‹ La femme, le mari et l'amant (volume 2)Chapitre 25 sur 27 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le Bal (TAuteuil.

. Nous voici au mois de mai, les arbres re^ prennent leur parure, les champs leur verçlure , les prairies leurs riantes couleurs.

Mon père m'a écrit plusieurs fois qu'il m'attendait ; je lui ai répondu que j'allais bientôt me rendre près de lui , et je suis toujoiu*8 à Paris, je n'ai pas le courage de m'eloigner pour quelques jours delafemme que j'adore.

. Cependant suis^je plus avancé dans mes amours... ai-je fait des progrès dans le coeur

d'Âugustine? elle ne m'a rien dit qui

puisse me le faire espérer f.... mais elle est maintenant si bonne avec moi ! je ne pui^ douter que mes visites ne lui fassent plaisir^ a 14 .

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lorsque |*arriTe chez elle, je vois bien que ma présence lui est agréable*... plus de ces froides cérémonies, plus de ces phrases de convenances , de ces politesses qui glacent le cœur ; mais un doux sourire, un regard,

un mot d'amitié, voilà ce qui m'attend

ce qui fait battre délicieusement mon cœur.

Aussi il se passe rarement un jour sans que j'aille la voir, soit le soir, soit le matin.

Je connais à présent les personnes qu'elle reçoit j cela se borne à son amie, cette Juliette que j'avais déjà vue, (mis la dame Agée avec qui je l'avais rencontrée à l'Opéra. €es deux damea sont les seules personnes que je voie venir chez elle, encore la dame âgée n'y vient-elle que rarement. Je suM donc le seul homme qu'elle reçoit.... Le sent! ... ah l combien je dois m'éétimer heureux de la préférence qu'elle m'accorde , car sans doute beaucoup ont dû chercher à obtenir la faveur de la voir. Quelquefbis Àugustine semble effrayée, en songeant à ce q^e le monde doit penser de mes fl*équentes visites chez elle. Sais bientôt elle

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çe mime , en «liaaiit : 4( ^ Le monde ne 1) Voocupe pluademoi !.•. Je ne reçoîsque « yout et datx anues fidèles... faut*-tl donc » que Je sacrifie ce derhier )^ai»ir aux sots «» projpos de gens que je n'esUme pas et qui n Toient partout du mal, potroe que la mé- H disànoè donne plus dépiquant à leur con* » versation? Non , venez toujours, M. De* n ligny; désormais Topinion du monde ne » <loit plus aroir dinfluence sur mes ac- 9 tiûkist.» fe Tai tu tropsouvent se tromper 3) duis ses jugements pour qu'ils puissent ;> encore m^afifecter. r^

Je continue donc à aller chefe elle ; mais elle veut aussi que J'aille souvent avec mes mm, ce n'^t qu'A cette condition qu'elle consent à me voit* frequenmient. Je la trompe quelquefois, je ne suis pas retourné cbes li^dam^ de Eémondie depuis le jour çû j'y ai dîné, l'ai rencontré Jenneville au spectacle avec la belle Hermînie , qui m'a fait m acciieU jf^ien froî4 et n'a qu'à peine daigné répondre à mes profonds saints. Je sais à quoi attribuer ce changement dans

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les manières de cette dame à mon égard. Je me mis attiré son courroux , en ne répon^ dant pas à ses avances. C'est un grand crime quei'ai commis là l Cest l'offense la plus grave dont on puisse se rendre coupable envers les femmes. Elles ne la pardonnent jamais. Singulière manière de voir de ces dames!..... EUeis ne pardonnent pas à un homme qui leur a plu de ne point être amoureux d'elles. Eh! mon dieu! s'il nous fallait , nou« , mesdames^ avoir de la haine pour toutes les femmes qui nous plai^nt, et dont nous n'obtenons rien!... U est vrai qu*un homme est habitué à faire sa cour, et une dame à ce qu'on la lui fasse ; le con* traire doit être beaucoup moins agréable.

