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LE DIVORCE ET LE YEUVAGL

Mais cette théorie du mariage n'est pas celle des positivistes.

« — Cette union fondamentale, dit Auguste Comte, « ne peut atteindre son but essentiel qu'en étant à c( la foi exclusive et indissoluble. Ces deux caractères ({ lui sont tellement propres, que les liaisons illégales (L tendent elles-mêmes à les manifester.... Aucune a intimité ne peut être profonde sans concentration « et sans perpétuité, car la seule idée du changement « y provoque.... »

Toutefois notre philosophe écrit plus loin : a L'es- « prit sagement relatif du Positivisme lui permet « d'accorder, sans aucune conséquence énervante, « des concessions exceptionnelles qu'interdisait le (( caractère nécessairement absolu de toute doctrine « théologique. Une telle philosophie peut seule conci- (( lier l'indispensable généralité des diverses règles « morales avec les exceptions motivées qu'exigent a toutes les prescriptions pratiques ». (Politique positive : Discours préliminaire, chap. IV).

La règle est nettement énoncée et « les exceptions » sagement prévues.

Peu importe qu'en fait Auguste Comte, avec ce besoin d'ordre et de stabilité qui était si profond chez lui, ait restreint à l'excès le champ de l'exception. Ses disciples, mettant à profit l'expérience des misères humaines, peuvent faire de sa pensée une application plus large, plus souple, plus adaptée à la complexité des faits.

Il est toujours dur de refuser à l'homme ou à la

femme dont le premier mariage a été un malheur, surtout si ce malheur a été immérité, la possibilité de former, avant la libération par la mort, une nouvelle union régulière et de reconstruire son foyer. Cette rigueur devient inique si elle est étendue audelà de ce qui est nécessaire pour éviter de plus grands maux, c'est-à-dire l'altération grave du mariage, la fragilité généralisée des unions, la désorganisation progressive de la famille, un désordre social générateur indirect, mais sûr, d'une quantité indéfinie de souffrances humaines, au premier rang desquelles il faut compter d'indicibles souffrances d'enfants.

Le danger, c'est le divorce facile, dont les causes admises sont telles que l'extensibilité en est indéterminée, que la simulation en est toujours possible, qu'elles peuvent toujours être provoquées ou préparées, soit par une collusion, soit par l'abus d'autorité ou le machiavélisme d'un seul.

Ce que de telles facilités ont de funeste pour les enfants, que le divorce voue aux pires détresses, est trop évident pour qu'il faille y insister. S'il n'y a pas d'enfants, il reste deux victimes à considérer.

La première est l'institution du mariage sur laquelle le divorce facile exerce une répercussion désastreuse. Et il ne s'agit pas seulement du mariage abstrait ; il s'agit d'un nombre indéfini de mariages concrets dont la solidité est par avance compromise par les suggestions d'une loi trop complaisante. Alors que la perspective de la simple séparation

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