‹ La femme, le mari et l'amant (volume 4)Chapitre 11 sur 14 · L4ÏE1ME · texte numérisé non relu

L4ÏE1ME

moyen d'aller coucHbr dans ma rue Charlot ; mai& demain ! ... Ah ! demain , il faudra bien que je trouve l'instant d'aller ohei^^ Augfustinçt

En medéshabitiant, je cause, arec Lapierre de ce signer Delzini di^U% ryAb occupons le logement, et qui, à œ qs^. n^'a dit mon cocher , guérit toutes les maladies.aTee des fines herbes. Lppierre m'apprend que ce docteur étranger ne se sert eo. elE^t que de simples avec ses malades , ,et que ,. comme il se fait payer extrêmement cher,, on lui croit beaucoup de talent.; Je xn'^dors en priant le ciel pour que le savant docteur ne revienne pas à Paris avant le départ de mon père. • '

J'espérais, en me levant de bon matin, avoir le temps d'aller ches; moi avant le réveil de mon père. Mais j'ai aflÊaire.à un campagnard qui est toujours debout avec le jour. Je trouve mon père levé , iet réglant déjà l'emploi de sa journée. Je l'entends sans cesse répéter : Tu me mèneras là, puis tu me mèneras ensuite là !...

t« HiOn ET % AH ART. 165

Tout ^ek ne fait pas mon compte ; j'es^ père que Dubois Yioadrâ me relayer. Je le vois avec joie arriver,

Hon père lui demande pourquoi il n'est pas resté au spectacle aved noius. « Mon cher[ » monsieur Deligny , dit Dubois , c*est que »:j'ai rjetrottvé deux.... de mes cousineis, » dans les loges du cintre,. .1 et vous, sentes » qu*o;i se doit à sa fèmiUe.:

.. » C'est toi qui as fait tant de bruit? disTJë » tdut bas à Dubois; le spectacle en a été » troublé. — Que diable, mon ami, est'^ce » ma faute? ces deux mijaurées qui s'avi*^ » sent de trouver mauvais que j'appuie mâ& » mains am* leurs banches!;.. — Au^urn » d'hui j'espère que tui seras sage, que tu » boiras moins à ton dîner, et que tu ne quitî » teras pas mon père. ^-^^ S(hs. tranquille ,...: » 'aiijodrd!hui ton père me prendra pour » Gaton IL »»

Mon père ■ veut aller visiter le jardin des planlies , : le Luxembourg , .les Tuilmes y le.Palaia-'Koyal; il veot voir tous les pasaaH gesv, et j|e promener en bateau surle cenali

106 uraniB,

En Toilà au moîiis ponr toute là journée , mais je pense que je trouverai le moyen da m^échapper.

. J'ai< proposé à;m6n père de le men^ déjeuner au i^alais'RoyaL Noua allions noM mettre en route, lorsque madame Ledoux fait dire à Dubois qu'elle désire sarotr le cours des. denrées coloniales.

Dubois fait une grimace horrible, mais il nous (fit d'aller derant, et nous partons.

Les. provinciaux sont terribles ; ils Teolébt tout Toîr, tout examiner de près... Mon père me force de m'arrèter à chaque in^* itant. Je conçois que des personnes qui n'ont passé que quinze jours à Paris , con« naissent mieux tous les monumeos et toutes les éurioâtés de la Tille , que ceBes qui f ha« bitent depuis trente ans.

Kqus arrivons aux Tuileries*. Dubois ne nous a pas encore rejoints... Il paratt que madame Leddiix aime à faire durer les conversatiosid. Si Dubois allait me^ ÏB^sêét waou père i proinencr toute la joacn6e^..> J!ai presque eom de retouracr i^ Vallée

L« MAKI IT L':AMâ1IT. 167

des VeuTes, mais mon père ne le veut pas* Nous allons déjeuner, j'ai dit à Dubois chez quel traiteur nous serions, je pense qu'il Tiendra nous y retrourer. J'alloàge lé déjeuner tant que je puis, mais mon -père a fini de manger depuis long-temps; il me presse , il veut bien employer sa journée,

u II faudrait attendre Dubois, dis*je à » mon père. — Mon cher Paul , ton ami » nous rejoindra.,. — Mon père , à Paris on « ne se retrouve pas si fecilement. — Alors, v mon fils, nous nous passerons de lui, 9 pourvu que tu sois avec moi , c'est tout n ce qu'il me faut, »

Que répondre & cela? rien, il faut se soumettre et avoir l'air content!.,. Nous partons et je promène mon père dans les quatre coins de la ville* Tout bas je donne Dubois au diable!., Le perfide m^abandonne quand il sait que j'ai tant besoin de lui.

