‹ La femme, le mari et l'amant (volume 3)Chapitre 20 sur 26 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

LE MAllI CHEZ L AMANT.

Je suis resté immobile en voyant Jenneville. Je ne sais s'il s'aperçoit de mon trouble, de ma pâleur; mais il sourit d'un air ironique, en me disant : « Je » suis enchanté de vous trouver chez vous. »

Il entre ^ il s'assied dans le fauteuil que sa femme occupait un instant auparavant, et qui n'est qu'à deux pas de la porte vitrée. Je n'ai pas la force de l'arrêter, je le suis, mais je reste debout devant lui en disant : « C'est bien un hasard si vous m'avez » trouvé... j'allais sortir.

)) — Votre portier m'a dit que vous étiez malade. . . » que vous aviez fait une chute terrible!... — Oui, » c'est vrai, mais je suis guéri... Je crois même que » le grand air me fera du bien. — Vous paraissez en- » core faible cependant... Je vous trouve très-pâle. » — Oh ! . . . c'est la suite de ma cluite. . Je vais aller

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» chez mon médecin , et. . . — Alors je vous accom- » pagnerai, car j'ai à causer avec vous. »

Il m'accompagnera, dit-il, je ne pourrai donc pas m'en débarrasser I . . . Je crois que le plus court est de l'entendre. Pauvre Augustine ! quelle doit être ton anxiété en ce moment !

Je me jette sur une chaise avec un air d'impatience que je ne cherche point à cacher. Jenneville ne semble pas y faire attention^ il me dit d'un ton moqueur :

« Eh bien ! mon cher Deligny , avez-vous tou- » jours envie de me faire retourner avec ma femme? »

Je sens que la rougeur me monte au visage. Je veux en vain prendre un air indifférent, en répondant : « Moi... je... il m'est fort égal.. . il me semble » que vous êtes bien le maître de faire ce qui vous » plaît...

» — Oui, sans doute, mais lorsque je vins vous » apprendre la banqueroute de Blagnard , ne vous » rappelez- vous plus la manière énergique avec la- » quelle vous m'avez parlé en faveur de mon liono- » rable épouse?... le beau sermon que vous me » fîtes, pour me persuader que j'avais eu grand tort » de m'en séparer, et que je ne pouvais être heureux » qu'en retournant avec elle !

» — En effet, je me le rappelle... et je ne crois » pas, monsieur, vous avoir donné alors de mauvais » conseils.

» — Comment donc! mais vos conseils étaient » excellens... Je vous jure même que, dans le mo- » ment, j'en ai été touché... Mais je ne sais plus à

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» quelle occasion... en causant de vous avec ma- » dame de Rémonde^ elle m'a appris certaine chose » qui a beaucoup diminue l'estime que j'avais pour » vos avis...

» — Je m'inquiète peu de ce que cette dame a pu » vous dire. . . Vous ne me parlez plus de Blagnard. . . » Â-t-on de ses nouvelles?. . . et cet argent dont vous » aviez besoin?...

» — J'ai trouvé de l'argent, je vous remercie, » revenons à ce que madame de Rémonde m'a ap- » pris. Parbleu ! cela m'a bien fait rire^, surtout en » me rappelant les beaux discours que vous m'avez » tenus au sujet de ma femme!... — Monsieur, je )) suis pressé : je vous ai dit que j'avais à sortir.. . — » Oh! vous me donnerez encore quelques instans. » Eh bien! mon cher, madame de Rémonde m'a » appris... ah! ah! ah!... j'en ris encore... elle m'a » dit que vous étiez l'amant de ma femme!...

» — Madame de Rémonde vous a trompé, mon- » sieur,» dis-je d'une voix tremblante. «J'ai eu en effet » le plaisir de me trouver... souvent avec madame » Luceval... car c'est sous ce nom que je l'ai connue, » et j'ignorais alors qu'elle vous fût attachée.- Mais » je puis vous assurer...

» — Allons, mon cher Deligny, pourquoi vous » en défendre?... Eh! mon Dieu! qu'est-ce que ça » me fait, à moi, qu'elle ait vous ou un autre pour » amant?... Quand j'ai quitté Augustine, je l'ai lais- « sée maîtresse défaire ce qu'elle voudrait. C'est trop » juste... nos femmes nous trompent quand nous w vivons avec elles : ce serait bien singulier si elles

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» nous i^estaient fidèles quand nous les quittons... à » moins que ce ne fut par esprit de contradiction.

» — Je vous assure, monsieur, que Ton vous a » trompé sur les rapports qui existent entre ma- » dame... Luceval et moi.

