Roussilhe, n. Aï
SECTION III
La femme mariée dans les corporations
De par son sexe, la femme n’était pas exclue des corporations. Dès la plus ancienne codification des statuts industriels, dans le livre des Métiérs, on trouve la preuve que, dès le temps de saint Louis, les métiers dont les matières premières sont: la soie et le fil d’or sont exclusivement réservés aux femmes (1). De nombreuses étaient mixtes, en 1292 1l existait 80 métiers comprenant des hommes et des femmes, dont certains étaient libres et certains organisés tels que les brodeurs et broderesses (statut de 1292), plus tard les tissetiers et tissetières (statut de 1475) et enfin celui des lingers et lingères qui devint ensuite unique-
ment féminin (2).
En principe, peu importait que la femme fût ou non
1. Il existe cinq corporations dont le personnel est uniquement féminin : fileresses à grand et à petit fuseau, tisserandes de soie, tisserandes de couvre-chefs de soie, faiseuses de chapeaux d’or. Leur organisation intérieure est calquée sure elle des métiers virils : maîtresses, ouvrières, apprentiès avec à léur tête des prude femmes: