‹ La Femme et le positivismeChapitre 9 sur 15 · MÉNAGE ET FOYER · texte numérisé non relu

MÉNAGE ET FOYER

Cependant les positivistes n'admettent que des autorités relatives et limitées. D'ailleurs, la conception absolue de la puissance paternelle est entamée de divers côtés, — par la législation elle-même, dont l'œuvre n'est pas achevée. Notre loi du 24 juillet 1889 sur les enfants moralement abandonnés et des lois analogues, à l'étranger, ont montré ce qui peut être fait avec prudence. Il reste à faire. Il n'est pas excessif de demander que des actes graves de « puissance » qui peuvent avoir une influence décisive sur tout l'avenir de l'enfant ne soient pas accomplis par la volonté du père seul, sans appel. Par exemple en matière de détention par voie de correction paternelle et de consentement au mariage, pourquoi ne pas ouvrir à la mère les interventions et les recours utiles devant une magistrature assistée d'un conseil de famille?

Ménage et Foyer.

Bien que la vie domestique ne comporte pas une application trop rigoureuse de la division du travail, le ménage est, par excellence, un des départements de l'activité féminine, — et non des moindres.

Le ménage, ce n'est pas seulement le gros ouvrage du logis : la cuisine et ses accessoires, les travaux de propreté, l'entretien du vêtement, etc. C'est cela, mais bien autre chose encore.

C'est d'abord l'administration de la maison, Véconomie au sens grec du mot. L'emploi des ressources communes, souvent trop maigres, qui peuvent être affectées aux besoins journaliers de la famille, en est une partie essentielle.

Avec quelle sollicitude avisée, avec quelle attention soutenue ces ressources doivent être non-seulement utilisées pour le mieux, mais ménagées ! Ménagées si elles sont suffisantes, si même elles sont abondantes ; car il faut songer à l'imprévu de demain, aux exigences d'un avenir proche ou éloigné. Ménagées encore plus et parfois défendues jalousement contre tous, contre le mari lui-même, si elles sont trop courtes. Tout ce que la femme peut avoir de tendresse inquiète, de prudence obstinée, n'est pas de trop pour remplir cet office. Pour combien de mères de famille le problème de l'équilibre quotidien des recettes et des dépenses apparaît redoutable, gros d'angoisse, quand il n'apparaît pas, hélas ! insoluble! Quel labeur du cerveau, quel souci, quel tourment pour des légions de femmes dans le prolétariat et dans la petite bourgeoisie !

Le ménage, c'est la santé de tous les êtres chers entretenue par les soins personnels et par l'hygiène du logis. Il y faut avant tout de l'amour et du dévouement ; il y faut aussi des connaissances et la

Page 1