» — Oui, oh ! je sais qu'elle se fait appeler ma- » dame Luceval... c'est très-délicat de sa part... Mais » vous oubliez, mon cher, qu'avant d'avoir le beau » projet de me raccommoder avec ma femme, vous » m'aviez avoué que vous étiez amoureux , passion- )» nément amoureux ! . . .

» — J'ai pu être amoureux, j'ai pu aimer madame » votre épouse, cela ne prouverait pas que j'aie su » m'en faire écouter.

>) — Ah ! vous êtes trop modeste; mais ce n'est » pas à moi qu'il faut dire ces choses-là. Nous ne » sommes pi us dans le siècle de l'amour platonique... » si toutefois ce siècle a existé, ce que j'ai peine à » croire. Nous voulons du réel, du positif, et nous » allons vite au fait. D'ailleurs ma femme est sen- » sible... extrêmement sensible; j'en sais quelque » chose... Est-ce donc quand on n'a rien obtenu » d'une femme que l'on passe chez elle toutes les » journées, que l'on y reste le soir jusqu'à une » heure du matin?... Hein?... vous voyez que pour » un mari je suis assez bien instruit. — Je vous cer- » tifîe que les apparences sont trompeuses. Qui x> vous dit que, sachant notre liaison, ce n'était pas » pour me parler de vous que madame votre épouse » me recevait?... — De moi!... ah! c'est bien ai- » mable!... Comment! c'est de moi que vous par-

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» liez tous les matins et tous les soirs ?. . . Vous aviez » là un beau sujet de conversation ^ et je ne m'étonne » plusquecelavousfit veiller si tard chez elle. — Vous » êtes libre de ne pas me croire... je vous dis pour- » tant la vérité. — Mon cher Deligny, j'ai trop bonne » opinion de vous pour vous croire... — Monsieur, » en voilà beaucoup trop sur ce sujet, et je vous prie » de cesser votre conversation. — Ah! c'est vous » qui vous fâchez I... Parbleu! c'est trop drôle!... » Il me semble que si quelqu'un doit se fâcher ici , » ce devrait être moi , non pas de ce que vous êtes » le tendre ami d'Augustine , mais de ce que vous » vouliez me faire reprendre celle dont vous êtes » l'amant.

» — Encore une fois, monsieur. . . — Oh ! mettez- » vous en colère, si vous voulez; moi je ne m'y » mettrai pas. Je ne suis pas de ces époux jaloux et » susceptibles qui , non contens d'être trompés, veu- » lent encore recevoir un coup d'épée de celui qui » les remplace; moi, monsieur, je me battrais dix » fois^ vingt fois pour une maîtressse... mais pour » ma femme... oh! pas si dupe! je ne veux pas me )) faire montrer au doigt. Convenez que ce serait » d'un ridicule! se battre pour une femme qui ne )) vaut pas mieux que les autres. »

En ce moment , un faible gémissement part du petit cabinet où Augustine s'est cachée , il est suivi d'un bruit assez fort.

Jenneville me regarde. Je suis tremblant. Elle a peut-être besoin de secours, et je n'ose lui en porter de crainte de la découvrir.

Jenneville se lève froidement en me disant : « Vous avez du monde là?... Je suis désolé de vous » avoir dérangé... — Moi... je n'ai personne... et » d'ailleurs, que vous importe?... — Je crois , » mon cher , que votre dame a besoin de prendre » l'air. »

En disant ces mots , et avant que j'aie le temps de me jeter au-devant de lui, il ouvre la porte du cabinet et me montre Augustine étendue sur le carreau.

Je ne vois plus que la femme que j'adore ;je cours, je la relève , je la porte dans l'appartement en m'é-

criant : « Voyez dans quel état 1... Elle se meurt

» et c'est vous , vous, qui en serez la cause 1 . . .

» — Ah I c'est moi qui en serai la cause 1 . . . C'est » délicieux, d'honneur ! Eh bien ! me direz-vous en- » core que vous n'avez aucune liaison avec ma » femme ? — Ah ! de grâce, aidez-moi à la secourir ; » ensuite, monsieur, vous me trouverez prêt à vous » donner toutes les satisfactions que vous exigerez... » — Eh 1 encore une fois, je vous dis que je ne vous » en veux pas !... Qui diable vous cherche querelle? » Rassurez-vous , les évanouissemens ne sont jamais » dangereux! Je vous laisse, car si elle rouvrait les » yeux maintenant , il me faudrait encore subir une » scène tragique , et je ne les aime pas. Adieu... Je » suis seulement bien aise de vous avoir prouvé que )) je n'étais pas votre dnpe. »

Il est parti ! mais en ce moment ce n'est qu'elle que je vois ; elle est toujours sans connaissance. Je l'inonde d'eau , de vinaigre. Je ne sais plus ce que je

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l^is... Moi-méine, à peine convalescent , je sens que les forces m'abandonnent. Je me mets à genoux près d'elle. Je pose sa tête sur ma poitrine... Je me traîne avec elle contre ma fenêtrC;, que j'ouvre entièrement. Je crie^ j'appelle. . . On ouvre ma porte^ on entre cliez moi en chantant.

