‹ La femme, le mari et l'amantChapitre 2 sur 17 · LB UARI IT L AMANT · texte numérisé non relu

LB UARI IT L AMANT

néiBent sur la banquette; celle ^ui est près demei manque de s'asseoir sur mes genoux, et avec son coude jette à terre mon chapeau; elle ne fait pas attention à tout cela, elle ne semble nullement s'inquiéter de gêner ses voisins ; pour elleia grande affait*e est d'être placée ; en s'asseyant, elle pousse un ouf capable d*éteindre un quinquet , puis s'écrie :

«( Nous v'ià dedans enfin... ah! bien, ça B n'est pas sans peine I... Dis donc, Marie, » comme on se bouscule a la porte.... c'est » une tuerie !... J'ai manqué d'avoir le sein » pris dans une balustrade.... c'est qu'il y M avait des sournois qui poussaient. ... et )» puis, en pbussant , ils vous pincent. As^tu » vu comme j'ai parlé à ce vilain rouget qui » était derrière moi? Il avait toujours sa I* main sur ma hanche ; il disait que c'était » pour me protéger ! ... Je lui ai dit : Si vo«rs » ne voulez pas finir vos protections, je n voua fais empoigner par le gendarme !....

» RecuIe«toi donc un peu, Marie.«. que » nous soyons à notre aise.,. >»

8 LA FBMI ,

Je prévois que nous aurons pendant les entr*actes, et peut-être pendant les actes, le plaisir d'entendre la conversation de ces deux dames qui ne veulent pas être poussées , mais ne se gênent nullement pour pousser les autres. Ce sont pourtant deux femmes jei^nes, dont les traits sont assez agréables ; mais quelle différence avec cette dame qui est venue auparavant ! des joues bien rouges, des yeux bien brillans, des bouches bien fraîches , mais une expression commune, rien de spirituel, rien dô délicat dans tout cela.

J'avance un peu la tête : je voudrais bien * apercevoir de temps à autre la figure de cette jolie dame que je n'ai fait qu'entrevoir; mais je suis placé précisément derrière elle, et elle a un de ces chapeaux, désespoir des habitués de spectacle ; je maudis le chapeau , non parce qu'il me cache une grande partie de la scène, mais parce qu'il m'empêche de voir cette figure dont Texpression m'a plu sur-le-champ. Je voudrais savoir si en l'examinant à loisir, le charme sera toujours le

Page 1