‹ La femme, le mari et l'amantChapitre 3 sur 17 · LE HJLII IT L*AHA1IT · texte numérisé non relu

LE HJLII IT L*AHA1IT

même Il y a tant de choses qui pour

plaire ne demandent pas à être examinées long-temps.

On ne se retourne pas, on reste bien tranquille , je crois m'apercevoir qu'on ne répond que par monosyllabes au jeune voisin de gauche qui cherche à entamer la conversation et qui, piqué de ce qu'on ne lui montre pas plus de reconnaissance pour la place qu'il a bien voulu faire , finit par tourner le dos et lorgner ailleurs.

Je commence aussi à m'ennuyer de ne regarder que le derrière d'une capote pensée, portons nos regards sur ce qui nous entoure : à côté du grand monsieur sec, est une jeune femme coiffée d'un petit bonnet à la lingère , une figure lutine , de petits yeux noirs bien éveillés , un nez retroussé , toujours un demi-sourire sur les lèvres, un certain air moqueur en regardant les autres femmes. Cela m'a bien l'air d'une petite ouvrière j elle est avec une petite fille de quinze ou seize ans , mise dans le même goût , qui n'est pas jolie , mais qui parle

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très haut et rit toujours avec sa compagiœ.

Après le jeune hoaune qui est à gauche , est un petit-maitre 9 de quarante ans au moins , une recherche affectée dans la mise, les boutons en opale, lelc^rgnon, des gants ferin , des cheveux très noirs , bien boudés; on voit que le coiffeur a passé par là !... des favoris bien taillés, et plus noirs encore que les cheveux, des sourcils de jais; tout cela pourrait bien être peint, je ne serais môme pas surpris qu'il eût un faux toupet, on les adapte si bien maintenant! avec cela de belles couleurs ; ce serait un fort joli garçon si son nez , extrêmement aquilin , n^était pas d'une petitesse ridicule; au total un air aussi béte que sui&sant.

Après ce mirliflor, un monsieur et une dame.... de ces figures ordinaires, de bons bourgeois, qui aimeraient mieux nepoi&t diner que de manquer la première représ^i* tation d'un mélodrame ; le chapeau de l'é* pousea Faird'un colimaçon; il est probable «quil aura reçu quelques bourrades à la queue ^ c'eét ce qui l'aura déformé, et on

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aime trop à se moquer des aotres pour que personne ait eu la charité de dire à cette dame que sa capote fait la gouttière par le baut. Quant au mari, il ne voit pas cela; il ne regarde jamais sa femme.

Dans la logé derrière moi , un monsieur avec une dame, dont la mise est trop recherchée pour venir à un théâtre des boulevards; cela jure avec ces individus qui, à deux étages plus haut, sont sans vestes, et ont retroussé leurs chemisés jusqu'au coude, alloageàut leur tête couverte de casquette de loutre , pour échanger avec des amis , placés aux autres extrémités de la salle , des pl«ii$anteries qui sont plus que grivoises.

Hais ces messieurs sont au paradis , et il parait qu'on s'y permet tout.

Je connais déjà les deux femmes assises à côté de moi; je sais que l'une s'appelle JHarieyet que l'autre met àchaque instant son bras fiior mon épaule et ses cuisses sur les mienne», c'est toujours très-agréable. Derrière non» enfin sont deux hommes , l'un, foi est fort jeune , a là bouche béante , l'air

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étonné , les yeux aussi ouverts qu'il soit j'^^ssible , et semble encore neuf aux plaisirs du speotacle et aux habitudes de Paris; Tautre, à moitié chauve, a ramené avec peine sur le devant de- sa tète le peu de cheveux qui en couvrent encore le derrière; il fait le gentil, sourit et fredonne -sans cesse, regarde les dames en dessous , et fait en sorte d'avoir les genoux tout contre le dos de ma grosse voisine.