C'est Dubois qui, en me voyant à genoux près de la chaise sur laquelle est Augustine, s'écrie : « Com- » ment I tu as une dame, et tu laisses ta porte en- » tr'ouverte!... — Ah ! viens , viens m'aider à la se- » courir... Elle est sans connaissance... Je ne sais » plus que faire... Ah! Dubois, si tu étais venu plus » tôt, elle n'aurait pas vu son mari. — Diable !...sl » le mari est venu, je conçois révanouissement... — » Tu es cause que Jenneville l'a trouvée ici ! — Jen- )' nevilleî... comment!... ce serait... — Mais donne- » moi donc quelque chose... — Je ne trouve rien » ici... c'est pis que chez moi... — Ya me chercher » un médecin... va, je t'en supplie!... — C'est un » bouillon qu'il lui faut. — Dubois, je t'en conjure, va » me chercher du secours... Elle ne peut pas rester » comme cela. . . — Allons^ calme-toi, je vais t'amener » tous les docteurs du quartier. »

Il est sorti. Je suis toujours près d'Augustine , je ne cesse pas de la regarder... Eniln, une légère rougeur vient colorer son visage... Elle rouvre les yeux... Son premier mouvement est de les porter autour d'elle , puis elle se couvre la figure de ses mains en s'écriant : « Il est parti! mais il m'a vue... » n'est-ce pas? Oh ! mon Dieu... je suis perdue... — » Augustine... revenez à vous... Pourquoi ce déses-

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» poir ?.. . Ne vous a-t-il pas, par sa conduile, laissée » libre de vos actions?... D'ailleurs, vous savez bien » que vous n'êtes pas coupable î... — Je le suis aux » yeux du monde. Vous le voyez... on dit que vous » êtes mon amant I... — Et que vous importe ce » que dit une femme comme madame de Rëmonde. . . » qui craignait que votre mari ne revînt vers vous ?. . . » — ' Ah! je sens maintenant toute l'inconséquence » de ma conduite ; mais vous , Paul, combien j'ap- » précie la vôtre !... Vous avez donc voulu le rame- » ner à moi ?... — Je voulais vous rendre heureuse, » et alors je pensais que vous ne pouviez l'être sans » lui... — Maintenant vous ne pensez plus cela de )) moi... maintenant vous me méprisez aussi!... — » Moi, vous mépriser ! Augustine. . . Revenez à vous. . . » - — Comme il m'a traitée... O mon Dieu 1 suis-je as- » sez avilie ! . . . — Avihe ! . . . vous ! ... »

Elle ne m'écoute plus , elle pleure avec abondance... Je sens que la vue de Dubois et des personnes qu'il doit amener ne peut qu'ajouter à son chagrin, et je lui apprends qu'on va venir, que j'avais demandé du monde pour lui donner des secours. Aussitôt elle me tend la main , me dit adieu en sanglotant et tenant son mouchoir sur ses yeux , elle s'éloigne précipitamment de chez moi.

Pauvre Augustine ! La présence de son mari , la manière dont il a parlé d'elle ont dû lui faire un mal!... Mais j^espère que la réflexion calmera son chagrin... Elle sentira qu'elle ne doit pas sa constance à un homme qui se conduit comme Jeimeville le fait. Plaisanter, rire des infidélités dont il la

croit coupable î... Il a donc tout-à-f^it cessé de raimer?... Il me semble que je lui en veux encore plus ; je l'aurais estimé s'il m'avait cherché querelle.

Tout en me rappelant cette scène pénible, je n'oublie pas la conversation charmante qui l'avait précédée... Augustine m'aime! Pourquoi ce qui vient d'arriver changerait-il ses sentimens? Non, je la consolerai... j'essuierai ses larmes; et, puisque sans l'être, je passe pour son amant, pourquoi ne recevrais-je pas le prix de ma constance, de mon amour?... Aux yeux du monde, elle n'en sera pas plus coupable; et peut-elle encore se faire un crime de ne plus aimer son époux I

Je me suis jeté sur une chaise; je repasse dans ma mémoire ce qu'elle me disait avant cette visite funeste; je n'ai pas entendu ouvrir ma porte, mais en levant les yeux , je suis tout étonné de voir devant moi une petite femme que je ne connais pas, et qui promène des regards curieux dans l'appartement en nie disant :

« Où est donc la dame qui a besoin de mon mi- » nistère? — De votre ministère? madame... — » Sans doute , monsieur; on vient de venir me clier- » cher... On a cassé ma sonnette à force de carillon- » ner!... c'estbien ce logement qu'on m'a indiqué... » Voyons , monsieur , conduisez-moi près de la per- » sonne... Depuis quand sent-elle des douleurs?... » Est-ce un premier ?... la dame est-elle jeune? »

J'y suis maintenant!... C'est Dubois qui m'a envoyé cette femme !... « Est-ce que madame serait...