Le sentiment qui m'occupe sans cesse ^ qui est devenu le mobile de toutes mes actioi^js, me fait faire quelquefois de sérieuses réflexions sur ma situation. Puisque j'adore Augustîne , puisqu'elle est veuve et ne dé*' pend d'aucun parent, si je parviens à m'en faire aimer, ne serait-41 pas tout naturel que je lui demandasse sa main ; je sens bien

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que 'l^moiirqiBe' j'ai pour . «lié h^est polht un caprice friYole , ni une de ces passions irréfléchies qui ne connaissent nul obstacle \ mais qui s'éteignent dès qu'elles sont satts'** faites. NÔHuner Âugustine ma fenlme , né plus vivre que pour elle , comblerait tous mes vœux.. .. Mais madame Lucéval est viche, du moins , d'après ce que j'ai pu cotni prendre , et sur quelque^ mots qu'elle a dits y en causant, je présume qu'elle a au moins douze imUe livres dereiites. Et moi! .. . H «t'ai plifs à peu près que le quart de cette forUme. ïous les jours, en > voulant éconô^ mider, je. dépensé.plus que je ne {devrais ) si je vais en société pour plaire à Aiigustine, je perds mon argent au jeu ; enfin je vois dimi|fuier mon revenu sans akicun espoir dé l'augmenter. . Celle idée m'inquiète, më tourmente ; si je suis beauco«ip moins riche quje madame ..Luceval,. ne peut-elle pas croire qu'^n lui faisant la cour ^ en lui de** mandant sa main , l'intérêt est pour quelque cho^e dans ma conduite? Oh (non, Augusline^ne croira pas. cela!.... Elle me

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jugera mieux ! •* . Elle lira dM» mon 0(fiw*« ,. Mais ma fierté est blessée , quand je sonse que je ne puis offrir à cette feBU&e diarmante^ tous les. plaisirs , tous les agréments d^ la vie. Ces plaisirs bruyants ^ elle ne les aime pas».. N'importe, je voudrais pouvoir voler au-devant de tous ses vœux, et ne pas ressembler à ces maris qui ont recours à la' bourse de leur femme , pour lui faire des cadeauik

Àh ! si j'avais connu Âugnstine en ani* vaut à Paris Je n'aurais pas mangé tes deux tiers de ma fortune. Mais à quoi bon revenir sur le passé !... Le mal est (ait.«« Il faudrait le réparer. C'est là lediffioileU..

Je pense maintenant à Blagaard, cet bonpœne qui fait de si bdles afiBeUres, et pour qui cela est si facile de gagner de l'argent •«• Si j'avais été plus hardi, peut-être aurait^ augmenté mon capital; oui, peul^êtreL«..

Mais |e ne le rencontre plus depuis que je ne serais pas fâché de le voir.

Quelquefois ces pensées me surprennent chez AugusUne ; quand elle s'aperçoit que

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je suis distrait ou rêveur, elle m'en demande avec bonté la cause^ je n'ai garde de la lui apprendre I... Il semble qu'il y ait delà honte à dire que Ton n'est pas riche ; il y en a souvent bien davantage dans la source de certaines fortunes.

Je me décide un matin à me rendre che£ Jennevilie; il voit souvent Blagnard , 11^ pourra me donner quelques conseils.

II est neuf heures du matin lorsque farrive chez Jenneville , je peme qu'il est encore au lit , et je suis surpris de le voir faisant à la hâte sa toilette^

ti Vous voitô disposez k sortir de bon » JK^tia^ hiidisrjev -^ Oui, mon cher, i|ne » Affaire impartante.^. Il «'agit d'argent. Ce » diable d'argent , vous savez ^qu'on n'en a » jamais assez... J'en dépense bea;ucoup, je » voudrai^ en gagner une fois par hasard.

» Blagnard m'offre une occasion de doubler » quatre-vingt mille francs en un an , et je n la. saisÎ3« — ^e voudrais bien qu'il me trou- ?> vât la mémeoccasion. • , Je vous avoue que » c'est à cela que je pensais en venant chez

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