^ «c Dis donc, Marie , vois-tu nos hommes?. • » ils doivent être au parterre...., ils sont )) partis une heure avant nous , ils se seront » bien placés.. .. — Je ne les vois pas plus » que notre chat!.... — C'est drôle ça...., » est-ce qu'ils se sont perdus dans la queue, » ou ben qu'ils n'auront pas pu percer dans )» ce/wf7/«-/(i/... — Oh! je suis bien tran- » quille pour Gérard , il sait se faire faire » place.... Quand on est de sa force et ner- )i veux comme lui, est-ce qu'on n'entre pas I » partout. — Mon mari est nerveux aussi , » ce pauvre Bribri!... Mais comme il n'est » pas grand, j'ai toujours peur qu'on ne

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rétouffe... Ah! attends, je crois que je » les vois sous le lustre... »

n — Prenez donc garde , madame , vous » vous couchez sur moi, » dit le vieux mousieur de devant , sur lequel ma voisine se penchait pour mieux voir dans le parterre.

«c — Dame , il faut bien que je cherche » mon homme... Oui, c*est lui, c'est Bri- » bri... , il a mis son bonnet de soie noire.. • » — r- Gérard est â côté de lui...

» — Mais , madame , vous nous étoufï» fei.. . — Ah ! mon Dieui est*ce qu'on n'ose » pas remuer ici!... »

La voisine se jette alors sur moi et met sa main sur mon épaule pour se penclier vers le parterre, tandis que le vieux monsieur se retourne eX lance h ces dames des regards courroucés , auxquels elles ne font aucune attention, continuant de parler comme si elles étaient chez elles'.

. tt Je voudrais bien que Gérard nous visse, • » — Sentais béies de ne pas regarder de » notre côté;.. Attends, je ^s lever la main. » Hum!... hum!... »

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Fort heuTeusement popi* m.oi (}iie messieurs Gérard et Bribri aperçurent les signaux de leurs épouses, sans quoi ces dames ne cessaient point leurs évolutions; mais aux sourires qu'on leur rendit , elles se calmèrent, se remirent à leur place, et je pas respirer et voir devant moi.

La capote pensée conserve toujours sa même tranquillité, ne se retournant pas , ne regardant ni à droite, ni à gauche, ne causant point avec ses voisins. Pouf une dame qui est venue seule , cette conduite est assez surprenante. Je suiis précisément derrière elle, je pourrais appuyer mes genoux contre elle , et glisser ma main le long de sa robe , ainsi que le font tant de ces amateurs qui ne vont au spectacle que pour se procurer ce petit plaisir. Mais que le ciel me préserve de me conduire jamais ainsi; n'est*ce pas une manière bien délicate de £Btire connaître à une dame qu'elle nous plaît, que de lui enfoncer nos genoux dans le dos , ou de lui pincer le bas des reins , conduite que Ton ne pourrait se per-

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mettre qu'arec des filles pubtîques , et aoxqoelles , par conséqiteét , oti semble assimiler les femmes à qni on fait de telles offenses. Qaand donc les bommes saurontils se respecter?.,. Ab, mon Dieu, je crois que je fais de la morale!.... Non, je dis ce que je pense, et voilà tout.

Le public s*impatienle de ce qu'on ne conÀmeuce pas ; et le public du boulevard du Temple exprime bruyamment son ennui. Au parterre, on bat la semelle ; aux galeries , on siffle; au paradis, on crie : « La toile! n avec accompagnement de jurons.

Penéftnt tout ce tapage , je m'aperçois que le monsiem* chauve, assis derrière ma grosse voisine , a tiré un petit peigne d'écaillé de sa poche, et qu'il s'occupe à ramener sur son front une trentaine de cheveux qui s'obstinent à vouloir retomber en arrière, d'où ils se développent en longues mèches, ce qoi donne à la tète de ce monsieur la tournure de ces plumeaux que vendaient les Alsaciennes.

