‹ La femme, le marie et l'amantChapitre 14 sur 18 · DANS L'ANDALOUSIE · texte numérisé non relu

DANS L'ANDALOUSIE

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GP FAUL'DE KOCIL

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Ah! qu'elles sont belles, qu'elles sont séduisantes, agaçantes, voptueust-s, les ft mmes de l'Ami; lousie! C'est là qu'il faut cire aimé our connaître toutes les jouissances de l'amour, pour savoir jusqu'à utl point une femme peut porter celte passion!... Là , tout se réunit jour nous enivrer : un cl- mal brûlant, un ciel pur, un air embaumé lu parfum des fleurs, des pintes aromatiques que la terre y produit tn abondance. Des nuits courtes el tiède», des refrains piquants et mélodieux; tout, jusqu'au costume dus habitants, qui est à la fois gracieux et pittoresque; oui, tout dispose notre âme aui plus tendres senti» ments. Ah! mon ami. figure-toi une jeune Andalowe... Je ne te parle pas de celles qui habitent le» villes; d'abord leur costume est presque toujours noir, ce qui est «oins gai , ensuite elles sont trop sou ...ses aux lois de l'étiquette po c se livrer, du moins devant le monde, à îeur aimable naturel ; je te veut faire connaître une tille des m tagnes, 'ine paysanne de l'Andalousie... Celles la ne sont point lourdes, gjuihts, empesées r mmt nos paysannes t'es enviions de Paris. Le sang brûlant qui cii aie dans leurs veines donne à leurs jeux noirs une expression que e ne puis te peindre; il y a tout à la fois de l'esprit, de l'amour, de la vivacité et de la langueur dans les regards qu'elles nou3 jettent. Tous leurs mouvements ont de la grâce; el elte résille qui entoure leurs cheveux, ce jupon court, bariolé de vues couleurs, qui laisse voir une jambe sé;'uisicjl<-, terminée par un pied mignon... Ce corset qui dessine part i'.. ntnt une taille bit n pri .-.., Eulin, mou cher, il n'y a pas moven el'y résister; el puisque lu veux faire un voyage d'agrément pour l'instruire et oublier une maîtresse \o!age, crois moi, rends-toi dans 1 Andalousie... Là tu trouveras de» ftmaies qui te feront bien vile perdre le souvenir de celle qui a trahi les serments qu'elle t'avait faits.

Ce discours était adressé à un de nos Parisiens, beau jeune honîi de vingl cinq à vingt-six ans, par un monsieur un peu [dus âgé, qui était p lit, t:r,.s et laid. C'était en se procien nt sur le boulevard dei italiens que ces m; , sieurs faisaient la conversation.

Le beau ieuue homme, qui avait écoulé son compagnon sans l'interrompre, s'écrit enfin :

— Quoi! vraiment, tu veux que j'aille faire la cour aux paysannes de l'Andalousie? — Je ne le dis pis que je le veuille; mais pui que tu Va» voj ger, pourquoi ni: it-tn p„s? — Et tu as fait des coi | dans et pays-la, toi, Germilly? — Oui, monami, uulle put je n'ai été aussi heuieu»!... Oh ! charœaatfa Auualonses! pourquoi ai je été forcé de vout quitter pose revenir en France 1.,. C'est étonnant comme ces femmes- là m'aimaient! — Il est certain que cela doit oie donner de l'espoir. Oui, Us Françaises sont trop coquilles, trop volages!... Me tromper... m'être infidèle!... je suis d'une colère!... — Je le conçois, toi qui as l'habitude de ne pas (Ire prévenu. — Décidément, je vais gnilter Pans... et pour longtemps. — Et tu iras dans l'Audalousiei1 —

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Quelques semaines après cette conversation, notre Parisien, qui se nommait Frédéric Démange, se promenait dans le» rue» de Cordoue, admirant le» hardi» édifices de celte ville, dont les Maures furent loi g temps possesseurs : ville curieuse, bizarre, magnifique et sale; patrie de» deux Sénèqne, de l.ucain, et de» meilleur» chevaux d Es pagne. Frédéric ne s'était pas rendu dans 1 Andalousie précisément à cause de la conversation qu'il avait eue à Pari» »ur le boulevard des Italien» avec le gro» et lairf fermilly; une affaire d'intérêt, qu'il pou vait terminer lui-même mieux que de» gen» de loi, l'avait engagé à se rendre à Cordoue; mais peut être aussi se serait-il dispensé de faire te rasve si les discours de son ami "Veussent piqué sa curiosité.