Ah!., que la journée me semble longue!..

Certainement j'aime mon père de toute mon ame , mais quand on est amoureux !..

168 lA FIIMI,

qnand on a mille raisons pour désirer Toir celle qu on àdore^.. Ceux qui aiment bomprendront tout le, mauvais sang que jiéfaisfi.. Si du moins je pouvais' dire^ à moQ père que je suis amoureux... lui parler d'Augustirie , mais non, c'est impossible.

Enfin, à six heures du soir nous revenons dinér au Palais-RoyaL Je suis excédé, harassé, je n'avais jamais tant tu de choses en un jour , mon père ne semble pas fatigué.

Les habitans de ta campagne ont dé meil* leuresjambes que les citadins. • .

Nous sommes revenus dîner où nous

avons déjeuné , j'ai encore un faible espoir sur Dubois ; en effet, nous ne sommes qu'au potagelorsqu'il entre dans le salon, et vient' s'asseoir à notre table.

« Ah ! te voilà donc enfin ! — Oui , mon i> amir». Papa Deligny; vous êtes frais » comme une rose!.. — Pourquoi n'es-tu n pas venu nous rejoindre ce matin? nous » t'avons atteâdu... — Ah! pourquoi...

» D'abord madame Ledoux... tu sais, ta

LE HAllI Xt l'AHÀIIt. 188

ji femme decoi^anoe... în'a forcé à lui faire M une petite causette... dont je me serais '•» lûea passé... Mais il ùe £aut pas qu'elle j» «. y aocoutumev^. Après cela je rae suis ■» rappelé que j'avais unrendes^vousimpôr*- .n.tant... » (Dubois se penche vars moi et me dit à l'oreille : •<< chez un commissaire i> de police.) Pour nnea£foire très*majeure... •I* (Pour mes panitalûns) et dont la perte «1^ m'aurait un peu embarrassé... (Je yeux » bien donner mon cœur à. la beauté^ » mais je ne yeux pas lui donner mes ou*- H lottes.)»

Je profite de la circonstance pour dire i.

mon tour : « J*ai aussi un rendez-TOus pour Il ce soir... C'était pour une affairé assez n importante;.. Mais comme mon père est » iciv.» *

. » Il ne faut pas te gêner, mon ami , s'é- » crie mon père ; si tu as ce soir une- affaire » à* terminer, il faut aller à, ton rendez-vous. » Monsieur Dubois sera assez aimable pour » me tenir compagnie. — Comment donc !..

» Mois avec le plus vif plaisir... Ce soir je lii. i5

170 tÀ f uiflE ,

n aui» tout à ▼OU8 1 — Seulement» mon fils, » tu tâeberas de nous rejoindre le plus tôt « possible^ •"— Oh ! je yous le prometâ, mon ^ père. — Soyez tranquille, papa Deligny, » je TOUS réponds que nous nous amuserons # tous les deux... Ifous ferons nos farces. «• 9 Je ne tous dis que ça. n . L'assurance de pouvoir. aller ce soir chez Augustine, me rend toute ma bonne butineur, nou faisons un dtnerfort gai. Dubois nous conte mille folies, mon père rit et boit sec; Dubois qui veut lui tenir tète est déjà aussi en train que la veille. Après le dessert je les laisse aller prendre le café^ Je leur donne rendez-vous pour neuf heures dans la nouvelle galerie /et je recommande mon père à Dubois , qui me crie : « ^ Laissenous faire et ne t'inquiète pas de nous* )» . ^ £nfin-me voilà mattre de faire ce que je veux... Je regarde ma montre, il est sept heures et demie. .. Je cours à une place de cabriolet, je monte. •• Je promets un bon pour-boire au cocher et il fouette son cheval. Il me^ semble qu'il y a un siècle que je

Ll MABI'VT l'aVAITT. t7l

n'ai TU Augustine!..* Hier je Fat quittée si >brusquieinént ! • . -Elle sl bien tn «jue moà embarras n'était pas naturel; je suis 'cu«« rieux dû saVoir oomment elle va meireèe* Toir* "

Me Toici cfaeas «lie, je monté Teseiltfeer comme si j'étais poursuifi^ j'ai soDRéyOD m'a ouvert*. • J'ei seulement entendu que madame y est, et déj& je suis dans le salon^..^ Juliette est a?ec elle : ab ! que lei amies sont quelqueifois insupportaUesl»..

