CHAPITRE II
Une scène à la &apée.
Je suis content du courage que j'ai montré , et me voilà bien décidé à ne plus retourner chez madame... madame Luceval j car je ne puis m'habituer à l'appeler madame Jenne ville.
Mais pour me fortifier dans ma résolution je sens que j'ai besoin de m'étourdir , de me distraire... Je suis comme ces poltrons qui se grisent la veille d'un combat.
Je rentre chez moi... Je voudrais travailler^ me créer quelque occupation... Mais, non , je ne suis pas assez calme pour travailler, il me faut du bruit, du mouvement... Je vais ressortir... Jolivet arrive.
« — Dis donc, Paul , je n'ai pas laissé un
LB HARI ET l'aHART. 33
n parapluie chez toi la dernière fois que je
n suis venu?... Ah! tu te portes, bien du
» reste.... Un parapluie brun passé.... h
» canne. — Je suis enchanté de te voir,
n Jolivet; que fais -tu aujourd'hui? — Moi...
» mais comme tu vois , je cours partout
» pour tâcher de retrouver ce maudit pa-
» rapluie... — Laisse-là ton parapluie, et
» réponds-moi. — C'est que tu ne sais pas
31 qu'il n'était pas à moi, c'est un mon-
» sieur qui me l'avait prêté, il y a... trois
» ou quatre mois , j'avais toujous oublié
» de le lui rendre.... mais comme il a plu
3» ce matin il est venu me le demander;
n c'est très-désagréable , il faudra que je le
» paie... Il était vieux, et il faudra que j'en
» donne un neuf... — Jolivet, je suis décidé
» à m'amuser aujourd'hui ou à l'essayer du
» moins... Reste avec moi , je te mène dî-
» ner , je te mène au spectacle , je te mène
» où tu voudras. — Bath! Vraiment., • C'est
» assez séduisant. .. Et tu ne me laisseras pas
» avec la carte chez le traiteur ! — En tous
a cas, il me semble que je t'ai remboursé.
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, -^ Ohl c'est juste !... Je disais ça pour n rire... Ha foi^ je me laisse séduire, je w reste ayec toi.... D'ailleurs je vois bien a qq'il faut que je fasse mon deuil du para- » pluie... Je tâcherai d'en trouver un de » hasard. »
En ce moment on sonne avec violence à ma porte. C'est Dubois; il ne pouvait arriver plus à propos.
« — Ouf ! je n'en puis plus , j'arrive » d'Âuteuil , dit Dubois en se jetant dans I» un fauteuil. — Comment! tu y as couché?
n — Il a bien fallu , je t'attendais tou* » jours. •• Il était tard , plus de voiture».... » Revenir seul... C'est une route si en- » nuyeuse ! ... Je me suis dit : Au fait , il y a » des lits à Auteuil comme ailleurs... J'ai 3> couché dans une auberge où il y a une » servante qui n'est pas piquée des vers !...
n — Mais tu as été piqué par quelque » chose, toi, » dit Jolivet en' examinant la figure du Dubois. — «Ça... Oh! ce n'est n rien... Ce sont les caresses de la vertu f ... » £h bien , mes enfans , vous semblés dis^