GOITRE EXOPHTHALMIQUE ET MENSTRUATION
Les troubles psychiques et nerveux, à des degrés divers, sont à peu près constants dans la maladie de Graves; quel-
1 Voir Osterloh. Quelques détails statistiques sur la menstruation, in Berlin. Ktin Wochens, 1879, n° 21, p. 310.
quefois môme ils dominent la scène, alors que les symptômes organiques font défaut ou sont à peine indiqués. Ils varient à l'infini, depuis la simple bizarrerie de caractère jusqu'à l'aliénation mentale1. Les malades deviennent fantasques, irascibles, ingrats, égoïstes, sujets à de violentes antipathies contre les personnes de leur entourage et plus particulièrement contre celles qui étaient l'objet de leur affection ; la vie avec eux devient très difficile. « Leur exigence, dit Trousseau, ne peut trouver d'excuse que dans la maladie, » et il cite2 l'observation d'une jeune fille qui, ordinairement d'un caractère très doux, devint alors emportée, irrespectueuse et presque violente. « A ces inégalités de caractère, ajoute le professeur Bail3, peut succéder une véritable psychose. »
Or, la maladie de Graves est baaucoup plus fréquente chez la femme que chez l'homme : sur 50 cas rapportés par Withuisen, 8 seulement se rapportent à l'homme. M. Bail attire l'attention sur ce fait que presque tous les cas de goitre exophthalmique dans lesquels la folie a été observée, se rapportent au sexe féminin.
M. le professeur Charcot, dans la première observation de maladie de Basselow qui ait été publiée en France, faisait remarquer à la Société de Biologie (1856) que cette maladie se rencontre souvent « chez les femmes mal réglées et de vingt à trente ans », c'est-à-dire pendant la période la plus active de la vie sexuelle.
Trousseau, qui a signalé l'hypertrophie des mamelles dans le goitre exophthalmique, insiste à plusieurs reprises dans ses cliniques sur les troubles de la menstruation, et leur attribue une influence étiologique prépondérante. « L'exophthalmie, dit-il (t. II, p. 552), se prononce surtout sous l'in-
1 Voir Obs. in ïissier : Du goût exophthalmique. Paris, 1863.
* Trousseau. Loe. cit., t. II, p. 558.
3 Bail. Leçons sur les folies névropalhiques, Paris, 1884, p. 538.