‹ La femme, le marie et l'amantChapitre 17 sur 18 · ON PARISIEN DANS L'ANDALOOSIE · texte numérisé non relu

ON PARISIEN DANS L'ANDALOOSIE

remonte sur sa mule, sourit au Français, aalue Maruuitta et continue ion chemin.

Le reste de la journée, les deux amants se répètent les plus doux serments. Le soir venu, Frédéric va se promener avec Marquitta; il tonduit sa belle maîtresse sous les ombrages les plus épais; il brûle des «lus tendres feux, Marquitta les partage, et cette fois Ornégro ne rient pas 1rs interrompre mal à propos.

Plusieurs semaines s'écoulent : l'amour habite toujours dans la demeure de Marquitta ; Frédéric est adoré de la belle Andalouse, dont la passion semble s'accroître encore chaque jour. Elle ne peut plus itre un instant loin de son amant, ses yeux ne veulent point le perdre le vue; sans cesse ses bras l'enlacent, ses mains pressenties siennes, tt sa bouche lui prodigue les noms les plus doux.

Tous les domestiques de la belle Andalouse se font une loi d'obéir iveuglémeut à ses moindres volontés, et comme la volonté de Marquitta ist que son amant soit respecté et servi comme elle-même, tous les jensde sa maison s'empressent aux moindres désirs du jeune Français. Ornégro se soumet comme les autres, et sert sans murmurer de valet à Frédéric, quoique ses yeux semblent plus sombres et sa figure plus sinistre toutes les fois qu'il aperçoit l'heureux amant de Marquitta.

Mais où la constance fixe-t-elle son domicile?... Ce n'est certes pas «Uns le cœur d'un jeune Français. Frédéric, qui a obtenu tout ce qu'il désirait, qui a inspiré la passion la plus violente à une femme qui jusqu'alors avait bravé l'amour, Frédéric sent déjà le sien diminuer; il est toujours tendre, aimable, mais les journées commencent à lui paraître longues. Marquitta est bien séduisante 1 mais il la voit sans cesse... il né voit qu'elle , car on ne peut faire attention aux autres paysannes iu hameau; enfin ce pays délicieux, ce pays qui lui a semblé i'Eden, la terre promise, il l'habite maintenant avec indifférence, et tout bas même il soupire en se rappelant Paris !... cette cité perverse qui renferme tant de femmes perfides !... mais où l'on s'amuse si bien.

Marquitta a surpris plusieurs fois Frédéric rêveur, elle l'a vu distrait même auprès d'elle; aussitôt les yeux noirs de la brûlante Andalouse se sont arrêtés avec anxiété sur ceux de son amant, et elle lui a dit :

— Qui t'occupe... t'inquiète?... N'es-tu plus heureux près de moi? Soutenu m «te ma tendresse?... Ahl... parle!... ordonne... il n'est rien an monde que je ne fasse pour te prouver combien je t'aime.

Mais Frédéric ne pouvait pas douter de l'amour de Marquitta, et c'était peut-être pour cela qu'il s'ennuyait. Ingrats que nous somme '••• on bonheur trop positif nous fatigue ; il nous faut des inquiétudes *Jt amour, comme de la certitude en amitié.

Frédéric allait asset souvent se promener ou prendre le frais sur la route qui était devant la maison. Alors ses yeux erraient à droite, à çauche... il regardait si par hasard Pédrillo ne passerait pas, car c'eût été un motif pour faire un petit voyage, mais le muletier ne paraissait plus, et le jeune Français secouait la tête en murmurant : — Il a pris

Ktrop à la lettre ce que je lui ai dit... il aurait dû deviner puortant que je ne passerais pas toute ma vie ici.

