CHAPITRE TH
Mon père et Dubois.— L'Anglais malade.
Pendant qu*ivre d'amour et d'espérance, je passais une soirée charmante près «d'Augustine , oubliant mon père et Dubois auxquels j'avais donné parole pour neuf heures;^ de leur côté, ils n'avaient pas été plus exacts au rendez-vous.
Resté seul au café avec mon père , Dubois yeut lui faire goûter de toutes les liqueurs. Halheureusement il se trouve être en fonds ; il a touché de l'argent dans la matinée, et l'on sait qu'il aime autant à le dépenser, que Jolivet aime à garder le sien.
Hais les gens de province mettent ordi-
Li KAfti Vf l'ahaht. 179
naîrcment de ramoar*propre à ne point se lakser Taincre en politesses parles Parisiens. Tentas les fois que Dabois a payé quelque chose, mon père rent avoir sa revanche , et il paie à son tour ; Dubois fait revenir autre ^dioae, parce qu*il vent avoir le dernier; mon père prétend aussi ne pas être moins généreux; ces messieurs y mettent un CQtètement qui pourrait finir par les conduire sous la table.
Heureusement la chaleur du cafié, et les di£Bérentes libations qu'ils ont faites, leur donnent le désir d'à Aer respirer le grand air. Alors le temps était encore superbe. « •— » Allons nous promener, dit mon père. -<*- » Oui, allons lorgner les femmes sur le hou- 9 levard , dit Dubois* »
Ces messieurs se mettent en route. La raiscm de mon père n'a pas tenu contre tous les petits verres, celle de Dubois est depuis long-temps déménagée ; et tout en se promenant sur le boulevard, il se permet de parler à toutes les femmes qui lui semblent un peu jolies. Hon père lui dfi avec naïveté :
lao ... LA
^ — Jf'OOM connaissez, donë beaucoup de » monde à Paris? — Mm, respectable Tièil- •n krd, je suis codau du beau sexe, comme » les peinires connaissent FApoUon du Beiï» védère. » .
Cependant plusieurs des soi-disant coh»naissandes de Dubois , se sont eiSensées de aes propos. Quelques homm«s s'en sont mèlé& , alors Dubois fait doublcnr le pas à son compagnon ; ces messieurs se jettent dans les petites boutiques qui encombrent maintenant les boulevards; ils renversent lés marcbandises; les iharchàsdsleur disent des injures , et mon père , tout étourdi de la promenade que Dubois lui fait faire , lui dit: « — Pourquoi tous ces génsflàcriient-ib n après nous ? — Parce que ce août des n drôles qui ont envie que je les rosse. •• mais n je ne les rosserai pas ce soir, parce que » vous êtes avec moi. »
Il est nuit depuis long-temps. Mon père , fetigué de sa promenade , a envie dé rentrer se coucher, mais Dubois lui. dit : « Vous » n'y pensez pas!... il n'est pas dix heures,
LS Ki^mi iT%'AHAirr* 181
» et â Pans , un honnête homme ne peut » pas se coucher avant minuit... — Hais si » j'ai envie de dormir^. % — Non, respectal)le » vieillard, vous n'avez pas envie de dor^
» mir Je ne soiiiSnrai pas que vous
i> dormiez. Nous allons prendre un sapin » et je vous mènerai dans un endroit charn mant, qui, d'ailleurs, n'est qu'à deux pas » de votre logis , ce qui nous sera commode H pour nous eja revenir'. »
Ces messieurs montent en voiture, et Dubois dit au cocher de les mener ^u salon de Flore, aux Champs-Elysées.
« Qu'est-ce que c'est que le salon de
» Flore? » demande mon père pendant que
le sapin roiila. — « C'est un. des bals cham-
» pétres delà capitale où Thomme aimable
.» .a le plus d'agrémens. — Que voulez-vous
» que je fasse à un bal ?.. . je ne danse plus.
