‹ La femme pendant la période menstruelleChapitre 2 sur 46 · INTRODUCTION III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION III

dération, dit Gorres, pour être soupçonné de favoriser les sorciers.

Grey, dans son édition à'Hudibras, raconte avoir eu en sa possession une liste de 3,000 personnes accusées du crime de sorcellerie et qui périrent toutes sur le bûcher pendant le Long Parlement.

En 1610, le duc de Wurtemberg ordonna aux magistrats de dresser un bûcher le mardi de chaque semaine et d'y brûler chaque fois de 20 à 25 sorcières, mais jamais moins de 15.

Sous le règne de Jean YI, électeur de Trêves, la fureur du peuple et des juges fut si extrême que, dans deux villages, il ne resta que deux femmes l.

En voilà assez, n'est-ce pas, de cette triste nécrologie, et, pleins d'horreur pour ces temps de deuil où les hommes étaient moissonnés par la guerre alors que les femmes étaient dévorées par la flamme des bûchers, nous les condamnons sans appel. Ceux que nos pères pendirent ou brûlèrent, nous, nous les exaltons et nous allons même jusqu'à élever des statues aux plus nobles victimes de leur superstition. Est-ce à dire pour cela que notre justice soit parfaite ? Le jugement que nous portons avec tant de rigueur sur nos devanciers, ne sera-t-il pas un

1 Tous ces chiffres ont été empruntés aux ouvrages suivants : Delà fjolie considérée sous le point de vue pathologique, philosophique, historique et judiciaire, de, par Calmeil. Paris, 1815. La mystique divine, naturelle et diabolique, par Gorres, traduit de l'allemand, par Sajnte- Foix. Paris, ISôi.

IV PSYCHOSES MENSTRUELLES

our retourné contre nous? Nos arrière-neveux, à leur tour, ne s'indigneront-ils pas de notre justice et n'auront-ils pas pour elle le mépris que nous avons pour celle de nos pères ? Combien d'actes qualifiés de crimes et condamnés par nous comme tels, qu'ils appelleront maladies, qu'ils soigneront et guériront peut-être !

La statistique nous montre que la gradation et la fréquence du crime suivent exactement celles de la folie : le mois où il y aie plus de criminels, est aussi celui où l'on compte le plus grand nombre de cas d'aliénation mentale. La coïncidence de ces deux faits semblerait prouver que la folie n'est pas étrangère au crime et qu'elle en est très probablement un facteur des plus importants. Cettecroyance n'est pas encore assez acceptée par les tribunaux, et, trop souvent, en face d'un crime, les juges négligent de rechercher la participation de la folie ou refusent de la reconnaître alors même qu'elle leur e*st signalée par le médecin expert. On va en juger par les chiffres suivants empruntés à l'excellent ouvrage de M. Gullerre1.

En 1866, un surveillant en chef déclarait qu'il y avait dans la prison à laquelle il était attaché, au moins 12 détenus, chez lesquels la folie était présumable. Gutsch. médecin des prisons de Bade, établit qu'il a constaté chez plusieurs détenus un trouble évident des facultés

1 Cullerre. Les frontières de la folie. Paris, 1888.

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