‹ La Femme et le positivismeChapitre 6 sur 15 · LA FEMME ET LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LA FEMME ET LA FAMILLE

question de la famille, l'ordre social et l'intérêt général des femmes s'accordent exactement.

La famille est-elle à la fois forte et douce ? Est-elle bien la première source, qu'aucune autre ne remplace, de discipline affective ? Le lien conjugal, librement formé par élection mutuelle, est-il soumis à la double règle de l'unité et, sous la réserve des inévitables exceptions sagement limitées, de la fixité ? La petite société domestique possède-t-elle un chef sans subir un maître ? L'indispensable autorité des parents, établie sur le devoir de protection et sur la fonction d'éducation, fortifiée aussi bien que tempérée par la tendresse, est-elle assez défendue par les lois et parles mœurs ? Rencontret-elle aussi dans les unes et dans les autres l'obstacle à l'abus? Moralement, la famille réalise-t-elle la plus étroite solidarité sans oppression ? Matériellement, est-elle liée par une réelle communauté d'intérêts sans exploitation? Est-elle abritée par un domicile stable et digne ? La cité y trouvera, sans doute, les premiers et nécessaires éléments de sa cohésion, de sa durée, de sa défense, de son activité féconde et de sa noblesse. Mais la femme lui devra particulièrement sa sécurité matérielle, sa sécurité morale, comme les conditions les moins contestables de son bonheur.

Supposez au contraire la famille trop dure ou trop faible, vouée à l'anarchie ou livrée à la tyrannie, désorganisée et condamnée à une incurable instabilité. Il en résultera, pour le corps social, désordre et

décomposition, ou arrêt de développement et stérilité. Il en résultera plus sûrement encore pour la femme soit le servage, soit la précarité de la vie et la déchéance.

Toute atteinte à l'ordre dans la famille est à la femme une blessure, toujours grave, parfois mortelle.

Toute introduction au foyer de plus de justice et de plus d'humanité est un gain pour la femme et par la femme, pour la société tout entière.

Cette double loi est commune à la rurale et à la citadine, à la prolétaire et à la bourgeoise ou à la patricienne.

S'il est vrai que le bien-être et la valeur de la femme, l'action qu'elle exerce sur les autres et le respect dont elle est entourée, corrélatif à celui qu'elle a d'elle-même, sont parmi les plus belles parties de notre patrimoine moral, sachons bien à quelles sources cette richesse est puisée. La solidité des liens de famille en est une ; et il faut entendre ceux qui unissent en une société véritable le mari et la femme, les parents et les enfants, les frères et les sœurs. Mais les biens précieux dont je parle ne dépendent pas moins des satisfactions de cœur et de conscience qui sont procurées à la femme et tout spécialement de la confiance qui lui est marquée.

J'ai nommé la confiance. Jeune fille ou femme, notre compagne servira d'autant mieux les fins humaines, les fins de la famille avant tout, qu'on lui montrera plus de confiance, qu'on la traitera mieux

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