On me reçoit poliment. •• mai&>quo cette politesse est froide*. • que ce salai: est .sé« Tàre.w. On me regarde à peine, en répond sèchement i ines complimens. Allons, elle est fâchée. •• Tant mieux... C'est bon aigâei Je saurai bien m'excuser eà lui àp^éniat que mon père eat ici, mais auparavant je tué 63ms pa& facile dé voir éi vraiment lon s'est inqt^été de ce que je suis devenu^ : ^ ) .

,. Jupette a auasi un air ptus^ réservé àvee. moiv die me regarde en desscms y pois elle reg;Btd0^Augustmeu Pendant quelque 1tà^> nous tn'éphangeons que des phi^aaes nidiSé-

179 hA, HjtMïf^ • •■

rentes; oalneme demande pasiote que j*an faîliidepuia la yeille, ifaaisje rois bienqu'ètt. eomeurt d'enVîe. ru <.i[ !i/:!''^'' ;> •; c*^ >

-'>£nfinr2ulieUe' me diti:es smI!i»lti^ «•^44 » Vous avez quitté votre joli doliman à épin-r in i^v/Ah.! TOuS'àvesléu tort , vrkiinedC il 9'j7Qus âlkit bien!.. — ^ Alil dit Augustme 9. .avec amèirtume^ monsieur a tro{> bon 'goût » pour se -mettre em^' sans y être forcé. •«. » iSans jdoiile'il fallait qu'il se déguisât pour » tromper 1& surveillance de quelque ja^ »»'loiix...i-^ Vous. êtes bien loin de dévider » la vérifté, mesdanïe&l.; —Vous seriez, je| i Gpqis^ îi(biçn ambanfassé pour • nous:}»

i».dire!«* «tt- Ifen^jnadame, viea Im'est phis^ » .fiifCÈile.:»^: ... -, >

■: Je lii^ià ces dames le récit de nies aven^^ tares de> la veille/ £a .apprenant qu^t^moi)) père est à. FaHs, Augnstiiie ddiigne-eofini jeter les yeux sur mot, un léger soùifire:!)»! paralt'Siuc -ses lèvres y quoique ses'regaids edlisfflivspt '€iieorè :L*es^iie;;îon . idu AôàXBiX ltifelle>rît âi^^laribes^lanK^ je i<lonieH[|^i piEMÙfiiKà 5 ')attendanl} obçec .Biib.oîft '<:pkA. ymoi

rsappocté. moa pauialon. Je tennuie moii TÀcik ea •faisant' >cohoiîltre toute Timpatienoe que j'ai éprouvée depuis la veille,, et: jâ ▼oîsiles beaux.yeux^dlÂ.v^stinè'Se fiief Àur* liqsienieddiaveG.uDe expoèssionplvs dbaoeret pltafi} tçqdre "^(fàfils 'nfàrvaieat jamaè - eue'ea vàewega^Aànt*'^ . : .'?'•'. . ; -mu 1,- , [<■: ' '»■> f/ij«'-w YQyeB>fflDùî péuV s'écrie JaHetibevéq «tjfne»<^Wt qué4e^^JQgêr gur les'appejreiiiCâsv t» Jfoils ;vou5. anppoaîoHS déjà un. fort' fatau^ norais sujet;.. Aagustine o^ème avait ioarmd U le^ojetideinëfplusvDusiVO^rrv. -4^ Quoi j Vî/mndlaipe ! .1 > -^i Ébonàets doèc 1 . . un; jeunà 7» homme qui 6b dég^iiae....' quiàecoudud ii'jpauriokez>iui..*:'^^ Ah J: vous lavez, isuu — i»rQihI.;i par hasard, Auguètine voulait. aiU^ n^icetpiaitmsépcom^aeri la campagne; epâ »iieB^xnyâtila: ^domestique pour inousi le fairp 9SBa(TGdari( Mais le portier a- dit; que >vûitf •(}n|étie^ pas: Déhtré depiais la. ipèiUêg «t)qu'il «t'iétpit tlrès-inquïetde:v;ous. )«( . ' ■

. Je conçois., maintensint , pourquoi Ton me faisait si froide mine... Si j'étais iùdiffé*»

léot., qu'^strcè que cela Iuiferait:^e'jeîue III. i5.