» — Vous y ferez tout ce que vous voudrez^;
» nos bals champêtres sont très-agréables,
» en ce qu'on y fait autre chose que dan-
n scr!... — Dans mon temps, cependant,
I» j'étais un amateur de danse... J'avais un
ni. i6
J8S Lk 1KMB5
« jarret étonnant. — Quel flge aTez-tous » maintenant ?-^«-<]!iiifqaante-huit ans. — ^G'est Il le plus bel âge pour danser, c'est celui où )k Ton met le moins de raideur dans ses pas. •• » Vous pincerez ce soir votre rigaudon.. .Et « si ça TOUS fait plaisir, tous pincerez bien ■n autre cbosef... »
On arrive au salon de Flore. Dubois prend mon père sous son bras« et le promène partout en le faisant s'arrêta devant chaque femme et le forçant d'offrir du tabac k celles qu'il trouve gentilles. Mon père qui croit que c'est l'usage à Paris , et qui d'ailleurs ne sait plus trop oùil en est, se promène avec sa tabatière ouverte à la main. Dubois propose du punch pour se rafraîchir, le punch est accepté , on se met dans un bosquet d'où l'on aperçoit la danse. Mais bieotdt la pluie, 4}ui tombe avec force, chass^ tous les promeneurs dans le salon. Mon père et Dubois vont s'y installer avec un autre bol de punch.
Au bout de quelque temps,' Dubois dit à mon pèi^e : « A présent que nous sommes n rafraîchis , nous allons danser. — - J'aime-
Ll lARI BT h^àMAWf. 183
n rt&s xsiéax aller me coacher. -^ Vooi n'y n pensez pfis*.» Il pleut à seaux , impossible n de Visn aller de ce temps^ei... Dansons.. # » -^Jene ooontis pas;de'damè«.;*'^Oh!
» on a bientôt fait connaissance !..«• lanteB 1» celle <)ui sera le plus à fotre gor&t. ^^In- » yite^t^n aussi à danser en ofirant une 3» prise de tabac?—* Non. «.Voua ferez mu » complimwtà voire choix... Allons, papa> I» Beligay^ de la terdeur..^ Je rais mer » iheUreenface de tous. »
Il iMon père prend son chiqpeau i la mdin,; ae dpnne tin àir .déterminé , et après avoir £ail quelques tours dans le salon , invite une dame de cinquante ans , qui n'était venue que pour faire dailser ses nièces. La bonne dame , enchantée d'une proposition que depuis loQgttemps on ne lui fiiit plus , prend austttôt là main que mon père Ipi présente, et tous deuxi.vont se pbcer pour la contredànae« ' • .
Buboia vient de se inettre en face de mon père<afec nne demoideUe quia sous s6n honâet un peigne de six pouœs de baot.^
Eii.vcvyant k danseuse de mon pèroi, ihi-^ bois s'écrie : « Si eelle-U ne sait pa& eivcore H^lec figurefr,. ça sera malheureux h. :.At* )». téhtion^ jeune couple ^ on a les yetaac sur
ir: VOUS ; i»^ • .;
i En effet , beaucoup de jeunes gei^ qîiî ne dansent pas, paraissent oupieux de voir comment le jeune couple s'en tirera. L'orchestre donne. le signal, on sait que la première ritournelle n'est que potirfiirertir les danseurs. Mon père, qui ne sait pkiÀcela, part ATCG sa., dame , tous deux s'élanceat «en bondissant Tars Dubois qui retient monipère' par le pan de son habit ,\ ^ea lui oriaiit s «Un. » instant, me& petits gaillards/. i pa9)^eii- » .core!.^. A.p]^ésient^.c'e8t cela^ déplayons
}» tous nos moyens; )<;: ..:.,.;
' Buboisv. échauffé par le-puoâh^^Mdanse comme^un!. possédé ^ mon .pèrei:el! sia danseuse se sOQt déjà pbrdus danai;lA. ehftlkiè anglaise; mais ils se jettent sur toisè>'le« mondeiet dansent fiCHigaurs; oniritldéttius cèbks en les regprdaotJ Duboisitrouroronflii*. vais. ^uùXoarxm àà' ad» vi84:tfl[isi;) iioÎMre'
LS XARI ET L*AHAI«T. 18^
ciilre^s xlbiils, et dit à ^oreille de mon père ; liiraqafil ^sse près de lui : « Don- H'iiëzHiDéi'ideS' coups de pied à tous ces*
' .Mbn.pèrei et sa: danseuse ne donnent pas de tôàupB.de'pted, muis' ils siégèrent dé nouveaiii dans une figure et ils terminent une pastourelle en^valsant. Lès jeunes gens qoi les entourent rient de plus belle, Dubois leuErjétte alors, son chapeaaà^la tète, en leiir/criant t -i Yousétes desihsoléns!... À Vbias u'ètes pas f...,. pour danâer comnie h '^a| Et je vous défie tous f- »
'' An^silàt jpifisieurs hoimimes se précipitent sur .Dubois., ia danse est ioterrooipue , les foiïimeà /crient ,^^ les enfens pleurent, on se po(UB6e 9 on se menace ; mon père , bousculé par.cbacun ; et ne sachant pas iméme qu'il est la cause'de.ce tapage , perd sa danseuse et ^on mouchoir. Mais Dubois qui se voit menacé par une dizaine d^individus, prend le Iwas de mon père , et se sert de sa per- 6onn«ô comme d'un bouclier, pour parer les
coups. .<>^/>.