Mes deux voisines, qui ont sans doute

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juré de. ne pas rester deux minutes tranr quilles, se sont levées de nouveau et regardent dans le parterre :

«c Âh ! Marie, voilà ton époux qui &it la :» conversation avec ses voisins... — Il n'est n pasbéte, Gérard; il cause très long'-temps » quand il veut... — Tiens, voilà Bribri qui » jacasse aussi!... As-tu remarqué comme » il fait des yeux fixes en parlant? C'est un » genre pour se donner de l'expression. Ils » rient, ces messieurs... Àh ! les espiègles !••• » Dieu! que je voudrois savoir ce qui les » fait rire... Hum!... hum!... »

Et ma voisine se penche tout-à-fait sur moi, et avance son bras en faisant aller son mouchoir ; mais le mouchoir va sur la figure du petit-mattre , qui repousse le bras de la dame en s'écriant :

» Faites donc attention, madame... vous » m'éborgnez... Voilà une heure que vous » gênez tout le monde... Vous n'êtes pas ici » dans votre chambre.

„ — Tiens ! cette nouvelle ; si j'étais dans » ma chambre, je sais bien ce que je fe-

LS H&BI ET L AJLliJtT.

» rais... Est-ce qu'il n'est pas permis de par- » 1er à son époux?... — On ne se parle pas Il de la galerie au parterre... — Est-ce qu'il >i y a une ordonnance de la police qui le dé- » jfend? — Si vous voulez parler à votre I» mari, descendez auprès de lui. — J'ai payé » comme vous et peut-être mieux que vous..

» Je parlerai quand cela me fera plaisir...

» Vous faites le méchant, parce que. vous n parlez à des femmes; si Bribri était avec )» moi , vous fileriez doux comme un mérin nos! On connaît ça ! »

Le monsieur bouclé lève les épaules et se tourne d'un autre côté en murmurant a Comme ces théâtres-ci sont composés!..

» Je ne sais pas comment on peut y venir..

M S'il y avait eu de la place dans une loge » certainement je ne serais pas ici.... Mais >» tout est loué ! tout est retenu d'avance !..

« — On dit beaucoup de bien de la pièce n nouvelle , >» répond le mari de la dame au colimaçon, auquel s'était adressé le mirliflor.

« — Ah! beaucoup de bien !... Parbleu !

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Il Ces mélodrames , c'est toujours la même « chose... Un tyran, un niais et une orphe-

n line persécutée. J*en ai vu soixante !

» C'est toujours la même intrigue. — Mon- » sieur est donc habitué de ces théâtres?

» —Un habitué ! Non; mais j'y viens

» parce qu'il faut bien faire quelque chose.

» — La pièce qu'on va donner est en six » tableaux. ^-Incessamment, ils les feront » en trente-six... Ça sera comme unevérin table lanterne magique. Parais! dispa^ n rats! — Moi ^ j'aime beaucoup les pièces n en tableaux, c'est amusant; c'est un genre » plus varié. — C'est un genre qui ruinera » plus d'un directeur... Mais, comme vous 1» dites, c'est assez divertissant.... On voit >i un salon, puis une forêt, puis une ca- » verne... Des jours, des années se passent » dans un même acte. A la vérité, ça vous n embrouille un peu ; on ne sait plus trop n où l'on est , ni ce que cela signifie ; mais » c'est à la manière de Shakespeare, de n Schiller, on n'a pas besoin de comprendre.

n Mesdemoiselles , vous me poussez sana

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9 cesse.... C'est insupportable. Vous mettez » vos pieds dans mes jambes ; bientôt je ne » pourrai plus remuer les bras pour pren- » dre ma tabatière. »

C'est le grand monsieur sec qui s'adresse aux deux grisettes qui sont à sa droite , et dont i'atnée lui répond en lui riant au nez : «Nous, monsieur, nous ne remuons pas!...»

Puis les jeunes filles se retournent , recommencent à chuchotter en poussant des éclats de rire , regardent le jeune homme à Tair étonné, et à la bouche ouverte, qui est placé derrière elles , lui font des mines, lui tirent la langue , puis se montrent du doigt la capote en colimaçon.