\. Enfin, un matin, en abordant sa belle maîtresse, Frédéric, dont ** — i embarras est visible, mais qui veut faire cependant ce qu'il a projeté, dit à Marquitta en regardant la campagne :

— Ma chère amie... il faut pourtant que je... termine mes affaires. L'Andalouse regarde Frédéric, son oeil de feu s'attache sur son amant,

«n répondant :

— Comment I... quelles affaires voulez- vous terminer ? — Celles que l'avais en cr pays. — Vou3 m'aviez dit qu'elles étaient finies. — Oui... ici, en Espagne... mais en France... à Paris, j'ai beaucoup de personnes à voir... — Ne pouvez vous leur écrire ? — Oh ! ce n'est pas la

ême chose... il faut absolument que j'aille moi-même à Paris .. Mais ssure-toi, M rquilta, je reviendrai. Oh1 je me hâterai pour revenir en vite auprès île toi que j'aime tant! ~j Marquitta a pâli; elle prend la main de son amant, et s'écrie:

— Frédéric, vous rue trompez !... — Ah! Marquitta , quelle idée 1

— Vous ne m'aimez plus...— Je t'adore toujours. — Et von* voulez mequitir! — l'our pou do temps. Vous m'aviez juré de ne me ijuit i r i imais... o-i i e ainsi que uns t< a z \.>- pp me.- ? — Mais...

— Je vous avais pn vi no. que l'amour u e ail po i I U' ur ' oi une ;i '• h i " ■ q en .i .■■ ■ do m u re| os il n e f 11 U un

I qui be bail ii que [ our moi. Ah! Fiéd no, ma riez v n m ■■ '

— Non, je t'aime toujours... tunis j ai uilaire eu Piauie..; — J'irai avec tui.

Cela ne tais it pas le compte du jeuni Français; il ne s'attendait pas à cette réponse, il se trouble et dit en£ii .

— Je ne veux pas que tu quittes Ion ln/.u pays... ta présence est nécessairo ici... H ailleurs... seul, je voyagerai plus vite... je serai plus libre... t-l plus tôt de retour.

Marqu tta n'a pas cessé de regirder Frédéric; un sourire amer effleure ses lèvres, elle s'érie;

S— l'ai lez donc sans moi. . Jevoi?qneje tenterais eu »ain ne vous retenir.. Quand comptez voua me iuiti r"? l'es ir lorsque le soleil ue brùh ra plus la campagne, je mu rem r. i à la vi ■ ■ . i e

n'est qu'à uin l eue m a i In Là, je pn m i cl ai ■ ux .

voihi. . i .'i ■ Quaud'i " ion, telle pé-

nible qu'elle suit., il faut luujoura se LàleC de ir.... — U

suffit... je vais alors donner des ordres pour tout ce qui vous sera cessaire.

Marquitta s'est éloignée. Frédéric craignait des pleurs, des cris, de longues supplications pour le retenir; il ne croyait pas que sa maîtresse prendrait aussi vite son parti. Il se félicite d'en être quitte pour quelques mots de reproche. Cependant il a bien vu que la belle Andalouse retenait par fierté ses larmes prêtes à couler, et il a presque des remords de la quitter.

Le soleil est couché, tout est prêt pour le départ du jeune Français. Avant de s'éloigner de cette demeure hospitalière où il fut si joyeux d'être accueilli, Frédéric va encore s'asseoir avec Marquitta sous l'ombrage épais où elle le rendit heureux. Là , Marquitta ne pouvant plus contenir ia peine, entoure son amant de ses bras, le presse sui son cœur, fixe ses yeux sur les siens, et lui dit d'une voix déchirante :

— Ne me quittez pas... cela vous porterait malheur peut-être... Frédéric hésite... balance... et répond enfin :

— Il faut que j'aille en France.

En ce moment un léger bruit agite le feuillage. Le Français se tourne et ne voit personne. Mais Marquitta s'est levée. Elle' a essu les pleurs qui coulaient de ses yeux, et elle dit d'un ton résolu :

— Partez donc, je ne vous arrête plus. ',-

La belle Andalouse s'éloigne vivement après avoir dit ces mots. Frédéric , quoique surpris d'un si brusque adieu , pense qu'il est plus sage de ne point prolonger cet entretien. Une servante est dans la cour avec sa valise, une mile est sellée, le jeune homme doit la laisseï à la yille voisine , où Ornégro ira la prendre. Frédéric pensait que le silencieux valet lui aurait servi de guide, niais on lui a dit qu'il étaii absent.