188 t.AJpn«ts
» -^ Il faudrabien quenbus ardvieife.qhel-^ n .qnepart. 4444yoa8: dites :qii6<)e''(fUfiiAier4ci' 9 lestle plus;beaàdëBaris»...p<Mirq(QMirIcl0oa n;;^»' réclaire^vt^oii. .pas(?^C'^e^ jasteihent fiipouv.ioelB son; n'éçlttiœ^ qoe/fles; vilain» 9 iquarbieESi où^it y i& des /i^olentesj^'^âlai» )» qelu^oi me semble bîeiïâése7t.v.^^*^^Ssdili,.. n vous' ne TOyez pas. ies gens qoi^ passieptr » Iparcé qu'il faH naitL...-^.Oa'tréImcbe & )>' chaque paB,.*r-r>€*i38t que iuous 'n'aVens^ »;pas pris le.ïrôttoîr.i«« attendea^, Je saisie »^ chercbeir... — Ak I ]iiaa])ieu.....Yèusni'en« n.'trcttnez!... 9 :■' -.v ' ., ••
Ces messieurs Ttsnaient dé router ddn»
uti fessé rempli: d*)sau . et de . boue; Dubois jure comme un damnée et mon père enfeib autant^ en maaidissaot le beau quartier où< son fUs>a>été se Idgier* Tous deux ^ parnen-» nent cependant à se retirer du fidssé , mais leurs habits., leurs mains, sont coutefts de boue. 11 &ut se rémettre ainsi en masche.
Enfin après avoir erré, pendant nm iieure dans les Champs-Elysées, ils se trouvent dans lallée des Yeuve&et devant la maison de madame Ledoux.
Ll KAftl IT l'amant. 1*891
Le portier en leur ouvrant la porté est effirayé de l'état dans lequel ils sont.. Dubois lui ^it de se taire , et de leur donner de la lumière. Tout en lui présentant une chandelle , lé portier dit & Did>ois : u Madame > Ledoux m'avait chargé de fidre savoir à » monsieur 9 si je le voyais ce soir, qu'elle » désirait lui parler pour connaître le cours » des denrées coloniales.
» -*-Que madame Ledouk aille se pro-* '^ mener I H ' s'écrie Dubois en prenant la lumière... « Je ne lui dirai pas seulement » le cours des haricots!... La petite mère » mord un peu tropà la friandise... Allons ^ nous coucher, père de mon ami. »
Kon père ne demandait pas. mieux; étourdi de sa soirée il avait gmnd besoin de piendre du repos. Il est bientèt côucbé et endormi. ' . -
U n'en est pas de même de Dubois ;^ <^iniae il ne sait pas encore dans quel lit il couchera , il prend une chandelle , et se met ^ parcourir la maison pour se chercher mie <^àihre..:
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Il était plus de minuit , tout le monde dormait. Dubois, qui n'est jamais embarrassé , parcourt les corridors et ourre plu* sieurs portes. Hais il n'est encore entré que dans des chambres où il n'y a pas de lit.
