L4 FEMME
» VOUS rappeler les conditions de notre » liaison !... <— Je me tais , madame. »
En effet je ne dfs. plus rien, je me contente de soupirer et de faire la moue
ressource ordinaire de Tamant qui n'qbUent pas ce qu*il désire ; mauvais moyen de se faire aimer , cependant , que de f^e une triste figure 1.. mais quand pn est yraiment amoureux on n'est pas adroit.
Au bout de quelque temps , madame Luceyal me dit d'un ton plus gai : « Ah çà, » monsieur, est-ce que vous allez rester n constamment à soupirer et sans, r^en me » dire ?... je veux que Toti me parle , mon- » sièur, et je ne veux pas que Ton soit » triste... Ahl... il y a bien longtemps que » je voulais vous questionner... car je suis » très-questionneuse, comm^ vous savez...
» au sujet de cette jeune fille assez gentille î» avec qui je vous ai vu à TOpéra, — De- » puis que i'ai le plaisir de venir chez vous, » je ne la vois plus , madame. — Mon Dieu, » depuis que vous venez chez moi , vous ne » voyez donc plus personne; savez-vous
LE UniRI ET L* AMANT. . 141
i> que je neveux pas décela, inol,niousieur; 1» je n'entends pas qu^ vous deveniez mi- )> santhrope h cause de mof».. Pourquoi ne » voyez-vous'plus cette jeune personne ? — » Parce que... je ne pouvais pas toujours la » connaître... de telles liaisons ne sont pas î» éterifélles... D'ailleurs cette jeune fille... n ne pouvait pas...' et puis.. • enfin je liela )» vois plus. --- Comme c'est bien répondre ! . . 1) Pourquoi ne pas dire :je ne l'aime plus, )) ce serait plus franc... et parce que vous » avez cessé de l'aimer , faut-il pour cela
» l'abandonner entièrement ? ne plus
» même savoir ce qu'elle fait , et si elle est
)) beureuse ou dans l'infortune? Mais
» voilà bien comme vous êtes , messieurs ; » tout de feu , quand vous êtes amoureux^ » tout de glace, quand on a cessé de vous » plaire. — Madame, je ne crois pas mériter n ces reproches.... cette jeune fille a un î» état.... — Oui, elle est frangère, je le w sais. — Vous savez cela ?..... — Je sais » même qu'elle se nomme Ninie.... ou Fan- » nie... — Comment se fait-il?.... — Oh!
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» je 8ai& tout, moi; j'ai souveat su des » choses qucTj'anrais voulu ignorer !#•••.
» J'avais bien envie de rire quand vous ]> m'avez dit : C'est une jeune dame de « province. -— D'honneur, je n'en reviens » pas!... Gomment savez-voustoutcela? — n C'est mon secret. — Vous connaissez ap- » paremment cette jeune fille.— Non.. ..je » ne lui al jamab parlé. — Puisque vous » êtes si bien instruite de tout , vous savez » sans doute aussi que Ninie m'a écrit » hier. — Elle vous a écrit.... je ne savais
» pas cela* Et que vous a-t-elle donc
» écrit? — Elle m'engageait à aller lavoir... îi — Elle vous aime encore! — Non... elle )) veut au contraire me parler de son pre- » nrier amant. . . de celui qu'elle connaissait » avantmoi, et auquel jecrois qu'elle pense » toujours. — Vraiment.... Et cependant » elle lui a été infidèle pour vcnis. — Il » l'avait abandonnée. — Vous ne l'avez >» pas connu celui qu'elle aimait avant vous ? » — Non, sans doute... — Elle ne vous a pas )i dit son nom? — U s'appelait Adolphe... •
LE MAcKI ET L'AMANT. 143
n mais je suppose que c'est un nom qu'il n arait pris seulement pour aller avec elle.
» — Âh! il se fai^it nommer Adolphe..,—^ » Mais i madame / il me semble que les n amours de mademoiselle Ninie ne doivent n pas beaucoup nous intéresser , et nous n pourrions. . . — Pardonnez-^noi ^ monsieur, n cela m'intéresse beaucoup au contraire •• » M. Deligny... tous allez me trouver bien » curieuse.*, mais un ami doit être indulj» gcnt , et vous m'excuserez.. • — Qu'est-*ce )i ck)nc?^-Âvez-vous la lettre de cette petite? n — Oui, madame... — Voulez*vous me la n montrer? —Vous montrer la lettre de Nin nie ?... — Je vous en prie. — J'ai pu vous » montrer la lettre de madamede Rémonde, » elle était au moins éci^ite en français; » mais celle de Ninie... je ne puis vraiment » pas !<.... • • — Pardon, monsieur^ je voif » qu'il y a dans cette lettre des choses que » je ne dois pas savoir !.... — Que vous ne )» devez pas savoir!... vous !... Tenez, voilà » cette lettre , madame. »
le lui donne le billet de Ninie ; elle le