Frédéric se met en route , laissant sa monture aller an pas. Il doit , pour se rendre a Andujar, traverser le bois par lequel il est venu avec Pédrillo ; à peine a-t-il fait trois cents pas sous l'ombrage des arbres qu'un coup de carabine retentit a son oreille. Il se sent atteint à la tête , il chancelle i tombe , et sa mule se met a brouter l'herbe près de lui.

Frédéric ne perd point connaissance, mais il sent qu'il aurait besoin du secours de quelqu'un pour sortir du bois. Heureusement des paysans ne tardent point à passer. Ils reconnaissent le jeune voyageur pour l'avoir vu chez Marquitta, et se bâtent de lui offrir leurs services. Ils le reportent chez la belle Andalouse, qui, k l'aspect de son amant blessé, semble oublier qu'il l'abandonnait, et se hâte de lui prodiguer les soins les plus tendres.

La blessure de Frédéric n'est point grave , mais plusieurs chevrotines lui ayant traversé la joue, il est i craindre qu'il ne porte toute sa vie la marque de cette blessure. Le jeune homme se fait apporter un miroir, il soupire douloureusement en disant :

— J'aurai une couture au visage 1... je serai défiguré. — Moi , je t trouverai toujours le plus beau 1 je t'aimerai encore plus, si c'est pog ' sible ? s'écrie Marquitta en pressant la main de son amant ; mais cette marque d'attachement ne console pas du tout le jeune homme, qui se désespère d'être balafré. I

Au bout de quinze jours , Frédéric est guéri : il en est quitte pouf une couture au visage. Marquitta lui jure qu'il est toujours fort joli garçon; elle a repris sa gaieté, ses couleurs ont reparu, elle croit qut son amant ne songe plus a son départ ; mais un matin Frédéric annonce encore qu'il va s'éloigner.

Le front de l'Andalouse devient sévère et soucieux : — Encore me quitter! Hit-elle , vous voyez bien, Frédéric, que cela ne vous porte pas b uiheur !...

Le jeune ho i me rit dos craintes d> Mtrquitla : il attribue à la maladresse d'un chasseur l'ëvenenv ni qui lui est arri é da is I dois ; eten effet, pendant qu'il élaii étendu sur l'herbe, on n'a i a- n ênia essayer dele voler. Il fan ses préparatifs de voyage en disant ga e i eut :

— Cela ne m'empêi liera pas «le passer demain par le môme chemin. Marquitta retient ses larmes, elle n'essaie plus par ses prières de

changer la résolution de Frédéric, el •■ voit que ce serait mutile; tl le lendemain, vois la fin du jour, le j lis se lemet en route.

moulé ég l-mo.pl sur une mu e. Il ,. Iiui- s ns que I

souvenir de sa dernière ateiiutre lui cause aucune cr te,

il ta te sa joue i n -oupirant , ei se dit: — Maladroit ! — m'. .voir pr*-t

pour hevreuil... pou un lièvre pont être... mais ces cboâi

n'arrivent pas deux fois '....

Cependant a peine e.ii.é dans le uoîs , Frédéric entend encore le bruit d une arme a feu, el une h. île vient lui fracasser le genou avant qu'il ait eu le temps de se retourner du ôlé où part-il le co ip.

F édéric ne ion, lie : as do àeécui sa mnnfure, ntalsré d'horriblei

M irquilla.

I.,i il est d' nouveau \t> i ! ' «■ slarqiiittu fait ce qu'elle

pool poui .i 1 :-■ i i e de l \ Uage de

niant, et uelui ci ?e dit ; — Je : uis bleu heuieux duus mon malheur d'être limé aussi tt nd < u» ut

Cette fois la blessure de Frédéric est grave, elle le retient su semaines couché, et quand il se levé, il s'aperçoit que son .;tuonne peu' . plus s« y'oyer... " w* wwH/p.w yi/ur U via.

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