A force de chercher « il entre dans une pièce où il voit line couchette sans rideaux. .. Il s'ayance : le lit est occupé , et Dubois reconnaît mademoiselle Girard , la cuisi' niëre de la maison, qui ronfle comme ud cheval poussif. Mademoiselle Girard n'est ni très jeune ni très-jolie ; elle a un gros nei plein de tabac, et une peau qui ressemble à un bouillon gras , .mais quand on a beau* coup dtaé , qu'on a bu du. punch , qu'on a dansé , et qu'on a roulé dans up fossé ^ on doit avoir la tête montée. Aussitôt Dubois se déshabille , souffle sa chandelle et se couche près de mademoiselle Girard, en disant : « Je ne suis pas £tché de saioir si » elle £iit l'amour aussi bien que le maca^ » roni. t»
En s'éveillant le lendemain ikiatin , mon père repasse dans sa mémoire tous les évé*
Ll KAKI ST L*AHANT. 191
nemeos de la veille; il n'est {>as content de lai j il ne conçoit pas oomment , à son âgé, il a pu conaxnettré autant de folies ; mais il est surtout fort en colère contre Dubois qui Va fait datiiser au salon de Flore. Voulant me faire compliment de mon ami) mon père nv'appelle, je ne lui réponds pas, par la raison qu*au lieu d'ayoir couché près de loi^ je suis à mon logement de la rue Chariot.
Mon pière appelle Lapierre, mais Lapierre était déjà sorti pour des commissions. Mon père se lève, s'habille , et tout en B^habillant il murmure , il gronde , il est de fort mauvaise humeur.
Surpris de ne point me voir, mon -père va sortir pour s'informer' dé ce que je suis devenu, lorsqu'il entend frapper doucement à sa porte ; il va ouvrir, et un jeune^ bomme , mis avec beaucoup d'élégance > se présente en lui faisant un profond salut..
« — Master Dézini? » dit l'étranger avec un accent qui fait sur-le-champ reconnaître UQ de nos voisins d'outre-mer. Mon père,
^qui ctoit que ^6 jeane Anglais demande soa .fils , parce. <{ae le nom qu'il a prononcé est 'à^peu-près le siea, présente un siège à Té- ^traQger, en Itti disant ;
<c Mon fils est .déjà sorti , monsieur ; : 3»^ mais si tous yoiilez bien me dire ce qai » vous amène, ce sera absolument la même « chose. »
Le jeune Anglais ne semble pas a?oir très-bien compris mon père, et. tout en s'asseyant , il lui répète : « — Etre vous le .n signer Dézini? — Oui, monsieur. Sen ligay... c'est comme cela qu'il faut pro- }» noacer , mais je vois que vous êtes étran- » ger , et on ne peut pas tout de suite bien n dire les noms. Monsieur est Anglais ? — » ¥eà , et vous il avait beaucoup jgrande- I» ment été utile à plusieurs compatriotes i » moi , qui avaient donné le adresse de » vous. — Ah ! j'entends ! • .. mon fils a fait » des a£Faires avec vos compatriotes !•.. cela » ne m'étonne pas , il est très - répandu » dans le mondé , c'est un garçon qui ira .* loin!.,. — Yesj sir, je venais aussi pour
m que tous U soulagiez n)oi... Je paierai » trèS'-fort beaucoup sans marchander.. •• ,1 ' — Ah! fort bien; mousîèar Tient pour » le consulter../— Yes..,.comultaHon. — H. Si nionsieur veut avoir la ccuopplaisance n de m'espliquer ce que c'est... »
: Le jeune Anglais rapproche sa. chaisede celle de mon père,: et lui dit d'un ton très-gpraye : <t Jeavais^le ver tout seul. »
Mon. père pèndfae Fora lie vers le jeunv homme; en disant : « Pardon, je n'ai pas n bien entendu.— -Je avais levei* tout seul. »