Frédéric, jeune, riche, aimable, aimait passionnément ics dames: Pics d'efli s n avait obtenuedenombn uxsoccès; il les ;r ait ironi| éi s... C'est presque indispensable, il faut Lieu en Irompcr bia icoiq p< ur tu aimer plusieurs. .Vais su dernière maîtresse se ait permis d èira iulidele avant lui, cl Frédéric, furieux qu'on lui Cl une luis Ce q iil ,v..n I .ii a. souvent, avait pris eu hamt us charmantes louipalnotes, et s'était dit :

— Je voyagerai, j'irai loin de Paris chercher uae femme qui sache véritablement aimer.

Ce monsieur était évidemment de mauvaise humeur lorsqu'il avait dit cela.

Frédéric eut bientôt terminé l'affaire qu'il avait 1 traiter à Cordoue. Il lui avait semblé qu'on n'y était pas plus fidèle qu'a P-ris; il s'ennuyait de faire la conversation autour d'un bras-tro, il résolut de voir le pays, et se rendit à Audujar. Tout in parcourant les du lieues qui séparent ces deux villes, il admirait les belles campagnes , les sites enchanteurs de l'Andalousie, pays riche , fertile, ou tout vient avec profusion , et nommé a juste titre l'écurie , la cave et le greuicr de l'Espagne.

Mais le jeune Parisien ne voulait pas se borner à admirer la végétation. Il trouvait fort . gré.ib'c de se promener dans des bois d'orangers et de citronniers, cependant il y cherchait qurlque chose qu'il n'avait pas encore rencontré ; c'était une femme plus jolie, plus séduisante, plus gracieuse que celles qu'il avait laissées à Pari*. Il avait vat souvent sur sa route de fort agréables figures, mais ce n'était point encore là ce que le gros Germilly lui avait annonce.

Après un court séjour à Andujar, Frédéric se résout à parcourir les environs, non pas en voiture, comme un voyageur nonchalant mais dans la seule compagnie d'un muletier, guide commode el que l'on quille à volonté quand on désire s'arrêter quelque pari.

C'éîait un grand et réjoui compère qui servait de guide a Frédéric; un jeune homme au* teint brun , aux yeux noirs et vifs, aux manières lestes ci hardies, un véritable muletier delà Fontaine; chantant la canzonetla, caressant sa mule, la Battent, lui adressant les noms les plus doux, puis humant avec délices un petit cigare que luimême venait défaire en roulaut entre ses doigta des feui lis de tabac dans de petites bandelettes de papier. Les mules, dont la u'te était surmontée d'un beau plumet, scmMalenl nuttre de l'orgutili balancer leur coiffure, et un nombre infini de petite» sonnettes attachées au coa de l'animal se mettaient alors en mouvement et faisaient un accompagnement aux chants du muletier.

Un suivait les bords du Guadàlquivir , laissant les mules hâter ralentir leur marche , suivant leur caprice. Frédéric admirait les délicieux qui s'offraient! si vue: ce do"X climat lui s.'-- '"' il f if des amanls, il soupirait, et ses regards suivaient toutes les village 3 qui passait ni près de lui. Celles-ci regardaient avec complaisance le jenne français, dont la tournure élégante et la Agora distinguée pott* vaienl sans désavantage sub.r L'examen des andaluoses. Fiédéric se disait: — Oui, ces paysanne! sont fort bien; mais je vou drai une beauté un peu uiuius rustique,., Ce n'eét pas eutore là ca'quc Germilly m'a vante!

Tout à coup Pédrillo (c'est ainsi qu'on nomme le muletier) arrête sa mule et se tourne vers Frédéric, en lui disant : — A propos, ténor, vous désirez connaître l'Andalousie, mats vous ne m'avet pas dit par qui I côté du pays vous vonlirz commencer. — Peu m'importe, du Frédeiic; allons oû vous voudrez... Cepeudanl, dirigeons nuni tic prelé» rence où les femmes sont plus jolies, plus tendres plus atuouieuse.

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