‹ La Femme et le FonctionnarismeChapitre 30 sur 35 · PAN · texte numérisé non relu

PAN

lsfaire les besoins nouveaux du sexe féminin. Il ignore ceux-ci. Son action s'est produite à faux. Il a for-

formulé toutes sortes de revendications qui n'ont au-

cune espèce de rapport avec le fond de la crise. C'est pourtant de ces revendications que l'on se . préoccupe seulement. Au lieu de remonter à la source du mouvement, on s'attache à celui-ci pour en disculer successivement toutes les parties. Inévitablement, on se laisse convaincre sur certains points et,

pour ces points, on s'associe au mouvement. À son

tour, on devient ainsi un véritable féministe. Au lieu de guérir le mal, on l'aggrave.

Il y a, il est vrai, parmi les revendications du fémi-

* nisme, celle qui concerne le droit au travail. On de-

mande, pour la femme, le droit de choisir Hbrement sa carrière et de travailler à sa guise. Mais, comme on à pu le voir au chapitre IT, cette réclamation est noyée au milieu de toutes les autres. C'est de beaucoup la moins importante aux yeux des novateurs. Ainsi, l’ex-directrice de la Fronde disait, en enterrant son journal : « Après tout, notre œuvre non politique est achevée. Nous avons forcé les portes de

toutes les carrières. Ce qui resterait, ce serait une œuvre politique, etc... (1) » On prétend avoir forcé la porte de toutes les carrières ! On n'en a oublié qu'une, et précisément la seule qui convenait : la carrière administrative.

La facon dont on conçoit ce droit au travail est tout-à-fait inadmissible. Il est des femmes qui sont contraintes de vivre autrement que comme épouses, Il faut leur en donner les moyens. Pour cela dit-on, il faut leur ouvrir toutes grandes les portes du monde du travail. I faut les admettre à venir chercher leurs moyens d'existence parmi les hommes. |

C'est là une erreur. Parce que ces femmes ne peuvent plus vivre en « épouses », ne peuvent-elles pas davantage vivre en « femmes » ? Faut-il renoncer, pour elles, à la division séculaire du travail social et mélanger, dorénavant, les deux sexes dans leurs occupations ?

Il ne semble pas que l’on puisse justifier une pareille atteinte aux principes fondamentaux de l'activité humaine, L'application des idées que nous venons de signaler n'a eu, Jusqu'à présent, que les conséquences les plus funestes. En lancant les femmes dans la concurrence vilale, on les expose à toutes sortes de dangers. Elles qui étaient faites de bon- 6, de douceur et de faiblesse aimante, on les introduit dans la mêlée sociale. Elles v recueillent plaies

()E Facucer, Les Métiers féminins, Revue Bleue du 5 mars 1904,

Page 1