Mon père ouvre de grands yeux et ae gratte la tête en murmurante « Vous avet » le ▼>eiv..* !Ah ! vous voulez dire que vous » faites des versl..:. — t Yes, yes,..^ je fai- }>. sais l.««.f-^£tG'«&t pour des vers que vous n. ^enei comulter won fils^... Ma foi, je > ne sais pas s'il est. poète... Kais' comme il » a beaucoup d'esprit, il, est possible... et R puis à Paris c'est peut-être l'usage de con* »'. jsultér les . hommes d'affaires pour les »• ouvrages littéraires. Donnez- moi vos vers , i»i je les montrerai à mon fils*.. », m. 17
1B4 LA pumB,
L'Anglais . .regardé mxya père: d'an air dlmpatience^ en répétant :.«< Je dis à tous » que je voulais plus avoir lejer. tout seul... N — Ah ! bon> . je comprends , « . • . vous ne » voulez pas. en. faire seul, c'est^àr-dire que n vous voûtez que iQon fils* en fesse avee » vous... C'est un ouvrage qile vous désirez terminer en société !«•. «^ i > m •
L'Anglais se lève avec colère^ en s*écriant : » Je avais le ver ^ofrto; seule. •• God dem-L.. vous devez chasser lui de là«.. »
En disant ces mots , l'Anglais prend la main de mon. père , et se la pose sur le ventre. Mon père trouve cette fieiçon d'agir très^cavalière, il retire sa main brusquement, en s'écriant à son tour : •
tt Allez-vous-en au diable avec votre ver. . . » est-ce que vous croyez, monsieur, (|ue n l'usage est ici de se faire tâter le gousset » pour prouver qu'on est en état deT)ayer » les hommes d'affaires ?. . . Je vois très -bien n que vous avez de l'argent;... mais vous }> vous expliquerez avec mon fib. »
L'Anglais devient violet' de colère; il
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frappe du pied dans Tappartemeat , et poursuit mon père en lui criant aux oreilles :
tf Je.avais le ver toute seule. •• vous, chasser » 1 ui . . • voué , donner drogue à moi . . . tous , » être obligé pour guérir moi!... »
Mon père commence à perdre patience ; il crie aussi ficurt que l'Anglais , parce que beaucoup, de gens croient qu'en criant ils se font mieux comprendre. Dans ce moment d'autres cris se font .entendre dans la maison; ils. partent de la chambre de la cuisinière. C'est naadame Ledoux , qui , surprise de ne point voir descendre mademoiselle Girard , pour apprêter le déjeuner , est montéejusques chez elle , où elle a trouvé Dubois apprenant à sa cuisinière le cours des denrées coloniales. Madame Ledoux est furieuse ,' çHe na pas eu des complaisances J aTêcHubois , pour que ce soit mademoiselle Girard qui en profite. Elle crie , elle tem* pête , elle ordonne à sa cuisinière de faire son paquet, et à Dubois de m'annoncer qu'elle ne peut plus me prêter son loge* ment.
196 Là FI ms ,
Dubois est descendu à-demi habillé pour m'apprendre cette nouvelle ; il trouve mon père aux prises avec le jeune Aàglais , qui ne veut pas absolument le lâcher qu*41 ne lui ait prescrit une drogue, pubois, qui devine sur-le-chanip le quiproquo, se jette dans un fauteuil en riant aux éclats, et pour compléter le tableau , madame LedouK parait à l'entrée de Tappartement , jetant sur Dubois des regards furibonds.
« Pour Dieu , monsieur Dubois , » s'écrie mon père , k débarrassez^mm de monsieur ,...
>» et vous , madame , qui êtes femme de 'i confiance de mon fils , pourquoi avez* i> vous laissé monter cet Anglais , lorsque » mon fils n'y est pas?
» — Moi, femme de confiance, * dit madame Ledoux en s'avançant v^rs mon père, « qu'est-ce à dire, monsieur ?.«• Ap- » prenez que je suis chez moi , que c^te » inaison m'appartient !... et que si j'ai voulu » prêter à votre fils le logement dû signor » Deizini, ce n'est pas pour que. Ton dé* » bauche mes cuisinières, et que chez moi