On frappe les trois coups. Mes voisines se rasseyent; la petite pièce commence. Les deux oumères qui ont probablement une passion parmi les acteurs du théâtre et qui se sont placées au balcon , afin de voir leur objet de plus près, avancent la tête et se penchent sur l'avant-scène en disant : « Ah ! »» qu'il est beau là-dedans ! . . . Comme ce cos* n iume-là lui sied bien ! ... 11 a l'épingle que

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» je lui ai donnée avant-hier... Ah.! il nous » Yoit... Il nous regarde.. .. J'en suis folle , » ma petite...

» Mesdemoiselles, tous m'empêchez de » Yoir , dit le grand monsieur ; tous avez la » moitié du corps en dehors delà balus- » trade!... — Monsieur, nous ne verrions » pas sans cela... Vous êtes bien heureux M encore que nous n'ayon^ pas de cha- » peaux...

V — Silence donc ! dit madame Gérard, » est-ce qu'on parle comme ça quand la » toile est levée? — A la porte ! » crie-t-on du parterre. « Vbulez-vous vous taire, /î- » loux! » dit une voix du paradis.

Le calme se rétablit, la petite pièce s'achève, et, dès que le rideau est baissé , mes voisines se mettent de nouveau en mouvement et font des signes à leurs maris.

Le mirliflor sort , en laissant un gant à sa place j les deux grisettes sortent en marchant sur les banquettes^ le jeune homme placé près de la jolie dame sort aussi , j'espérais que mesdames Bribri et Gérard eu

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feraient autant, mais elles restent pour mon malheur.

Comme cette dame placée sur le devant se trouve pour linstant plus à sou aise , elle reg^de dans la salle et je puis apercevoir ses traits. Je ne m'étais pas trompé , elle est charmante!..* Plus on la regarde, plus sa figure platt... à moi, du moins. De beaux yeux , fçndus en amande et d'une expression si douce y quoique noirs... les cheveux châtains... un nez moyen, mais d'une forme gracieuse* Une bouche... ni grande ni petite.,, et des dents... impossible de les voir^ elle tie^t sa bouche fermée , mais elle doit avoir de belles dents , je le gegerais ; d'ailleurs il faut toujours juger joli ce qu'on ne voit pas ; il n'en coûte pas plus et cela contente; pour le teint je dois avouer qu'elle en a bien peu, elle est plutôt pâle, et son air est sérieux; mais j'aime beaucoup les femmes pâles, et une bouche sérieuse devientsi séduisante lorsqu'elle sourit l... Tandis qu'une bouche qui rit toujours, c'est constanmient la même chose !

^2 LA FEHVE,

Je crois que cette d&me s*est aperçue de mon attention à la regarder. Elle se tourne de manière que je ne pilisse plus la Tolr.

Diable ! c*est bien contrariant... Je n'ose lui parler... Elle n'a pas de ces airs qui per*mettent -d'entamer la conversation... Après tout ! A quoi bon causer avec cette dame ?• . • Quelle nécessité de chercher à faire sa con-naissance? Tenons -nous tranquille, œla.

vaudra beaucoup mieux. Ne me suis^je pas promis d'être sage ; de ne plus- courir les bals^ de ne plus fréquenter les grisettes; de dtner moins souvent chez le traiteur avec des amis qui aiment autant le Champagne que moi ; de ne plus monter à cheval , de ne plus jouer & Tècàrté? \

Il est cependant cruel de penser qu'on ne reverra peut-être plus une personne qui nous plaît , que l'on se sent disposé à aimer, vers laquelle il semble qu'une secrète sympathie nous entraine ; il est vrai que cette sympathie-là s'établit bien souvent entre mie belle femme et un joli garçon... Ne l'aije pas cent fois ressentie !... Je ne prétends

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pas dire par là que je sois beau , mais je suis esseisktiellement sensible.