» — Sage- l^mme^ monsieur, et fort connue dans le » quartier, je m'en vante... — Mon Dieu, madame, » je suis désolé qu'on vous ait dérangée; mais je n'ai » nullement besoin de vos services. — Je pense bien » que ce n'est pas vous , monsieur, qui en avez be- » soin... Mais on m'a fait venir pour quelque chose, » je présume? — On s'est trompé, madame , c'est » une méprise!... — Qu'est-ce à dire, monsieur? >î est-ce qu'on fait venir une femme comme moi » pour se moquer d'elle? mon temps est précieux, » monsieur... et ma sonnette qu'on a cassée. — Je » vous entends, madame. »

Je glisse une pièce de cinq francs dans la main de la sage-femme, qui veut bien alors me laisser. A peine est-elle partie, que Dubois arrive , tenant une demi-douzaine de fioles dans ses mains ; il les dépose sur une table en disant : « Voilà pour les maux de » nerfs, voilà pour les pâmoisons... voilà pour les » léthargies... voilà pour les syncopes...

» — Cest inutile, mon cher Dubois, elle a repris » ses sens et elle est partie. . . — C'était bien la peine » alors de me faire acheter une pharmacie!... — » Es-tu fou , toi , de m'envoyer une sage-femme ? » — Tu voulais absolument du monde , du secours. . . ») J'ai vu un tableau avec une sonnette en bas... j'ai » même cru que c'était un dentiste, mais j'ai dit, en- » voyons toujours... C'est égal, je rempoche mes » drogues, j'en ferai des cadeaux dans mon quartier, » quoique mes jeunes conquêtes n'aient pas l'habi- » tudedesévanouissemens.Maisonnesaitpas! ça peut i) leur prendre. Ha çà, causons donc un peu : sais-

» tu que tu es discret comme un eunuque ? Com- » ment! ta passion est la femme de Jenneville, et je » n'en savais rien ! . . .

» — Ahl tais-toi^ Dubois^ tais-toi!... que jamais » ce secret ne sorte de ta bouche ! . . . — Ce secret ?. . . » puisque le mari le sait, je ne vois pas trop ce que » vous avez à craindre... D'ailleurs n'est-il pas sé- » paré d'avec sa femme?... ça ne le regarde plus!... » — Je te le répète, ne dis jamais un mot de cela, » si tu ne veux pas que je me fâche sérieusement avec » toi... Tout ce que je puis te dire maintenant, c'est » que les apparences sont trompeuses, et que, quoi- » qu'il n'en soit nullement digne, Augustine a tou- » jours été fidèle à son mari. — Ecoute , mon petit , » si ça te fait plaisir, je croirai qu^un rat est un bœuf, » tu vois que j'y mets de la complaisance. Mais de- » puis le temps que tu soupires, si tu n'en es pas » plus avancé, je ne t'en ferai pas mon compliment. » Parlons de toi , maintenant : tu t'es blessé , tu as » été malade... Je ne l'ai su que ce matin... J'ai en- » core déménagé... Mais comment te trouves-tu.^ — » Ah! mon ami!... j'étais guéri tout à l'heure!... » Elle m'avait enfin avoué qu'elle m'aimait... mais » la présence inattendue de son mari a renouvelé » tousses chagrins... et j'ai peur que... — Tuas t|)u- » jours peur!... Fi donc!... Regarde, moi... je n'ai » jamais su ce que c'était qu'avoir peur. Aussi je mène » lestement les amours!... Voyons, te sens-tu de » force à venir manger la côtelette et le poulet avec )) jiioi ? — Non , mon ami. . . pas aujourd'hui encore. » Je suis trop faible. .. et les événemens de cette jour-

» née m'ont tellement agité, que j'ai besoin de re- « pos. — A ton aise! je m'en vais dîner : pour au- » jourd'hui je veux bien te laisser vivre de soupirs et » d'amour; mais demain je te forcerai d'y joindre » une julienne et un beefteck, c'est moins romanti- » que, mais c'e^t plus nourrissant. »

Dubois me quitte, et je me jette sur mon lit.

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