incurable, qui la rend impropre à tout travail continu, à tout effort persévérant (1). » Elle est la première à souffrir de cette faiblesse. En voulant violenter sa nature, elle l’'épuise vite et augmente ses chances de maladie et de mort.

C'est encore là le moindre mal. Il faut songer à la faiblesse morale de la femme, bien plus qu'à sa faiblesse physique. Or, le monde où elle veut se lancer exige la plus grande fermeté d'âme. Pour résister à lacuité de la concurrence qui s'y livre, il faut de fortes qualités. Pour échapper à l'exploitation des forts, il faut être soi-même très-fort. La femme est faible ; et elle est exploitée. On voit des malheureuses tirer l'aiguille pendant douze ou quinze heures pour gagner quinze ou vingt sous ; faire un pantalon de toile pour dix-huit centimes (2) etc.

Cetie triste situation est la conséquence logique de l’inaptitude de la femme à la vie des affaires. Elle a peu de goût pour l'action et pour les opérations hardies ; elle est, au contraire, soumise, résignée, peu portée à la révolte. Dans le monde commercial, avec une mentalité pareille, on est sûr de se faire « rouler ». Certes, quand on nous dit que la situation ac-

(1) TURGEON, op. cit. T.1 p. 402.

(2) TURGEON, op. cit. t. I p. 408.

tuelle de la femme est parfois douloureusement infé-

rieure, il est difficile de ne pas en convenir. Mais ce n'est pas là, comme on le croit, une iniquité de plus dont l’homme s'est rendu coupable. C'est la conséquence de lois auxquelles l'homme ne peut rien. Le mal est inhérent au fait de l’envahissement par la femme des emplois masculins. Aussi longtemps que le fait durera, le sexe féminin sera affligé de cette navrante infériorité.

La société elle-même supporte les conséquences de ce malaise dont souffre la femme. En se portant vers les travaux virils, celle-ci a forcément négligé ses propres occupations. Elle était faite « pour faire régner l'ordre dans la maison et pour y organiser le bonheur (1) ». À moins que le mari ne vienne prendre sa place, le foyer restera désert, les enfants seront privés de cette « sollicitude maternelle » qui renforce singulièrement toute éducation ; la famille entière perdra cette atmosphère d'ordre et de repos qui la rend si précieuse aujourd'hui. La femme veut sortir de sa maison. Qu'en résultera-t-1l ? C’est que la maison ,privée de son bon génie, sombrera (1).

Il y a, il est vrai, un remède à cela. Les féministes convaincus se défendent de vouloir laisser le foyer

{1 Jules Simon, a lemme au XXe siècle, p. 67.

abandonné. Ils demandent seulement que l'on parlage la tâche. Pourquoi la femme aurait-elle tout le fardeau pour elle seule ? Ce sont là les besognes désagréables de la vie. Il est juste que l'homme en ail sa part el permette à son épouse de venir, à son tour, prendre sa place dans les sphères plus élevées. EL si, dans certaines maisons, l’homme a des prédispositions pour les besognes d'intérieur, qu'il prenne tout pour lui. C’est là une question d'aplitude personnelle el non une question de sexe.

On en arriverait, sans doute, assez vile à ce type de femme que les satiristes nous ont dépeint. « Elle contraint Chrysale à s'occuper du ménage, puisqu'elle néglige sa maison : et puis, elle méprise Chrysale paree qu'il s'occupe du ménage... De temps en temps, elle fait semblant de s'intéresser à Chrysale, en public, parce que ce geste est de bon ton et qu'il marque une âme sensible. Mais elle lui jette son mot de compassion comme on jette un os à un chien... À ses enfants, qui sont encore tout jeunes, elle adresse des exhortations académiques sur la vertu, le devoir, l’obligation morale, le vrai, le bien et le beau, Quand ils ont fait quelque sotlise, comme de chiper un pot de confitures ou de tirer la langue à leur voisine, elle prononce solennellement : « Je t’abandonne au jugement de ta conscience. » Elle se sait bon gré de si bien parler et d'avoir l'âme si haute (1). » Il est même à

(1) Théodore JoRAN, Be mensonge du féminisme, cité par FAGuET, les Annales, 25 mars 1906.

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