‹ La Femme et le positivismeChapitre 10 sur 15 · MÉNAGE ET FOYER · texte numérisé non relu

MÉNAGE ET FOYER

volonté de les appliquer. Mais la tâche est maintes fois rendue plus que difficile soit par l'extrême pauvreté, soit par les conditions navrantes de l'habitation elle-même !

Le logis a besoin d'espace, d'air, de lumière, de chaleur, de cette propreté des choses si nécessaires à la propreté du corps et même à la propreté de l'àme. Il a besoin en outre de décence et d'un peu de gaîté. Il doit être V intérieur où se réconfortent ceux qui travaillent et qui luttent, celles qui peinent, où s'approvisionnent de vouloir-vivre, de force et de chaleur d'âme les petits qui seront grands. L'arrangement de la maison et l'arrangement de la vie dans la maison, les dispositions ingénieuses qui, du logis le plus humble, peuvent faire un intérieur plaisant, rentrent dans l'art de la ménagère.

Souhaitons que dans les couches les plus profondes de nos sociétés cet art utilise Vart proprement dit. Ses manifestations les moins coûteuses ne sont pas toujours les moins propres à introduire dans l'existence la plus terre-à-terre un peu de cette poésie qui ajoute à la joie et qui aide à souffrir.

De cette poésie, la femme peut mettre quelque chose jusque dans les travaux les plus vulgaires du ménage, en proportion de ce qu'elle y met de ses affections.

Cependant ces travaux-là sont souvent rudes, et ils imposent de réelles fatigues soit aux femmes de la famille qui les exécutent elles-mêmes, soit aux domestiques à qui ils sont confiés. Dans les deux cas

ils commandent les égards, la gratitude et tous les ménagements possibles.

La maîtresse de maison qui a des domestiques doit savoir à la fois les diriger et les traiter avec justice et humanité, fraternellement. Son éducation aura dû l'y préparer, mais la préparer aussi à se passer, s'il le faut, de cette assistance.

Il est à désirer que les progrès accomplis ou à réaliser dans l'industrie, dans le commerce de détail et dans l'habitation réussissent à réduire ou simplifier le gros ouvrage de la ménagère, afin d'épargner ses forces et de la rendre plus disponible soit pour les parties supérieures du ménage, soit pour toutes les autres tâches féminines.

Mais, loin d'éloigner les femmes du ménage, préparons un état social dans lequel toutes les femmes auront le moyen d'être tout à fait ménagères. Cela suppose qu'elles ont un foyer.

Que les mères de famille au moins ne soient pas forcées de travailler hors de la maison pour vivre et faire vivre les leurs ! C'est là pour les positivistes un vœu minimum. Quoiqu'il soit minimum, je sais bien qu'il ne sera pas exaucé tout de suite. Mais tâchons tout de même de hâter le pas vers un régime moins anti-social, vers des mœurs moins inhumaines.

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