VIA Là FBSMEV '

oouehe pas chez moi?., m'en Toilà encore aox càp^rances. . . • je le forcerai bien à .se triabir. ' . -

''•' iiÀ prèÀ avoir l>eatie6up xi : ^e mes avénlao^ tes'dela TiCiUe, Juliette nous ^ijuilte, ct^jë reste setnl avec Ai^stine ^ éUe^se rapproche ide moi , il me semble qu'il y'd dans sa .yoîsc phisdls'doucear qu'à i'erdniaîrey peut-être est-ce parce que j'ai éié jplus loi%^tei9pa sans l'entendre. . . ses yeux ^pae sourient aree borné. •• Àhl si je ne laie retenais, je iom« beraîs i ses genoux.. ». i^ais non« n0K.;Jil Beiut querjeiois certaia d'être aimé , il serait tpèp cruel de s'être 'encpîré abusé.

Depuis plus d'uàe heure ^ nous somsnrea seàAs... nous parïons peu... je ne sais pas tropce qpe noos disons... raab qu^nnperte quand on est bieh ensemble. Augùstine sou* pire quelquiefois, je feins de ne point m*en iqpercbvotr. Enfin elle me dit ; « Pourquoi 31 donp craignez«T0us tant que votre père » apprenne que roas arez perdu une parti tie de vôtre fortune? ^^ D'abord parce 9 qoi^ cela lui ferait de la peinte*.. •^.Ma»

: ]f ne fiuidra-t^l pas que tôt oa tard 'it saohe » la' vérité ?..« -^ Sans doute... mais s.'il la » connaissait maintenant , il voudrait me *:faire' quitter Paris..», il voudrait surtout n me marier. . . *^ Vous marier I ah I .« •• votia » croyez qu*il pense.^. en effet»., vous voui^ jt. macia'ez quelque jour !.«. »

Elle a prononcé cea derniers mots biêb triatement et en laissant tomber sa tête sutf sa poittrme. Je gardé le silence, -mais jef es>> pire, à peine. Elle rq>rend aa bout d'un moment: «Pourquoi ue voulez- vous pas tr • <nkis marier maintenant? — Le mariage n'tf » Hëà qui me charme..... qui me séduise à » présent!... — Cependant il faudra HeU i^ ute jour obéir' à votre péfe. .... d^ailn'teurshe faut-iî pa» toujours finir par là... » vous vous marierez J. .. puissicz-voos dans » vofre ménage être plus heureux que » morf... n '

EHe achève à peine ces mots , que deux ruisseaux de larmes «échappent de ses yeux, les sanglots oppressetit sa poitrine, eHe cou« vre son visage de son mouchoir. Hais qui

178 LAKEXXB.

fait Gotrier ses pleurs? est-cô le soùrsnir.'de sbQiiiiari ?. lestroé la peanëe que je BtrâÎBarie-^

rilii?.ii:ru :: ;/ T .^ -.. i' • i' • î' ') «•

^.'JeifreDdé^sairiaiaqùe je presse dans, la BlidBQCl pet>dàai qu'elle se-liYreâunedou- IftinvdQnt^e.yoùdrais hiisaeotf^iinitxe'la pria*cipale cause. Mous )rf etopsi quelquesauniites waI' . Enfin • ii^uguaûoe /es^eises.yetix et m^.dit; rrr :«i.fe:6«iU.bi^Â;kttnuyeii8e^; J[i'.«»t^ » ^IHS {^a^ .?., « . , p^rdûnn^irtootv . « n^aistié soitr if î^9iiirjdQ:ii«)«i toppif^^w>l.:^ Jî«î pairtonâ pia^ i»:.de,Qdi>^^/ il esb ))i4ii. t^n^.;.. est^e .qim ¥ {VCtu^iP^ttwrnezcQ 8câr;à;Vf*llé0 d^.Yfiiay^, Ti 3ife;i.(. ,T^9(Çzj^ écpqte?^^.*. ^'jB8| la pluie j[{ui

- 1 Jft effets il faij; uj[^ tfioifls, Aorrife^ ftt ! U est;;n|i#uit: J»ê^^; a^pr^. <^'eUe je.ni^i.^^er- Pffijrqp^^Ml rteure .ni ie, te^aps. Mon. jp^rç dpit é^*]e malfite^iaut coixçhé et endormii, Je puis bien aller rue Chariot , et demaii^, jç li;^4îiL^i q^Ç'jai ^t qnç course a?anlb9oa r^^^^ gar.Cfe moyen, je, pourrai revoir Audjçnmiu mati^ a?ant d'aller aux Ëlysées, !jîlle approuve moaidée.

Ll lABI Vr L*AXA1fT. 177

Je passe encore une demi-heure près d*elle, et en me quittant, elle me répète : «-r- A » . daioaia. ^ . ^ . ,

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178 LAFOKE

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