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LE DIVORCE ET LE VEUVAGE

La Femme et le Divorce.

Le Veuvage.

Quiconque s'est assez pénétré des idées que les positivistes se forment sur le mariage et sur la famille ne s'étonnera pas de leur attitude sur la question du divorce. Fidèles à leur méthode, aux directions essentielles de la sociologie et de la morale positives, ils attachent un très haut prix à la fixité comme à l'unité du lien conjugal. Ils n'ont pour cela que des raisons d'ordre scientifique, humain, social ; mais ces raisons leur suffisent. Fermes dans leurs principes, relatifs dans l'application, ils ne repoussent pas les exceptions à la règle de la perpétuité de l'union librement consentie, quand elles sont reconnues indispensables et si elles sont limitées de manière à n'être pas destructives de la règle. Ce qu'ils repoussent, c'est le divorce facile, celui dont l'extension abusive est inséparable de l'usage, celui dont les répercussions malfaisantes sont indéfinies, celui qu'on a nommé « une polygamie successive ».

Cette question du divorce veut être avant tout bien posée.

Il ne s'agit pas d'imposer par la force à un être

humain une cohabitation et une intimité de rapports devenues réellement intolérables. La séparation de corps a pour but d'empêcher ce qui serait une forme d'esclavage. Peut-être même que, si le régime de la séparation avait été plus libéralement réglé, la campagne pour le divorce, tel qu'il est compris, se fût trouvée moins armée.

Ce qui caractérise le divorce, c'est la liberté donnée aux époux, non seulement de vivre entièrement séparés, sous des condition légales que Ton peut faire très libérales, mais de contracter chacun un nouveau mariage. La question qui se pose est donc de savoir dans quels cas la société qui a consacré l'union d'un homme et d'une femme peut, sans porter une grave atteinte à l'institution même du mariage et à ses fins sociales, consentir à consacrer une nouvelle union de chacun des époux duvivantde son premier conjoint.

Si l'on admet la théorie purement individualiste du mariage, c'est très simple. Car en bonne logique on doit alors admettre, en même temps que le divorce pour causes définies, le divorce par consentement mutuel et même, puisqu'il s'agit d'un engagement de la personne sans durée déterminée, le divorce par la volonté d'un seul ou pour incompatibilité d'humeur. Une seule considération sépare les défenseurs de cette thèse des partisans de l'union libre : c'est celle de la publicité et de l'authenticité à donner à l'union dans l'intérêt matériel des enfants, — que l'on croit ainsi sauvegarder, — et dans celui des tiers.

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