« — ^^Ah! mille pardons, monsieur !•.. »

C'est l'élégante placée dans la loge derrière moi, qui avec sa main avait légèrement touché ma tête. Je lève les yeux et je m'incline. BUeest très bien aussi cette dame-là, beau^coup de personnes la trouveront peut-être plus jolie que la dame pâle et sérieuse; cependant je n'éprouve pas pour elle les mêmes désirs que pour la capote pensée, c'est peut-être parce que ceïle-ci ne me regarde jamais, tandis que je puis voir l'autre tout à mon aise ; les bommes sont si bizarres! ou plutôt la nature leur a donné un cœur si bizarre, car certainement ce n'est pas par notre volonté que nous sommes com^me cela , et que nous, aimons de préférence ce que nous ne pouvons pas avoir :

si nous nous, étions faits nous-mêmes, nous n'aurions probablement pas tous ces petits désagrémens-là.

« Ah!... Pif!-. Paf!.,- Y'ià qu'on se bat » au parterre... Âbj mon dieu, Marie,

24 LAfSXXE,

)• c'est sous le lustre^.. C'est auprès de bos )> hommes... pourvu qu'ils ne se fourrent 1» pas là-dedans. .. Ne t'en mêle pas, Bribri. . . » Ne t'en mêle pas, entends- tu!... Tu vas I» perdre ton bonnet de soie noire !... »

Ma Yoisine s'était couchée sur la balustrade et m'étoufifait pas le poids de son corps, je la repoussai doucement en lui disant :

» Calmez-vous, madame, vous voyez bien » que monsieur Bribri est fort tranquille et » que la dispute ne le regarde pas.

» — Ah! monsieur, c'est que je connais » mon mari , il ne faudrait qu'un mot pour » qu'il s'exposât... Il est petit, mais c'est » égal, il est rageur comme un griffon ! ... »

La dame à la capote pensée se retourne un peu , elle souriait légèrement , je souriais aussi , nos regards se rencontrèrent , et il me sembla qu'il s'établissait dès-lors une secrète intelligence entre nous; du moins je me plus à le croire parce que j'en avais le désir.

Mais les personnes qui étaient sorties reviennent prendre leur place. Les deux

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jeunes filles tiennent dans leurs mains des oranges et de la galette , elles se bourrent • de gâteaux et épluchent leurs oranges du côté de leur Toisin qui est au supplice et ne cesse de répéter : « Mesdemoiselles , tous » allez me tachefr.. Prenez garde , l'orange » emporte la couleur. ••

» — Une demi-heure d'entre-acte et ils » ne commencent pas encore ! > dit le petitmal tre en lorgnant dans les loges. « C'est » indécent !.. Nous faire attendre ainsi pour » une pièce qui ne vaudra peut-être rien.

» — Dis donc, Marie, ce beau petit ca^ » mus à favoris cirés , qui dit que la pièce » qu'on va donner est indécente... — Bath !

» on a dit à Gérard que c'était superbe...

» Le premier ouvrier de notre voisin le » lampiste a vu la répétition , il assure que » c'est magnifique.... Plus fort en crimes » que les Bourreaux, les Voleurs, les Man- » drins et tout ce que l'on a déjà vu. Il dit » que la fin est si terrible, qu'à la répétition » les pompiers ont pleuré et qu'il y a » deux machinistes qu'il a fallu emporter.

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» — Gombiea en meurt-il dans la pièce , » Marie? —Je crois qu'il n'y a que deux » morts, mais il y en a quatre ou cinq qui » sont blessés , et la princesse s'évanouit i » la fin de chaque tableau ; et puis des » décors locale et tout cela écrit dans une 1» prose superbe, du fuvltacine, ma petite. • . » C'est l'ouvrier lampiste qui l'a dit, et c^est n un gaillard. qui s'y connaît, il a fait des >» études pour être garçon tailleur, et il a Il joué le Blondel de Joconde chez monsieur » Doyen , dans la nouvelle petite salle , au » troisième. »

J'écoutais celte conversation , lorsque le monsieur au petit peigne , se penchant vers madame Bribri, à laquelle il faisait des yeux très tendres, dit, tout en passant sa main droite sur ses cheveux pour les retenir à leur place: «Il parait, mesdames, qu'e vous » êtes au courant des mystères de coulis- » ses»... Eh! ehl.... vous êtes initiées dans » les secrets interdits aux profanes... »

Les deux commères , qui probablement ne comprenaient pas ce que voulait dire ce

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