‹ La femme pendant la période menstruelleChapitre 3 sur 46 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

devant faire admettre qu'au moment de leurs crimes, ils étaient déjà atteints d'aliénation.

Dans l'enquête de la commission anglaise instituée en 1865 par le Parlement pour étudier la question de la peine de mort, lord Sidney Godolphin, examinateur de l'asile de Denham, reconnut que la peine de mort avait été appliquée à des aliénés.

Le jurisconsulte Fitzroy Kelly déclara, en 1864, que pendant les soixante-quatre dernières années on avait commis 60 meurtres légaux en exécutant autant d'aliénés.

Une brochure du Dr Madden nous apprend qu'en quelques années 11 aliénés furent condamnés à mort : 8 furent exécutés, les 3 autres graciés furent renfermés.

Vingtrinier rapporte 82 condamnations d'aliénés, prononcées sans qu'aucun médecin n'ait été consulté ou même contre opinion de celui-ci nettement exprimée.

De l'aveu de Krafft-Ebing, savant aliéniste allemand dont les travaux font autorité en médecine légale, le bagne est rempli de fous moraux, victimes d'erreurs judiciaires, et Verga prétend que si la folie morale est si commune dans les asiles de riches et si rare dans les asiles de pauvres, c'est que les premiers doivent à des magistrats plus éclairés et à des avocats plus habiles l'avantage d'être soustraits à des condamnations auxquelles ne peuvent échapper les autres. Il ne saurait pourtant y avoir deux justices, celle du riche et celle du pauvre : la vraie justice est une comme Celui de qui elle émane, tous

VI PSYCHOSES MENSTRUELLES

les hommes sont égaux devant elle, et tous, sans aucune distinction de rang et de fortune, y ont également droit.

Pourquoi la magistrature, trop jalouse de ses prérogatives ou trop confiante en elle-même, a-t-elle une tendance à considérer comme un empiétement toute intervention de la science? Pourquoi refuse-t-elle encore d'admettre que tous les criminels ne sont pas justiciables du code et des tribunaux? Le président Troplong, ne pouvant pardonner aux aliénistes et aux médecins légistes de vouloir éclairer la justice, a essayé de tourner en ridicule leurs nobles et laborieux efforts ; et, pour cela, il n'a rien trouvé de mieux que de les comparer aux prétentieux et grotesques médecins des scènes de Molière; puis, avec toute la gravité qui convient à un magistrat, il conclut: « Je pense que la médecine légale n'a ajouté aucun progrès sérieux aux doctrines reçues dans la jurisprudence et quelle ne doit en rien les modifier. » Et que penser de ce criminaliste, pourtant célèbre, qui, en plein dix-neuvième siècle et dans le sanctuaire même de la justice, n'a pas craint de s'écrier : « Si la monomanie homicide existe, il faut la guérir en place de Grève », nous transportant ainsi à cette époque reculée où les juges condamnaient impitoyablement au bûcher et croyaient excuser leur cruauté en disant : « Si la magie est un talent, il faut la soumettre à l'épreuve du feu » ? Est-ce bien de nos jours qu'un jurisconsulte a osé dire : « Si on ne peut condamner le monomane comme criminel;

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